MÈCHE Lucien, Georges [dit Jean]

Par Daniel Grason

Né le 16 novembre 1909 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; plombier-couvreur ; résistant FTPF.

Plaque sur le monument aux morts de Goussainville
Plaque sur le monument aux morts de Goussainville

Fils d’Augustine Ollivier, teinturière, Lucien Mèche fut légitimé par le mariage de sa mère avec Georges Mèche le 25 août 1914 en mairie de Saint-Denis. Lucien Mèche obtint à l’issue de l’école primaire le CEP. De la classe 1929, il effectua son service militaire au 152e Régiment du génie à Colmar (Haut-Rhin) d’octobre 1930 à octobre 1931. Il adhéra au Parti communiste en 1936 alors qu’il travaillait chez Lavalette à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), et resta dans l’organisation jusqu’à son interdiction en septembre 1939.
Il épousa Andrée Perrochon le 1er juillet 1939 en mairie de Saint-Denis. Le coupla habitait la ville au 98 bis boulevard Anatole-France. Deux enfants naquirent, l’un en 1941, l’autre en 1943. Mobilisé le 5 septembre 1939 au 103e Régiment d’infanterie, il fut de retour dans ses foyers le 1er août 1940. Il exerça son métier de plombier-couvreur à L’Installation rationnelle au 104 boulevard de Clichy à Paris (XVIIIe arr.). En janvier 1943, il partit travailler en Allemagne, revint le 10 avril pour une permission de dix jours pour la naissance de son second enfant.
Ne voulant pas retourner travailler en Allemagne, il quitta Saint-Denis pour vivre chez une tante de sa femme dans l’Indre et y resta jusqu’au 24 juin 1943. Se doutant qu’il était recherché, il évita de résider à Saint-Denis et trouva refuge chez ses parents à Goussainville (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), où il resta une huitaine de jours. Début juillet, il alla chez sa sœur Marguerite, épouse Kwiatek, au 32 rue Alphonse-Helbronner à Saint-Ouen. Elle l’hébergea. Lucien Mèche dissimula le fait qu’il était en cavale.
Début août, Lucien Mèche rencontra l’un de ses anciens camarades de travail de chez Lavalette, Robert Valet. Il lui expliqua qu’il était réfractaire. Valet lui proposa de le mettre en contact avec une « organisation de patriotes » ; il accepta la proposition. Huit jours plus tard, il rencontra « Petit Pain » à Saint-Denis. Le 7 août, nouvelle rencontre, « Petit Pain » lui remit des tickets d’alimentation et lui expliqua que l’activité de l’organisation consistait à chasser l’envahisseur allemand, Mèche matricule 3113, s’appela désormais Jean. Deux nouveaux contacts eurent lieu avant de se retrouver le 10 août à la gare du Nord à destination de Creil avec « Courtieux » et « René ». Huit FTP descendaient du train à Clermont (Oise). Ils tentèrent dans la nuit de saboter une voie ferrée sur la ligne Paris-Lille dans le secteur de Breuil-le-Vert. Pour des raisons méconnues, l’action échoua.
La Brigade régionale de sûreté appréhenda Lucien Mèche le 26 août 1943 à Liancourt (Oise). Il fut emmené à la maison d’arrêt de Clermont. Alerté, quatre inspecteurs de la BS2 interpellèrent le 2 septembre à 8 heures sa sœur Marguerite Kwiatek aux établissements Nestlé 23 avenue Michelet à Saint-Ouen où elle travaillait comme manutentionnaire. Son domicile fut perquisitionné et les policiers saisirent un carnet annoté appartenant à Lucien Mèche, sa carte de travail allemande et ses fiches de paie. À l’issue d’une audition, elle fut mise hors de cause.
Après son interrogatoire par les policiers de la Brigade de sûreté et de la BS2, Lucien Mèche fut incarcéré à la prison de Fresnes. Avec Aubert et Giovanelli il était membre de la région III dépendant de l’Interrégion parisienne. Il comparut le 1er octobre 1943 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « activité de franc-tireur », il fut passé par les armes le 6 octobre 1943 à 16 h 13 en compagnie d’André Aubert et Archange Giovanelli. Yvon Leclercq, mouleur chez Jacques, fut jugé pour « complicité de menées terroristes » ; il fut déporté, classé « NN » (Nuit et brouillard) et mourut le 2 février 1944 en déportation à Sarrebruck (Allemagne).
Le nom de Lucien Mèche figure sur la stèle commémorative du cimetière de Saint-Denis, hommage du « conseil municipal [...] aux quatre-vingt-quatre [déportés et fusillés] combattants de la liberté » de la ville. Son nom est également inscrit sur la plaque commémorative apposée sur le mur du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) : « À la mémoire des victimes du nazisme fusillés le 6 octobre 1943 » et sur le monument aux morts de Goussainville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158093, notice MÈCHE Lucien, Georges [dit Jean] par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 avril 2014, dernière modification le 16 janvier 2021.

Par Daniel Grason

Plaque sur le monument aux morts de Goussainville
Plaque sur le monument aux morts de Goussainville

SOURCES : Arch. PPo. 77W 667. – DAVCC, Caen, FFM / B VIII dossier 4 liste S 1744-310/43 (Notes Thomas Pouty). – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Saint-Denis.— Site Héros de Goussainville.

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