SÉVAJOLS Maurice, Fernand, Aimé, Alphonse ["Raymond", pseudonyme de Résistance]

Par André Balent

Né le l5 avril 1915 au Poiré-sur-Vie (Vendée), mort fusillé sommaire à Baudrigues, commune de Roullens (Aude) le 19 août 1944 ; militaire de carrière ; inspecteur des contributions directes à Perpignan (Pyrénées-Orientales) à partir de décembre 1942 ; résistant (OMA puis ORA) à Perpignan ; responsable de l’ORA dans les Pyrénées-Orientales.

Maurice Sévajols était le fils de François et de Marie Perraudeau. Il naquit au lieu-dit Le Chirron, dans la commune du Poiré-sur-Vie. Par la suite il fut domicilié à Vaujours (Seine-et-Oise ; Seine-Saint-Denis). Une partie de sa famille, des agriculteurs, éleveurs transhumants, était domiciliée dans le Gard.

Fils d’instituteurs, il se destinait initialement à l’enseignement, mais fit une carrière militaire. Appelé sous les drapeaux en 1936, afin d’effectuer le service militaire, il fut renvoyé dans ses foyers avec le grade d’aspirant de réserve (1937). Promu sous-lieutenant de réserve en 1938, ii s’engagea dans l’Armée en 1938 comme sous-officier du 14e RTA (régiment de tirailleurs algériens). Il fut promu aspirant d’active en 1939 après un stage à l’école militaire de Saint-Maixent.
Saint-cyrien, il participa à la bataille de France (mai-juin 1940) comme aspirant au 14e RTA unité basée en temps de paix (1939) à Chatellerault (Vienne) et à Châteauroux (Indre). Ce régiment intégré à la 3e division nord-africaine fut engagé dans de durs combats, sur la Meuse en mai. Encerclé dès le 14 mai, il fut décimé entre les 45 et 16 mai et dissous le 22 mai. Maurice Sévajols. Il fut cité à l’ordre du régiment le 30 juin 1940 (« a réussi à retarder de plusieurs heures la marche de l’ennemi ») et reçut à ce titre la Croix de guerre avec étoile.

Après l’armistice, Maurice Sévajols demeura dans l’Armée. Il fut affecté au 8e régiment d’infanterie à Montpellier (Hérault) dont le chef, le colonel Joseph Guillaut, devint l’organisateur de l’ORA dans la R3.Il devint sous- lieutenant en 1941 et lieutenant en 1942.

Après la dissolution de l’armée d’armistice, il fut reclassé à la direction des Contributions directes à Perpignan. Dès le début de 1943, il adhérait à l’OMA, puis à l’ORA, organisations dont il devint l’un des responsables dans les Pyrénées-Orientales (Voir aussi : Pruneta Noël). En avril 1944, avec son adjoint, l’adjudant-chef Cavailler alias"Duval" (également de l’ORA), il effectua un relevé systématique des fortifications allemandes du littoral roussillonnais entre Canet et Argelès-sur-Mer. Il fut aussi agent P1 du réseau Gallia dans les Pyrénées-Orientales.

Il fut arrêté le 7 août 1944 par la Siecherheitspolizei à son bureau, à la suite, semble-t-il d’une imprudence d’un résistant proche. Conduit à la citadelle de Perpignan (Voir Citadelle de Perpignan), torturé, il ne « parla » pas. Le 17 août, il fut transféré à la prison de Carcassonne (Aude). Le 19 août 1944, il fut l’un des dix-neuf détenus amenés au dépôt de munitions du château de Baudrigues qui furent fusillés par les Allemands (Voir aussi Batlle Simon ; Bringer Jean). Aussitôt après, les Allemands firent sauter le dépôt déchiquetant les corps. Leur identification fut difficile. Sévajols fut le troisième à pouvoir être reconnu après Jean Bringer chef de l’AS et des FFI de l’Aude et Aimé Ramond, chef du NAP de l’Aude. Ce fut son collaborateur pepignanais, l’adjudant-chef de l’Air, Cavailler qui reconnut formellement l’une de ses chaussures et des lambeaux de son costume qui permirent de l’identifier.
Il fut inhumé dans le quartier militaire du cimetière Saint-Michel à Carcassonne.

Le 10 avril 1945, il fut cité à l’ordre de l’Armée pour son action dans la Résistance et reçut, à titre posthume, la Croix de guerre avec palme. Le 25 février 1946, il devint, toujours à titre posthume, officier de la Légion d’Honneur au titre de ses services d’officier des FFI. Il fut promu capitaine à titre posthume le 18 octobre 1946 par la commission d’homologation des grades obtenus au titre des FFI avec effet rétroactif du 1er juin 1944.

Voir Lieu d’exécution de Roullens (Aude), château et dépôt de munitions de Baudrigues.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157479, notice SÉVAJOLS Maurice, Fernand, Aimé, Alphonse ["Raymond", pseudonyme de Résistance] par André Balent, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 29 décembre 2017.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, série J, fonds Camille Fourquet*. — Arch. dép. Aude, 3 J 2871, fonds Jacques Bronson, en particulier le rapport manuscrit d’André Biaud, de Maureillas, 8 p., s. d., concernant le sort de détenus de la citadelle de Perpignan transférés à la maison d’arrêt de Carcassonne et fusillés pour une partie d’entre eux le 19 août 1944. — Le Républicain du Midi, Perpignan, 20 octobre 1944. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, pp. 953, 954 ; p. 925. — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, Prades, Terra Nostra, 1994, 400 p. [p. 271, p. 275]. — Lucien Maury, La Résistance audoise (1940-1944), tome II, Carcassonne, Comité de l’histoire de la Résistance audoise, Carcassonne, 1980, 441 p. [p. 344, p. 396]. — Georges Sentis, Dictionnaire biographique des résistants et des civils des Pyrénées-Orientales tués par les Allemands et les collaborateurs, Perpignan, Marxisme / régions, 2012, 28 p. [p. 17] — Site
http://www.memorial-poiresurvie.fr/1939_1945_MPF/39_45_sevajols_maurice.htm consulté le 12 mars 2014.

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