CASANOVA Jacques

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 15 juillet 1921 à Sartène (Corse), fusillé le 23 décembre 1943 à la Doua (Villeurbanne, Rhône) ; ébéniste ; résistant communiste ; membre du maquis de Tréminis (Isère).

Fils de Pierre et de Thérèse Casanova, Jacques Casanova demeurait à Cannes (Alpes-Maritimes), 64 rue d’Antibes. Il fit ses études secondaires et son apprentissage en ébénisterie dans cette ville. Il y devint également actif dans la résistance communiste avec son frère Jean.
Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il intégra le maquis de Tréminis (Isère), dit camp Rozan, en septembre 1943.
Le 19 octobre 1943, suite à une dénonciation, des soldats allemands attaquèrent le maquis de Tréminis et arrêtèrent Casanova et plusieurs de ses camarades. Il existe deux versions des conditions de son arrestation : selon Henri Cleret (alias Arlès), alors qu’il était parti du camp à l’aurore avec deux camarades pour faire du pain dans une ferme, Casanova fut surpris par les soldats allemands et aussitôt fait prisonnier. D’après Jean Noyé, Casanova aurait été arrêté alors qu’il était dans le groupe commandé par André Coutelier, de garde au poste avancé de la Bonce (Tréminis, Isère).
Il fut conduit le jour même à la police allemande de Grenoble (Isère), 28 cours Berriat, avec ses camarades et placé dans une cellule de l’entresol. Il subit des interrogatoires.
Le 18 novembre, il fut transféré au camp de Compiègne (Oise). Le 21, un capitaine de la Gestapo le conduisit en camion, menottes aux mains, jusqu’à Lyon (Rhône).
Il fut emprisonné à Montluc (Lyon), dans les salles communes, pendant quatre jours.
Le 25, il comparut avec ses camarades devant le tribunal militaire allemand de la Zone sud (situé au Grand Nouvel Hôtel, rue Grôlée à Lyon). Le 26, il fut condamné à mort avec Pinguet, Lagardère, Perrochon, André Coutelier Lescoute, Laroche, Fabre et Siguier. Motifs de la condamnation : 1. Ont fait fonction de francs-tireurs et entrepris une action de nature à porter préjudice à l’armée allemande, 2. Ont prêté leur aide à une puissance étrangère en guerre contre l’Allemagne. Le procès terminé, Casanova fut placé dans une cellule réservée aux condamnés à mort : tout d’abord au rez-de-chaussée puis, au bout de dix jours, dans la cellule 139 avec les maquisards du camp de la Sagne (dit camp des Théologiens à Tréminis) : Lescoute, Fabre, Laroche et Siguier.
Les Allemands fusillèrent Jacques Casanova, André Coutelier, René Pinguet, René Perrochon et Francis Lagardère le 23 décembre 1943 sur le champ de tir du terrain militaire de la Doua.
Son corps fut retrouvé dans le charnier de la Doua après la guerre et identifié par sa mère (le 29 septembre 1945) et par plusieurs habitants de Tréminis.
Il fut homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) avec le grade d’élève-officier et décoré de la Médaille de la Résistance et de la Croix de guerre avec palme à titre posthume.
Il existe une rue des Frères-Casanova à Cannes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157496, notice CASANOVA Jacques par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 13 mars 2014, dernière modification le 17 mars 2017.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Rhône, 3808W643, 3808W501, 3460W2. – Marcelle Reynaud, Le Maquis de Tréminis 1943 Mémoires et documents, 1996. – Jean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire de la Deuxième Guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, 1997.

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