RIVART René, Léon

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 8 décembre 1898 à Paris (XIIIe arr.), fusillé le 24 janvier 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; architecte ; résistant gaulliste.

René Rivart était le fils d’un employé de commerce. Il se maria une première fois en juin 1922 à Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis) avec Rolande Weymann, puis à Paris (XVIIe arr.) en octobre 1938, avec Céline Lamany. Selon la police, il vivait maritalement avec Madeleine Nouvel, 80 rue de Rome dans le IXe arrondissement de Paris, depuis 1938.
Après sa démobilisation en août 1940, ne pouvant reprendre son métier d’architecte faute de programmes de construction, il se fit représentant de commerce. C’est ainsi qu’il fit la connaissance de Lucien Noël. Au début de l’été 1941, ce dernier lui proposa, ainsi qu’à sa compagne, d’adhérer au mouvement France libre qu’il venait de fonder. Mais l’organisation naissante fut bientôt infiltrée par un indicateur à la solde du directeur des Renseignements généraux parisiens, le commissaire Jean Baillet.
René Rivart et Madeleine Nouvel furent arrêtés le 7 ou le 8 octobre 1941 (selon les sources) à Guémené-Penfao (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) chez les parents de Madeleine par deux inspecteurs des brigades spéciales missionnés par Jean Baillet. Le lendemain matin, les cinq autres membres du réseau identifiés étaient arrêtés à Paris.
Une perquisition fut effectuée au domicile parisien de René Rivart et de Madeleine Nouvel. Selon le témoignage de cette dernière, recueilli en janvier 1945 par l’inspection des services, le commissaire Baillet lança, alors qu’il venait de trouver le livret militaire de René Rivart : « il n’en aura plus besoin, il passera demain au poteau. » La prédiction fut cependant un peu plus longue à se réaliser.
Livrés aux Allemands, les sept résistants accusés « d’intelligence avec l’ennemi » comparurent le 15 décembre 1941 devant le tribunal allemand qui siégeait dans l’enceinte de la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Le commissaire Baillet vint déposer à charge. Mais les juges militaires allemands semblèrent douter de la réalité de cette « affaire gaulliste » et chargèrent le policier français d’un « supplément d’information ».
Selon le témoignage apporté à la Libération par l’avocat de René Rivart, Me Jean Wilhelm, « dans cette affaire, j’ai eu nettement l’impression que les inculpés avaient été victimes du provocateur Rastelli à la solde de Baillet. Rastelli a dû monter l’affaire de toutes pièces en persuadant Noël et les frères Palmier, imprimeurs des tracts et des cartes d’adhérents, d’aider ce mouvement, que c’était leur devoir de bons Français ».
Le procès reprit le 15 ou le 16 janvier 1942 (selon les sources) et le commissaire Baillet réussit cette fois à convaincre les juges allemands qu’ils tenaient de dangereux agents gaullistes.
Madeleine Nouvel fut acquittée, mais cinq co-inculpés furent condamnés à mort le 16 janvier 1942 et fusillés ensemble au Mont-Valérien huit jours plus tard, le 24 janvier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157193, notice RIVART René, Léon par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 27 février 2014, dernière modification le 20 février 2021.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty) – Arch. de la justice, dossier Baillet – Arch. de la CCCP (Notes Jean-Pierre Ravery). – Arch. PPo. – État civil.

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