LAUVIN Antoine

Par Laurent Gonon

Né en 1814 à Lyon (Rhône) ; imprimeur-lithographe ; mutuelliste ; syndicaliste.

Antoine Lauvin apparaît parmi les membres du bureau de la 91e Société de secours mutuel des lithographes de Lyon (où il demeurait 8 rue Noire), fondateur et trésorier depuis 1840, poste dans lequel il y fut renouvelé par les assemblées de 1841, 1842, 1843 et 1844.

C’est lors du renouvellement de la présidence de cette société, à la suite de la démission de Goutorbe en juin 1870, au cours duquel il fut mis en « concurrence » avec Auguste Potignon et Marius Bailly-Maître, qu’on le voit réapparaître. Il obtint 47 voix, le second 43 et le 3e 39, Colomb, vice-président, signa le procès-verbal. Souvenons-nous que sous le règne finissant de Napoléon III les associations de secours mutuels devaient proposer à la préfecture trois candidats pour la présidence à soumettre à « Sa Majesté l’Empereur » (circulaire du 9 décembre 1852).

Le Conseil d’administration de la société adressa, le 4 juillet 1870, une lettre au préfet, dans laquelle il lui rappela que la proposition de Lauvin avait déjà été écartée par l’administration, alors qu’il avait été choisi par l’assemblée du 27 mars. Cette fois il obtint un nombre de voix encore plus important. Il fut souligné qu’il a « rendu de nombreux et dévoués services, a justement mérité l’estime et la sympathie de tous ses collègues et que lui seul est capable par son dévouement sans borne et son impartialité ».

Le 15 juillet 1870, le commissaire spécial, dans une note au préfet, précise concernant Lauvin « qui a fait l’objet de mon rapport du 7 avril dernier, est toujours dans la même situation : il appartient par ses opinions au parti de l’opposition radicale et sa conduite laisse à désirer. Depuis qu’il est veuf, il vit avec sa belle sœur de laquelle il a eu un enfant ». Le commissaire rejetta les trois candidatures : « Aucun des trois dénommés ne me paraît présenter les garanties d’ordre et de moralité désirable pour être dignement proposées au choix de S.M. L’Empereur ». Le 23 juillet, le commissaire persista : « Pour en finir, on pourrait proposer le Sr Potignon qui n’est pas instruit, il est vrai, mais qui jouit d’une bonne considération... ouvrier honnête sous tous rapports ». Le préfet rajoutait, le 28 juin, en marge : « Placer Lauvin, le 2e sur la liste ». La 91e apparaît bien comme une société de résistance ouvrière.

Le 16 février 1874, Antoine Lauvin présida l’assemblée générale de la Chambre syndicale des ouvriers lithographes de Lyon. Son fils, aussi lithographe, fut élu syndic.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157263, notice LAUVIN Antoine par Laurent Gonon, version mise en ligne le 1er mars 2014, dernière modification le 1er mars 2014.

Par Laurent Gonon

SOURCES : Arch. Dép. Rhône,4XP-91e SSM ; www.bm-lyon.fr inventaire des archives du Syndicat du livre de Lyon ; www.archives-lyon.fr, sociétés de secours mutuels.

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