MILLET Jacques

Par Bertrand Gogendeau

Né le 10 octobre 1923 à Tours (Indre-et-Loire), fusillé le 29 novembre 1943 à Angers (Maine-et-Loire) ; secrétaire-comptable à la Direction du ravitaillement général de la Sarthe ; résistant, membre du réseau Agir.

Jacques Millet était le fils Joseph, retraité SNCF, et d’Anne-Marie Morillon. Ensemble, ils habitaient, depuis août 1941, au no 93 de la Grande rue au Mans (Sarthe). Auparavant, ils résidaient à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) avant d’arriver à Montabon (Sarthe) en 1940.
Jacques Millet s’engagea dans la Résistance en intégrant le groupe de Jack Monssion. Il fut un agent de renseignement actif. Du fait de sa situation professionnelle, il put fournir à son chef des renseignements sur les prélèvements effectués par l’administration allemande sur les biens produits par la France et envoyés en Allemagne. Dans une attestation rédigée après guerre, Colette Jeancler, agent de liaison du service de renseignements du réseau Agir (liaison en Suisse du 1er juin 1941 à la Libération du territoire français) confirma et certifia que : « [...] Millet Jacques, [...] employé à la sous-intendance au Mans fournissait des renseignements sur les prélèvements faits par les Allemands et qui partent pour l’Allemagne – puis des renseignements sur le mouvement du matériel de guerre, de plans divers sur le stationnement des troupes. En effet, il allait fréquemment en Normandie – Cherbourg, Le Havre, Rennes – et a pris des photos de la gare de Lisieux ; travail remarquable. [...] ».
Son travail d’agent de renseignement l’amenait à se rendre fréquemment en Normandie, à Cherbourg, Le Havre, Rouen. Malgré les interdictions, il prit des photographies de la gare de Lisieux (Calvados). Grâce à son agent français, Marcel Juino, la Sipo-SD réussit à infiltrer le groupe. Ainsi, elle procéda à son arrestation dans son bureau au Mans, le 24 août 1943. De leur côté, les Renseignements généraux du Mans mentionnaient que Jacques Millet « n’appartient à aucun parti ou groupement politique et que son attitude au point de vue national paraît correcte » et qu’il « fréquente assidûment un camarade nommé Monssion Jack ».
Il fut incarcéré à la prison du Pré-Pigeon à Angers. Après avoir été condamné à mort, le 22 novembre 1943, pour espionnage, par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 595 siégeant à Angers, et que son recours en grâce a été rejeté, il a été fusillé derrière le stand de tir militaire de Belle-Beille à Angers, le 29 novembre 1943, à 8 h 50, avec Gustave Colliez et Raymond Duval*.
Ce même jour, à 9 h 30, il fut inhumé dans le cimetière de l’Est à Angers (Carré 15, rang 8, fosse 1).
Après la guerre, à titre posthume, il fut homologué au grade d’adjudant dans la Résistance.



Angers, champ de tir de Belle-Beille (Maine-et-Loire) 1944 –1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157122, notice MILLET Jacques par Bertrand Gogendeau, version mise en ligne le 26 février 2014, dernière modification le 25 avril 2022.

Par Bertrand Gogendeau

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Maine-et-Loire : 181 J 50, 197 J 4, 75 W 3, 140 W 71, 303 W 291, 303 W 293. – Arch. mun., Angers : 4H103, 1282W54. – Acte de décès. – Registre des inhumations du cimetière de l’Est à Angers. – Arch. M. Bouin (neveu de Jack Monssion).

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