BARNIER Lucien, Gustave

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 19 septembre 1918 à Paris, 3 février 1979 ; journaliste communiste.

Fils d’un cheminot mort en 1918 et d’une ancienne gouvernante d’une famille bourgeoise du XVIIe arr. de Paris, Lucien Barnier fit ses études au collège de Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier) puis à la Faculté des lettres de Paris. Il adhéra aux Jeunesses communistes après les événements de février 1934 sous l’influence d’un camarade de collège : Raymond Roussat. Il devint rapidement secrétaire du rayon des JC de Gannat, et, à ce titre prit pour la première fois la parole dans un meeting du Front populaire à Ébreuil. Peu affermi dans ses idées politiques et préoccupé par ses études, Barnier s’écarta du militantisme vers 1937-1938. Il fit son service militaire à partir de septembre 1938 et effectua un stage de trois mois à l’École nationale des cadres de la Jeunesse d’Uriage (Isère) en 1940. Ce fut un journaliste socialiste de Clermont-Ferrand, Rochon, qui le fit entrer dans la Résistance en 1941. En tentant de gagner Londres par l’Espagne il connut l’emprisonnement à Barcelone, pendant onze mois, et retrouva la voie de l’engagement communiste. Il arriva à Alger en novembre 1943 : Étienne Fajon lui déclara qu’il n’avait pas qualité pour se prononcer sur son intégration dans le Parti communiste français mais qu’il serait admis comme « membre cotisant » de soutien. Il fut responsable de la propagande radiophonique en direction des déportés français en Allemagne au cabinet d’Henri Fresnay, avant d’être cadre militarisé au commissariat de la République de Marseille.
Après la Libération, Mounette Dutilleul de la Commission des cadres lui fit écrire sa « biographie », l’interrogea sur son éloignement du Parti communiste entre 1937 et 1943 avant d’enregistrer son adhésion. Fondateur des « émissions de la jeunesse » à la Radio-télévision française, Lucien Barnier fut révoqué avec les autres journalistes communistes en 1948. Il mit alors en place, pour le compte du Parti communiste, un programme quotidien de propagande radiophonique émis par Prague, Budapest et Varsovie. Ces activités lui firent découvrir l’Union soviétique en novembre 1956. Le passionné de science qu’il était, commença par s’enthousiasmer pour les réussites soviétiques et publia en 1958 un panégyrique intitulé À quoi rêvent les savants soviétiques. Cinq ans de fréquentation de la Russie lui firent perdre sa sympathie pour la « patrie du socialisme ». Il quitta Moscou pendant le mois d’avril 1961, en « adversaire du système soviétique ». « Orphelin », il retrouva la foi en Dieu : « Je suis venu à Dieu par le raisonnement scientifique, parce que je crois en ce raisonnement scientifique s’appuyant sur les faits » affirma-t-il dans son ouvrage autobiographique J’ai quitté le Parti, pour Dieu (Fayard, 1978). Lucien Barnier s’affirma comme écrivain et journaliste scientifique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15728, notice BARNIER Lucien, Gustave par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 30 mai 2020.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

ŒUVRE : J’ai quitté le Parti, pour Dieu, Fayard, 1978.

SOURCES : Who’s who in France, 1979-1980. — Lucien Barnier, J’ai quitté le Parti, pour Dieu, Paris, 1978.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément