EDDE Georges

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 6 février 1899 à Doudeville (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 2 janvier 1942 au stand de tir du Madrillet, Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime ; mutilé de la Première Guerre, invalide à 100 % ; dénoncé et fusillé pour détention illégale d’armes.

Invalide de guerre avant l’âge de vingt ans, Georges Edde, clerc de notaire, était devenu représentant de commerce à Doudeville, bourg du pays de Caux. Le 14 novembre 1941, un Feldgendarme, en possession d’une note de la Kommandantur et d’un plan de l’habitation des Edde, se rendit chez eux. Edde avait été dénoncé et il venait pour enquêter. Personne n’était au domicile, le FG entra, procéda à la fouille et découvrit un revolver et un sabre. Mais apparemment d’autres armes auraient dû être cachées. Il repartit après avoir fait perquisitionner la gendarmerie pour procéder dans la soirée à son arrestation (rapport Sûreté nationale du 22 mai 1957). Le lendemain, nouvelle perquisition en présence de Georges Edde, il passa aux aveux et un fusil et une carabine furent découverts ainsi que des munitions.
À la Libération sa femme et la sœur de sa femme furent arrêtées, elles étaient à l’origine d’une dénonciation involontaire contre Edde : alors qu’elles étaient dans un café et qu’un Allemand tentait de converser avec elles, il surprit les paroles suivantes : « Si mon mari me voyait, il me descendrait. » Il les questionna alors sous la menace de les conduire à la FK et l’épouse dénonça son mari.
Le 23 décembre 1941 le tribunal militaire allemand siégeant à Rouen (FK 517) condamna à mort pour détention d’armes Paul Gontier ainsi que Georges Edde. Les deux hommes furent passés par les armes ensemble le 2 janvier 1942 au stand du Madrillet. Le troisième fusillé du Madrillet, en ce début 1942, le fut pour un motif analogue et sur dénonciation : c’était Marcel Denoyelle, le 16 janvier 1942.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157991, notice EDDE Georges par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 2 juin 2014, dernière modification le 16 octobre 2020.

Par Jean-Paul Nicolas

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty et Jean-Pierre Besse). – Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944, édité par l’Association départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime. 1994. – Collectif : Le palais de justice de Rouen, chap. 9, « Les Fusillés des Pas-Perdus » par Adrien Renaudin (qui se réfère aux écrits de l’abbé Bellamy), 1977.

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