PEIGNAUD Joseph

Par Bertrand Gogendeau

Né le 13 avril 1874 à Guéret (Creuse), fusillé le 2 mars 1942 à Angers (Maine-et-Loire) ; sans profession, ancien représentant en vins ; résistant, membre des Flèches noires en Mayenne.

Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, médaillé militaire, domicilié à Mayenne, Joseph Peignaud est tantôt présenté comme sans profession tantôt comme représentant en vins.
En 1942, Joseph Peignaud était domicilié chez son frère Adrien au no 26 de la rue Paul Lintier à Mayenne (Mayenne). Auparavant, il résidait à Bordeaux (Gironde). Il était veuf de Marie Dutertre et père d’une fille âgée de trente-deux ans. Selon d’autres sources, il aurait été marié et père de trois enfants.
L’ancien combattant de la Grande Guerre qu’il était refusa de voir son pays occupé par les Allemands et s’engagea dans la Résistance. Il fut recruté par le groupe Les Flèches noires dirigé à Mayenne par François Chemin. Il tint le rôle d’agent de liaison. Mais, suite à une dénonciation, l’organisation fut démantelée.
Il fut arrêté à son domicile, le 20 novembre 1941, par la Feldgendarmerie de Laval pour « intelligence avec l’ennemi et activité gaulliste » comme François Chemin, Marie Chemin, Auguste Chemin, Gilberte Peignaud (sa fille), Charles Sindic, Paul Derouet, Raymond Guéret, et René Dedienne. Comme les autres, il fut incarcéré à la prison de la Cacaudière à Laval (Mayenne).
Le 6 février 1942, il fut condamné à deux ans de travaux forcés pour « manifestation anti-allemande », par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandatur du Mans siégeant à Laval. Le 23 février suivant, il fut transféré avec Chemin et Sindic*, par la Feldgendarmerie, à la prison du Pré-Pigeon à Angers. Il lui fut attribué le matricule no 479.
Le premier jugement considéré comme trop clément, semble-t-il, par les autorités allemandes, il comparut une seconde fois devant le même tribunal militaire allemand (ou bien celui d’Angers) le 27 février 1942, avec François Chemin et Charles Sindic. Tous les trois furent, cette fois-ci, condamnés à mort.
Le 2 mars 1942 à 15 heures, son recours en grâce ayant été rejeté par les autorités allemandes du Gross Paris, Joseph Peignaud a été fusillé dans la clairière de Belle-Beille à Angers avec ses deux compagnons. Vers 16 heures, il fut inhumé dans le cimetière de l’Est à Angers (carré no 5, rang no 6, fosse no 22).
Le 5 mars 1942, à 9 heures, le cercueil contenant sa dépouille fut déterré pour identification car les Allemands n’avaient ni prévenu de l’exécution, ni donné l’identité de la victime. Le médecin légiste présent à l’opération funéraire releva sur son corps la présence de blessures par balles, prouvant une fusillade par un peloton d’exécution.
Le 2 février 1950, son cercueil fut exhumé. Depuis, il repose dans le cimetière de Mayenne.
Joseph Peignaud, déjà décoré de la Croix de guerre 1914-1918, reçut à titre posthume celle de 1939-1945, ainsi que la Médaille militaire.
Son nom est gravé sur une plaque, inaugurée le 8 mai 1949, apposée sur l’ancien domicile de François Chemin (aujourd’hui, 92 rue Paul Lintier à Mayenne), rendant hommage aux résistants du groupe Les Flèches noires fusillés en mars 1942.
Tous les troisièmes dimanches du mois d’octobre, une cérémonie a lieu devant le monument des fusillés de Belle-Beille au cours de laquelle son nom est cité.
Sa fille, Gilberte, née le 30 novembre 1908, arrêtée en même temps que lui, fut condamnée à mort puis déportée le 23 mars 1943 vers diverses prisons d’Allemagne. Classée « NN » (Nacht und Nebel), elle fut libérée d’Aichach le 29 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157128, notice PEIGNAUD Joseph par Bertrand Gogendeau, version mise en ligne le 26 février 2014, dernière modification le 21 novembre 2021.

Par Bertrand Gogendeau

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier et 27 P 8 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Maine-et-Loire, 303W291, 303W294. – Arch. mun. Angers, 4H103. – Michel Desrues, Magali Even, Mémorial de la Mayenne 1940-1945. Fusillés, massacrés, morts aux combats de la Libération, ONACVG de la Mayenne, 2001. – Acte de décès, Registre des inhumations du cimetière de l’Est à Angers. – Registre de la maison d’arrêt d’Angers, quartier allemand (p. 182-183).

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