DOMARD Moïse

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 6 mai 1909 à Chalette (Loiret), mort le 1er mai 1945 à Oranienburg (Allemagne) ; employé de la STCRP ; militant communiste de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) ; déporté.

Fils de Georges Domard et de Julia Martin, Moïse Domard se maria le 26 avril 1930 à Chevry (Loiret) avec Suzanne Menu, née en 1910 à Reims. Ils eurent deux enfants nés à Paris dans le XIIIe arrondissement en 1929 et 1932. Affecté au dépôt d’autobus de Saint-Maur, il en fut le responsable syndical et s’installa en 1936 dans cette ville où il milita au Parti communiste.

Ayant quitté la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), il travailla ensuite à la Direction des ponts et chaussées, puis au Service de la Défense passive.

Adhérent du Parti communiste, il fut délégué corporatif à la STCRP. Moïse Domard fut repéré et identifié lors de filatures de militants communistes impliqués dans des actions à mains armées.

Il fut interpellé par trois inspecteurs de la BS2 des Renseignements généraux, le 13 octobre 1942 à son domicile en présence de son épouse. La surveillance avait permis d’établir qu’il était en contact avec le Parti communiste clandestin et qu’il diffusait sa propagande. Lors de la perquisition, ni tracts ni brochures n’étaient saisis. Détenu pendant huit jours dans les locaux des Brigades spéciales, il fut tabassé à coups de nerfs de bœuf.

Livré aux allemands, il a été incarcéré à la prison du Cherche-Midi administrée par eux. Transféré au camp de Romainville, puis à Compiègne, il était le 24 janvier 1943 dans le convoi I. 74 de 1557 hommes à destination de Sachsenhausen en Allemagne. Il fut affecté au camp annexe du camp. Des barbelés ceinturaient l’espace boisé de Germendorf à une dizaine de kilomètres au sud-ouest d’Oranienburg. Les déportés travaillaient pour l’avionneur Ernst Heinkel. En 1944, jusqu’à 8000 détenus y travaillèrent. Moïse Domard, matricule 59129, y mourut le 1er mai 1945.

Sa femme avait été auditionnée le 31 mars 1945 par une commission rogatoire, elle reconnaissait sur photographie l’un des inspecteurs qui arrêta son mari. Elle déclara qu’elle reçut de ses nouvelles jusqu’en juin 1944. Elle déposa plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent et ceux qui le frappèrent lors de son interrogatoire.

Un jugement du Tribunal civil de la Seine du 16 avril 1948, le considérait comme mort au camp de Compiègne le 24 février 1943, date de sa déportation, pour pallier au manque d’information sur son décès à Oranienbourg. En fait une déclaration du lieutenant-colonel Scolari indiquait que Moise Domard était décédé le 1er mai 1945 sur la route de Schwerin, confirmé par deux témoins, Marcel Baumann et Gautier (vraisemblablement Raoul Gautier).

Toujours, selon une attestation de Scolari, président de l’Association nationale des anciens combattants des FFI-FTP, il aurait appartenu aux FTPF et se serait livré à des actes de sabotages sur des lignes téléphoniques. Moïse Domard ne fut pas homologué.
À Saint-Maur-des-Fossés, son nom est gravé sur la Plaque commémorative 1939-1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157761, notice DOMARD Moïse par Daniel Grason, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 janvier 2022, dernière modification le 28 avril 2022.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 5357-301497. — SHD, Vincennes, Bureau Résistance, GR 16 P 188451 (non homologué). — Notes de Gilles Morin, rapport de police du 7 novembre 1952. — Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Éd. Tirésias, 2004.

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