OHAYON David

Par Daniel Grason

Né le 9 mai 1921 à Mogador devenue Essaouira (Maroc), fusillé comme otage le 14 mai 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; commis.

Marocain, David Ohayon vivait 8 rue Seveste à Paris (XVIIIe arr.) ; il exerçait le métier de commis dans un restaurant. Le 3 octobre 1941, à la suite d’un différend avec un de ses camarades, des coups furent échangés. Arrêté par des policiers français pour « coups et blessures », son identité fut contrôlée mais n’étant pas recensé comme israélite, il fut aussitôt inculpé d’infraction à la loi du 2 juin 1941. Le manquement à la loi était puni d’un mois à un an d’emprisonnement et d’une amende de 100 à 10 000 francs et d’un possible internement administratif. Interné le jour même à la caserne des Tourelles (XXe arr.), il fut ensuite jugé et condamné à deux mois de prison.
Le 2 mai 1942 vers 22 heures, un résistant tira sur le sergent allemand Bambach à la hauteur du 153 avenue de Clichy, près de la station de métro Porte-de-Clichy. Légèrement blessé, il fut emmené à l’hôpital Lariboisière. En représailles, dans un « Avis » qui parut le 9 mai dans la presse collaborationniste, les Allemands annoncèrent que cinq hommes furent passés par les armes au Mont-Valérien. Ils annonçaient la suite de la répression : « Si le coupable n’est pas découvert dans un délai de huit jours [...] quinze autres communistes et Juifs touchant de près au milieu des auteurs de l’attentat seront fusillés ». Enfin, la déportation massive de « cinq cents communistes et Juifs [qui] seront envoyés dans l’Est, dans un camp de travail forcé ».
David Ohayon a été exécuté le 14 mai 1942 au Mont-Valérien. Son corps fut inhumé au cimetière communal de Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157622, notice OHAYON David par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mars 2014, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 2240, BA 1752. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Romillat, 1992. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Le Matin, 9 mai 1942. – Site Internet CDJC.

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