BARNY Roger, Albert

Par Michèle Daspre

Né le 9 novembre 1929 à Chaptelat (Haute-Vienne), mort le 5 août 2003 à Palaiseau (Essonne) ; professeur d’université ; responsable communiste dans le Doubs ; militant syndical (SNESup).

Son père, fermier socialisant, mourut en 1944 ; sa mère entra quelques années après comme employée à l’hôpital de Limoges (Haute-Vienne). Son grand-père paternel, cultivateur, admirateur de Jaurès, fut adjoint au maire de Chaptelat pendant une vingtaine d’années. Il avait aidé les résistants.

Roger Barny entra à l’École normale d’instituteurs de Châteauroux (Indre) transférée au lycée Descartes de Tours (Indre-et-Loire) en 1945. Après avoir obtenu le baccalauréat « sciences expérimentales » et effectué un stage d’instituteur à Parthenay (Deux-Sèvres), boursier, il prépara l’École normale supérieure de Saint-Cloud au lycée Henri IV à Paris et fut reçu en 1952 dans la section littéraire.

Il se maria en septembre 1954 à Limoges (Haute-Vienne) avec Lucienne Bouchoule qui venait d’être admise à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses en section littéraire. Ils eurent trois enfants.

Licencié en 1954, Roger Barny effectua un stage en Écosse avant d’être nommé professeur certifié de lettres en 1957 au lycée du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Reçu élève-inspecteur primaire en 1958, rattaché à l’Institut pédagogique national, il fut admis à l’agrégation de lettres modernes en 1960. Il fut alors nommé, avec son épouse, au lycée Fontenelle à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Barny, qui commençait à préparer une thèse sur l’influence de Jean-Jacques Rousseau, fut nommé assistant de littérature française à la faculté des lettres et sciences humaines de Besançon en 1965. Il vint alors habiter Palaiseau car son épouse, agrégée d’histoire et géographie, enseignait au lycée de Savigny-sur-Orge (Essonne).

Membre du Parti communiste français depuis le début de ses études, Barny s’imposa comme un chercheur de qualité sur la France du XVIIIe siècle, collaborant à diverses entreprises collectives littéraires (Larousse, Bordas) et à plusieurs revues (La Pensée, Dix-huitième siècle, Annales historiques de la Révolution française notamment). En 1973, il soutint sa thèse de doctorat d’État sous la direction de Jean Fabre, puis de Jean-Louis Lecercle, Jean-Jacques Rousseau dans la Révolution française : contribution à l’analyse de l’idéologie révolutionnaire bourgeoise éditée en plusieurs livraisons dans le cadre des Annales littéraires de l’Université de Besançon et de la Voltaire Foundation d’Oxford. Par la suite, il devint professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université de Franche-Comté où il prit sa retraite en 1990. Pour préparer ses étudiants à l’agrégation, il mit au point sept fascicules d’environ 250 pages d’Études textuelles parus entre 1991 et 1998.

Membre de la commission d’histoire de la Révolution française du Comité des travaux historiques et scientifiques (1983-1999), il fut présent dans divers colloques qui marquèrent la célébration du bicentenaire de la Révolution à la fin des années 1980 aussi bien en France qu’à l’étranger.

Roger Barny siégea à la commission administrative du SNESup avant d’entrer au bureau national (1969-1972). Il y anima la construction du secteur des affaires personnelles.

À la fin des années 1980, Barny fut, avec ses camarades de la Fédération communiste du Doubs, « mis à l’écart » du PCF sur décision du comité central en octobre 1988. Se considérant comme exclu, il resta communiste et milita avec la carte de la Fédération communiste du Doubs, puis de la Fédération démocratique des communistes de Franche-Comté pendant quelques mois. Il resta un « communiste sans carte » par la suite, collaborant notamment à l’Espace Marx.

Veuf depuis mai 1999, en mauvaise santé, il participait moins à la vie collective, « complicité historienne, syndicale, politique » (selon Claude Mazauric) qui avait été la sienne jusqu’alors.

La partie spécialisée de sa bibliothèque a pris place dans le centre de documentation du Musée de la Révolution française à Vizille (Isère).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15729, notice BARNY Roger, Albert par Michèle Daspre, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 10 octobre 2021.

Par Michèle Daspre

ŒUVRE : Prélude idéologique à la Révolution française : le rousseauisme avant 1789, Besançon-Paris, Les belles Lettres, 1985, 192 p. — Rousseau dans la Révolution : le personnage de Jean-Jacques et le début du culte révolutionnaire (1787-1791), Oxford, 1986, 203 p. — L’éclatement révolutionnaire du rousseauisme, Besançon-Paris, Les belles Lettres, 1988, 340 p. — Le comte d’Antraigues, un disciple aristocrate de Jean-Jacques Rousseau : de la fascination au reniement 1782-1797, Oxford, Voltaire Foundation, 1991, 261 p. — Les contradictions de l’idéologie révolutionnaire des droits de l’homme 1789-1796 : droit naturel et histoire, Besançon-Paris, Les belles Lettres, 1993, 251 p. — Le droit naturel à l’épreuve de l’histoire. Jean-Jacques Rousseau dans la Révolution, débats politiques et sociaux, suivi de Montesquieu dans la Révolution, Besançon-Paris, Les belles Lettres, 1995, 331 p. — Le triomphe du droit naturel : la constitution de la doctrine révolutionnaire des droits de l’homme, 1787-1789, Besançon-Paris, Les belles Lettres, 1997, 239 p. — Mes soliloques, autobiographie rêvée du comte d’Antraigues, CTMS, 2001, 279 p. (établissement du texte, présentation).

SOURCES : Presse syndicale et nationale. — Notices dans les Annales historiques de la Révolution française, 2003, n° 4 (Claude Mazauric) et dans le Bulletin des anciens élèves de l’ENS de Fontenay-aux-Roses-Saint-Cloud, 2004 (n° 2). — Renseignements fournis par la famille de l’intéressé.

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