PIROT François, Émile

Par Alain Dalançon

Né le 2 juin 1938 à Chaumont-Porcien (Ardennes) ; professeur de mathématiques ; militant syndicaliste du SNES, secrétaire de la section départementale (S2) du Nord, secrétaire de la section académique (S3) de Lille ; militant communiste, conseiller municipal de Lambersart, président de l’Espace Marx du Nord-Pas-de-Calais.

François Pirot
François Pirot
au conseil national du SNES juin 1983 (coll. IRHSES)

Le père et la mère de François Pirot étaient instituteurs, purs produits de l’ascension sociale par l’école, puisque ses grands-pères avaient été, l’un, ouvrier métallurgiste, et l’autre, bûcheron puis cloutier, cantonnier et enfin barragiste sur la Meuse. Adhérents du Syndicat national des instituteurs, ses parents avaient des idées plutôt socialistes mais n’eurent jamais d’engagement politique. Par tradition, ils firent baptiser leur fils et leur fille et les envoyèrent au catéchisme.

Après l’école communale à Bogny-sur-Meuse (Ardennes), François Pirot fut envoyé au cours complémentaire voisin de Château-Regnault de 1948 à 1952 : il n’y avait que 45 élèves dans cet établissement, logés dans deux salles de classe, et trois professeurs. Puis il poursuivit ses études secondaires en section M’ au lycée Chanzy de Charleville (Ardennes) où il obtint le baccalauréat mathématiques élémentaires en 1955. Il entra ensuite en classe préparatoire au lycée Faidherbe de Lille (Nord) pour préparer le concours d’entrée à l’École normale supérieure de garçons de Saint-Cloud. Ayant réussi le concours des instituts préparatoires aux enseignements de second degré en 1957, l’année de leur création, il obtint en 1958 à la Faculté des Sciences de Lille le certificat de Physique générale (ancien régime), termina en 1959 la licence de mathématiques (nouveau régime) puis obtint le diplôme d’études supérieures de géométrie supérieure en 1960. Dispensé des épreuves théoriques du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public du second degré, il obtint le concours à l’issue de l’année de formation au Centre pédagogique régional de Lille en 1959-1960, et fut nommé professeur certifié au lycée de Rethel (Ardennes) jusqu’en 1962. Il épousa cette année-là, en juillet, y compris à l’église, Denise Lefebvre, également professeur certifiée, avec laquelle il eut trois enfants devenus pharmacienne, ingénieur de Centrale Paris et médecin.

Au cours de cette période, François Pirot commença à militer. Il fut le premier secrétaire de la section IPES-Sciences de Lille du Syndicat national de l’enseignement secondaire, de 1957 à 1959, se reconnaissant dans le courant « B » ; puis co-secrétaire de la section CPR en 1959-1960. En 1960, il adhéra au Parti socialiste autonome puis il ne fit qu’un passage de quelques mois au Parti socialiste unifié.

À la rentrée 1962, François Pirot fut muté au lycée Blaringhem de Béthune (Pas-de-Calais). Sursitaire, il effectua son service militaire à Arras (Pas-de-Calais), de septembre 1964 à décembre 1965, comme brigadier-chef. Il fut ensuite muté à la rentrée 1966 au lycée Jean Perrin de Lambersart (Nord) où il prit sa retraite en 1998 au grade de professeur certifié hors-classe.

Il avait adhéré au Parti communiste français en janvier 1966 dans la section de Béthune ; il devint immédiatement le secrétaire de la cellule du lycée Jean Perrin. Il s’investit en même temps un peu plus dans le militantisme syndical dans le nouveau Syndicat national des enseignements de second degré qui venait de naître de la fusion du SNES et du Syndicat national de l’enseignement technique. Tout en étant militant « Unité et action », il fut formé dans la tradition de la pratique de la liste d’Union mise en place par Marie-Joseph Moeglin, Fernand Matton, Cyprien Bocquet et André Dubus. Il estimait devoir beaucoup à ses camarades plus anciens et maintint plus tard la tradition de la liste d’Union.

François Pirot entra à la commission administrative du S3 de Lille en 1971 et devait en rester membre jusqu’en 1998. De 1971 à 1973, il fut secrétaire adjoint, auprès de Dubus, du S2 du Nord qui avait toujours un peu de mal à exister. En 1973, il en devint le secrétaire jusqu’en 1993, en cherchant à affirmer l’identité du S2 à côté du S3. À ce titre, il siégea de 1971 à 1992 à la CA de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale dans l’opposition à la majorité « Unité, indépendance et démocratie ».

Il apparut pour la première fois sur la liste U-A aux élections à la CA nationale du SNES en 1979, sans être élu. En 1993, candidat présenté par la liste d’Union pour succéder à Liliane Denis, il fut élu secrétaire du S3 de Lille, responsabilité qu’il occupa jusqu’en 1997, à la veille de sa prise de retraite. Il fut alors élu au cours de ces quatre années membre de la CA nationale et remplaça Liliane Denis comme membre titulaire du bureau national. Témoin de l’exclusion du SNES et du Syndicat national de l’éducation physique et sportive de la FEN en 1992-1993 puis acteur de la création de la Fédération syndicale unitaire, il fut un des organisateurs de l’action lors des grèves de la fin de l‘année 1995 contre le réforme Juppé de la sécurité sociale.

Tout au long de cette période nordiste, François Pirot poursuivit son militantisme au PCF dont il était toujours adhérent en 2013. Il demeura membre du comité fédéral (devenu départemental) du Nord de 1971 à 2005. Chef de file des communistes sur les listes de gauche aux élections municipales de 1977 et de 1983, il fut conseiller municipal communiste dans sa commune, à Lambersart, de 1983 à 1989, dans l’opposition au maire centriste Georges Delfosse, remplacé après son décès en 1988 par Marc-Philippe Daubresse. Il fit partie de la liste de « rassemblement citoyen » soutenue par le PCF, la LCR et les Alternatifs aux élections municipales de 2008 à Lambersart.

De 2000 à 2005, il présida également l’Espace Marx Nord-Pas de Calais et fut, au sein de cette association, l’un des fondateurs de la Bibliothèque du Mouvement Ouvrier International (BiMoi), centre de documentation et d’archives ouvrières du Nord-Pas de Calais, créée en 2013.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157910, notice PIROT François, Émile par Alain Dalançon, version mise en ligne le 6 avril 2014, dernière modification le 12 février 2018.

Par Alain Dalançon

François Pirot
François Pirot
au conseil national du SNES juin 1983 (coll. IRHSES)
Au congrès du SNES de 1993
Au congrès du SNES de 1993
(coll. IRHSES)

SOURCES : Arch. IRHSES (notamment Bulletins et archives du S3 de Lille). — Arch. du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Jacques Girault.

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