PERRY André, Henri

Par Gilles Pichavant

Né le 18 mars 1878 à Bolbec (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 19 mai 1944 à Dieppe (Seine-Maritime) ; mécanicien cheminot ; syndicaliste CGT, révoqué en 1920 ; socialiste ; conseiller municipal de Dieppe (1929-1944).

André Perry était de fils d’un ouvrier fileur en filature et d’une mère sans professions. Ses parents s’étaient mariés le 9 mai 1867 à Mulhouse (Haut-Rhin). Ceux-ci s’installèrent à Sotteville-lès-Rouen avant 1897. André entra dans les chemins de fer en septembre 1900, soit six mois après la fin de son service militaire qu’il avait effectué de 1897 à mars 1900, à Brest (Finistère) dans l’artillerie de marine. Il débuta comme ajusteur aux ateliers de Sotteville-lès-Rouen (Seine-inférieure, Seine-Maritime). le 27 août 1901, il se maria à Sotteville-lès-Rouen avec Hortense François. En 1906 il fut nommé aux atelier de Dieppe (Seine-inférieure, Seine-Maritime) et le couple s’installa dans cette ville, où il habita rue Gaillon.

En 1919, André Perry était secrétaire de la section des mécaniciens du syndicat des cheminots de Dieppe. Il participa à la création de la première Union locale des syndicats ouvriers de Dieppe le 25 septembre 1919, qui se constitua à la suite de la création, au début août, d’un comité intersyndical de lutte contre la vie chère, au sein duquel les militants des diverses organisations syndicales locales avaient appris à se connaître.

Membre du Parti socialiste Unitaire, il fut candidat, en décembre 1919, aux élections municipales sur la liste ouvrière d’action républicaine, conduite par Pierre Dréau. Au premier tour il obtint 857 voix et 28,4% des voix ; au deuxième tour il obtint 756 voix et ne fut pas élu. Au mois de mai, il avait pris une carte de membre comité de la 3e internationale, mais il ne renouvela pas son adhésion en 1920.

Le 26 janvier 1920, lors d’une grande assemblée du syndicat des cheminots réunie à 20 heures, à la salle des conférences rue Victor Hugo, fut élu secrétaire-général adjoint du syndicat CGT des cheminots de Dieppe, et Robert Arpajou secrétaire général. Avec celui-ci il anima la première grève des cheminots, présida les assemblées générales et, le 6 mars, signa un appel à la solidarité et à l’unité de la profession, distribué par tract.

Les cheminots ayant été réquisitionnés lors de leur 2e grève, alors qu’à Dieppe, les trois quarts des employés des chemins de fer de Dieppe — parmi lesquels le secrétaire de l’Union locale Pierre Dréau — fléchissaient sous la menace de révocation proférée par le gouvernement, André Perry fit grève, et, le 3 mai, fut révoqué des chemins de fer avec Robert Arpajou, Louis Leymarie, Sylvain Lafargue. Le 12 mai à 4h30 du matin, il fut arrêté par la police, et accusé d’avoir fomenté la création d’un soviet local avec Paul Briard, Sylvain Laffargue, Alfred Roussel, Aimable Gaignon, et sa fille Eugénie*, et incarcéré à la prison du Pollet. Tous furent libérés le 10 juillet.

André Perry fut réintégré dans les chemins de fer en 1924.

Socialiste, n’ayant pas suivi la majorité du congrès de décembre 1920, il devint l’un des tous premiers militants de la SFIO à Dieppe. En 1925, il fut candidat aux élections municipales à Dieppe, en 2e position sur la liste présentée par le Parti socialiste SFIO à Dieppe, dont Camille Martinet était la tête de liste. Il obtint 1098 voix mais ne fut pas élu. En 1929, il fut de nouveau candidat aux municipales, toujours en 2e position sur la liste SFIO, et fut élu au 2e tour avec 1579 voix, avec Camille Martinet qui obtint 1744 voix. En 1935, c’est lui qui conduisit la liste SFIO, Camille Martinet se présentant sur la liste du député radical Rimbert. Il obtint 1291 voix au 1er tour, soit 358 voix devant le second de la Liste, et ne fut pas élu. Au 2e tour, sa liste ayant fusionné avec celle du député radical Rimbert, il obtint 2235 voix et fut réélu conseiller municipal. A cette époque il était secrétaire adjoint de l’association régionale des retraités des chemins de fer.

Membre du Comité de rassemblement populaire de Dieppe (Front Populaire), il fit partie, en 1938, du comité de patronage d’une souscription en faveur de la population civile d’Espagne, en vue de financer l’envoi de cent barils de harengs salés.

Il resta conseiller municipal de Dieppe jusqu’à son décès survenu lors d’un bombardement le 19 mai 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157651, notice PERRY André, Henri par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 23 mars 2014, dernière modification le 8 janvier 2017.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Nat. F7/13085, 13091. — Archives départementales de Seine-Martime, 10M 355 et 3U1/898 et 899, registre matricule 1R3053 — Presse locale : L’Impartial, l’Éclaireur, La Vigie, au Fonds ancien de Dieppe. — Rens. mairie de Dieppe.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément