FILLOL Pierre, Georges, Louis

Par Daniel Grason

Né le 6 décembre 1889 à Bordeaux (Gironde), fusillé le 13 janvier 1942, par condamnation, au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; officier de l’armée française ; résistant en Charente-Maritime.

Dans cet Avis, le nom de Pierre Fillol a été déformé en Pierre Sillol.

Fils d’Hélène Delcourt, Pierre fut légitimé par le mariage de sa mère avec Maurice Fillol le 11 mars 1895 en mairie du XIIe arrondissement à Paris. Pierre Fillol épousa le 7 novembre 1910 Georgette Pruvot en mairie d’Abbeville (Somme), puis se remaria avec Charlotte Pifre le 30 avril 1929 à Angoulême (Charente).
Pierre Fillol était commandant du centre de recrutement de l’armée de La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime). Il dirigea une filière de passage de prisonniers de guerre évadés vers l’Angleterre, et se rendit rapidement compte qu’il fallait des moyens financiers pour assurer le succès de l’entreprise. La société Joinovici & Cie, qui faisait le commerce des métaux, possédait une succursale à La Rochelle au 31 boulevard Joffre ; le siège était 13 rue Morice à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine). L’un des membres du réseau, Georges Garenne, était en relation d’affaires avec Joseph Joinovici et lui demanda de l’aide ; celui-ci accepta de financer l’organisation. Le commandant Fillol put ainsi alimenter, habiller et munir de faux papiers des hommes qui voulaient passer en Afrique du Nord ou en Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres du général de Gaulle.
L’organisation fonctionna sans accroc du dernier trimestre 1940 au premier semestre 1941. Herman Chaït, Albert Dhalenne et Émile Gaget veillaient depuis Clichy-la-Garenne à l’acheminement des candidats au passage en Angleterre. La filière fut dénoncée par un homme ou une femme, peut-être les deux. Le 17 juillet 1941, la police de la sécurité et du renseignement de la SS (Sipo-SD) sur le territoire français, dirigée par le commandant SS-Sturmbannführer Karl Boemelburg, arrêta une douzaine de membres du réseau.
Incarcéré à la prison du Cherche-Midi à Paris (VIe arr.), Pierre Fillol comparut avec ses compagnons du 21 au 25 octobre 1941 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Cinq condamnations à mort furent prononcées : Abel Bouyer, Herman Chaït, Albert Dhalenne, Pierre Fillol et Georges Garenne pour « aide à l’ennemi » ; Émile Gaget fut condamné à perpétuité pour « aide à des clandestins » ; James Garenne à six ans de réclusion, Avrili Joinovici (neveu de Joseph) à cinq ans de la même peine... Joseph Joinovici fut interpellé en septembre 1941 pour « intelligence avec l’ennemi », après trois mois de prison au Cherche-Midi il fut disculpé. Cela le rendit suspect après la guerre, mais les familles et proches des fusillés témoignèrent en sa faveur.
Les Allemands passèrent le commandant Pierre Fillol par les armes le 13 janvier 1942 au Mont-Valérien en même temps qu’ Herman Chaït et Albert Dhalenne. Le journal collaborationniste Le Matin publia le 22 janvier un « Avis » : « Les citoyens français Fillol Pierre de La Rochelle ; Dhalenne Albert de Paris (Saint-Ouen), condamnés à mort pour activité en faveur de l’ennemi, ont été fusillés aujourd’hui. Paris, le 13 janvier 1942, Le Commandant du Grand Paris. »
Pierre Fillol fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 13 janvier 1942 division 39, ligne 1, n°5 puis transféré le 7 octobre 1947 au cimetière de Dardines, Saint-Yrieux-sur-Charente (Charente).
Pierre Fillol a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Interné résistant (DIR). La mention Mort pour la France lui fut attribuée le 11 octobre 1944.
Son nom figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.
À La Rochelle son nom figure sur le monument aux morts et sur le tableau commémoratif 1939-1945 qui se trouve dans le bunker 8 rue des Dames. Une rue de La Rochelle porte le nom de Commandant-Fillol.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157238, notice FILLOL Pierre, Georges, Louis par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 février 2014, dernière modification le 15 juin 2022.

Par Daniel Grason

Dans cet Avis, le nom de Pierre Fillol a été déformé en Pierre Sillol.

SOURCES : AVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). — SHD Vincennes GR 16 P 224117. — André Goldschmidt, L’affaire Joinovici. Collaborateur, résistant et... bouc émissaire, Privat, 2002. — Le Matin, 26 janvier 1942. — Site Internet Mémoire des Hommes. — Mémorial GenWeb. — État civil, Bordeaux. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

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