LAMBARD Paul, Maurice, Evariste

Par Jean-Pierre Besse, Jean-Paul Nicolas

Né le 27 novembre 1885 à Maromme (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 31 mars 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; entrepreneur en Fonderie à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; résistant membre de la Direction générale des études et recherches (DGER).

Ancien combattant mobilisé d’août 1914 à avril 1919, Paul Lambard était chef d’entreprise à Grand-Quevilly (Fonderies Quevillaises) et y demeurait. Il fut arrêté à Grand-Quevilly, sur dénonciation le 8 août 1941 pour « avoir hébergé une personne qui possédait un poste TSF clandestin dans une valise ». Il fut accusé de « propagande anti-allemande, intelligence avec l’ennemi et espionnage » – dans le cadre de « l’affaire Pironneau. Résistant au réseau Saint-Jacques ».
Incarcéré à Fresnes, le tribunal militaire allemand du Gross Paris (rue Boissy-d’Anglas, VIIIe arr.) le condamna à mort le 23 mars 1942. Il a été fusillé le 31 mars 1942 au Mont-Valérien où plus de vingt-trois patriotes furent passés par les armes ce jour-là.
Paul Lambard était chargé de mission 2e classe à la DGER. Il fut homologué capitaine des Forces françaises combattantes (FFC).



L’abbé allemand Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Mardi 31.3.42
Lever 5 heures, 15 otages au Cherche-Midi (attentat du Havre). Arrivé à 6 heures du matin, une partie d’entre eux sont des Juifs du camp de Drancy, quelques communistes, et d’autres déjà condamnés par le tribunal militaire.
....
Lorsque j’arrivai à la maison (12h20), je trouvai un appel, 2 prisonniers doivent être exécutés, l’un à Fresnes, l’autre au Cherche-Midi. Déjeunai rapidement, partis pour Fresnes, préparai Lambard, bonne confession et communion, récitai la prère des mourants. Puis avec lui au Cherche-Midi, y prépara Lucien Frémont, bonne confession et communion ; originaire de Caen, y avait été condamnée à mort il y a 9 mois, aujourd’hui confirmée, avait hébergé des parachutistes français (de Gaulle) et les avait aidés à s’évader, 42 ans, 5 enfants, élevé chez les jésuites ; il donnait sa vie pour sa famille, sa foi et sa patrie. Nous priâmes ensemble, belle mort des deux (4 heures), surnaturelle. Juste avant de mourir Frémont glissa une image du Sacré-Coeur de Jésus dans la poche de son manteau, qu’il n’avait jamais abandonnée pendant la guerre et avec laquelle il voulait mourir. Lambard garda son chapelet jusqu’à la fin, me le remit. Enterrés à Ivry. Frémont : 39e div. 2e ligne, n°29. Lambard : 39 div. 1e ligne n°26. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158077, notice LAMBARD Paul, Maurice, Evariste par Jean-Pierre Besse, Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 13 avril 2014, dernière modification le 3 novembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Jean-Paul Nicolas

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime : cote 51W428 (rapports des RG aux préfets sur les fusillés). Registre matricule de Paul Lambard (ADSM). – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3. – Site Internet Mémoire des Hommes. — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 75.

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