GOURVENNEC René, Prosper

Par Gilles Pichavant

Né le 11 novembre 1913 à Brest (Finistère), fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier à l’Arsenal à Brest ; membre du groupe Élie.

René Gourvennec
René Gourvennec
Crédit : Gildas PRIOL

Fils de Louis Marie Gourvennec, ajusteur, et de Marie Angèle Dohollou, sans profession, René Gourvennec se maria le 10 octobre 1936 à Brest avec Adèle Yvonne Jaouen, dite Yvonne. Le couple eut un enfant, René Eugène, né le 25 juillet 1941 à Brest. Au début de la guerre, la famille habitait 16 rue Ernest-Renan à Brest et lui 22 rue d’Aboville. Armurier à l’artillerie navale de l’Arsenal de Brest, René Gourvennec était membre de la défense passive.
Cet ancien de Maistrance, second maître dans la Royale et vétéran de la guerre de 1939-1940, appartenait au groupe de résistance formé dès novembre 1940 par Louis Élie, entrepreneur de transports. En février 1941, ce groupe fut rattaché au réseau CND Castille (Confrérie Notre-Dame) des FFC (Forces françaises combattantes), puis à Défense de la France. La plupart de ses membres faisaient partie du patronage catholique Saint-Martin. La mission du groupe Élie consistait notamment à récupérer des armes dans des cafés fréquentés par les Allemands.
Les premières consignes furent de recruter d’autres patriotes. Dès la mi-septembre 1940, le groupe Élie était une organisation de résistance parfaitement structurée, avec cadres politiques et militaires, agents de liaison, PC, boîtes aux lettres et service de renseignements. Il organisa le vol d’armes aux Allemands, procéda à la récupération d’explosifs et de grenades dans les locaux de la pyrotechnie de Saint-Nicolas au Relecq-Kerhuon. Des coups de main furent organisés contre les patrouilles allemandes. Il attaqua la prison de Pontaniou et libéra 8 prisonniers dans la nuit du 18 au 19 mars 1941. Dans la soirée du 4 avril 1941 il fit sauter l’hôtel Continental de Brest où se tenait un banquet en l’honneur des officiers des croiseurs Scharnhorst et Gneisenau arrivés à Brest le 22 mars 1941.
C’est lors d’une de ces opérations de récupération d’armes, le 28 avril 1941, que se joua le destin du groupe, lors d’une bagarre dans un café de la rue Blanc avec plusieurs soldats allemands. Si tous parvinrent à s’échapper, la Gestapo, par l’arrestation d’un suspect, mit ensuite la main sur une liste de noms dont plusieurs des membres du groupe Élie, qui furent arrêtés les uns après les autres.
René Gourvennec, devenu agent P2, fut arrêté par la Gestapo, le 18 mai 1941, chez ses parents, 19 venelle Édouard-Corbière à Brest, à la suite d’une dénonciation. Commencée le 13 mai 1941, jusqu’à la fin juin, la vague d’arrestations démantela le réseau. René Gourvennec fut interné à la prison du Bouguen avec les autres membres du groupe, puis, après un bombardement anglais qui détruisit une partie de la prison début juillet, bombardement au cours duquel ses parents furent tués, il fut transféré à la prison de Fresnes avec la majorité des membres du groupe. Il y fut interné jusqu’à son exécution, le 10 décembre 1941.
Le procès du groupe Élie débuta le 8 novembre 1941, à Paris, dans les locaux de l’hôtel Continental rue de Castiglione. La sentence tomba le 24 novembre : onze résistants furent condamnés à mort, vingt furent condamnés à des peines de réclusion variant de 5 à 15 ans ; parmi eux 5 moururent en déportation, et un fut porté disparu.
René Gourvennec fit partie des condamnés à mort, pour détention d’armes, de munitions et d’explosifs, pour violence préméditée (actes de franc-tireur) contre des membres de l’armée allemande, agissements en faveur de l’ennemi et menées gaullistes, et pour espionnage. Il a été fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien.
Un service religieux célébré en mémoire du groupe Élie à Saint-Martin le 8 janvier 1942 réunit plusieurs centaines de personnes.
René Gourvennec a été reconnu « Mort pour la France », fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume par décret du 9 août 1953 (JO du 25 août 1953), homologué sous-lieutenant à titre posthume ; il a reçu la Croix de guerre avec étoile d’argent, à titre posthume par ordre no 394 ainsi que la Médaille de la Résistance en 1953.
(Voir aussi : Georges Bernard, Louis Élie, Roger Groizeleau, Albert Muller, Roger Ogor, Joseph Prigent, François Quéméner, Louis Stephan, Joseph Thoraval.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157065, notice GOURVENNEC René, Prosper par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 3 mars 2014, dernière modification le 16 février 2020.

Par Gilles Pichavant

René Gourvennec
René Gourvennec
Crédit : Gildas PRIOL

SOURCES : Arch. FNDIRP de Brest. – DAVCC, Caen, B VIII 4 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Finistère, 200 W 84 (exécutions). – Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand, Le Finistère dans la Guerre (1939-1945), t. 1 : L’Occupation, p. 247-250. – Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, master 1, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. – État civil, Brest.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément