BRÉMONT René

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 20 janvier 1914 à Dijon (Côte-d’Or), fusillé après condamnation à mort le 6 juin 1944 à L’Épine (Marne) ; agent SNCF ; résistant ; FTPF-FFI.

Butte des fusillés à L’Épine
Butte des fusillés à L’Épine

René Brémont était le fils de Louis Augustin Brémont, chauffeur, et d’Ernestine Bugnet, couturière. Célibataire, il exerçait la profession de chauffeur à la SNCF au dépôt de Dijon (Côte-d’Or).

Réfractaire au STO réfugié à Ambérieu-en-Bugey (Ain), René Brémont y fut arrêté le 11 janvier 1943 par la Police française à la suite de la découverte de tracts communistes, en même temps que Jean et Maurice Cêtre, deux autres cheminots de Dijon, militants communistes et syndicalistes engagés comme lui dans les Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Par arrêté du préfet de l’Ain, ils furent astreints à résidence dans le Centre de séjour surveillé de Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne), puis affectés à un chantier de l’Organisation Todt de La Rochelle à Saint-Martin-de-Ré (Charente-Inférieure, Charente-Maritime)
René Brémont et Maurice Cêtre parvinrent à s’évader et reprirent leur activité au sein des FTPF de la Côte-d’Or. René Brémont suivit Maurice Cêtre lorsque ce dernier fut nommé en janvier 1944 commissaire FTPF aux opérations dans la Marne. Il prit alors part aux actions du groupe FTPF Pierre Semard de Rilly-la-Montagne (Marne). Le 17 février 1944, il participa au sabotage de la voie ferrée à Saint-Léonard près de Reims qui entraîna le déraillement d’un train allemand et l’obstruction de la voie pendant 60 heures.

Il fut arrêté le 20 février 1944 en même temps que Joseph Contassot, commissaire technique régional FTPF, et plusieurs membres du groupe Pierre Semard, Juste Drot, Yvon Floquet et Jean Huet.
Condamné à mort le 6 juin 1944 par le tribunal militaire allemand FK 531 de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), René Brémont a été fusillé le même jour à 20 h 35 sur le terrain de La Folie à L’Épine avec six autres résistants : Marcel Cheval, Roger Kerger, Raoul Mathieu, Georges Monaux, Roland Moret et Charles Tasserit.

Aucun acte de décès n’a été dressé, omission réparée par un jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal de Première instance de Châlons-sur-Marne le 8 juillet 1944 et transcrit à l’état civil de L’Épine le 19 juillet 1944. Ce jugement déclare René Brémont « fusillé le 6 juin 1944 à vingt heures trente-cinq minutes sur ordre des troupes d’occupation et inhumé sur le territoire de cette commune ».

Inhumé sur place, le corps de René Brémont a été exhumé le 13 septembre 1944 et ré-inhumé dans le cimetière de l’Est de Châlons avant d’être transféré ultérieurement dans un cimetière dont la localisation n’a pas pu être déterminée, vraisemblablement dans un cimetière de Dijon (Côte-d’Or).

René Brémont a été reconnu « Mort pour la France » en 1945 et a été homologué FFI avec le grade de capitaine. Le titre d’Interné-résistant lui a été décerné, ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 29 novembre 1955, publié au JO du 13 décembre 1955.

Dans la Marne, le nom de René Brémont est inscrit sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine. Il figure à Épernay sur la liste des « Fusillés » du monument aux martyrs de la Résistance, sous le prénom de « Raymond ».
En Côte-d’Or, son nom figure sur le monument commémoratif du dépôt SNCF de Dijon-Perrigny.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157402, notice BRÉMONT René par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 11 mars 2014, dernière modification le 22 janvier 2021.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Butte des fusillés à L'Épine
Butte des fusillés à L’Épine
Dans <i>L'Éclaireur de l'Est</i>
Dans L’Éclaireur de l’Est
Sur la plaque commémorative</br>de la Butte des fusillés à L'Épine
Sur la plaque commémorative
de la Butte des fusillés à L’Épine
Sur le monument aux martyrs de la Résistance</br> d'Épernay
Sur le monument aux martyrs de la Résistance
d’Épernay
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 732 830. – SHD, Vincennes, GR 16 P 89102. – Arch. CH2GM-Marne, Direction de l’état civil et des recherches, dossier de Brinon, B7/1 180, Liste S 1744. numéro 003190. – Arch. Dép. Marne, M. 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944 ; M. 4774, fusillés ou exécutés par les Allemands, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – Rapport de la brigade de gendarmerie d’Ambérieu daté du 12 janvier 1943, commniqué par Fabien Tenand. – Pierre Gillet, « Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945) », Cahiers châlonnais, n° 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – Mémorial GenWeb. – État civil, Dijon (acte de naissance) ; Châlons-en-Champagne (pas trace de transcription de l’acte de décès).

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