ILZICER Daniel [écrit parfois ILZIGER]

Par Daniel Grason

Né le 17 septembre 1902 à Varsovie (Pologne), fusillé comme otage le 31 mars 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ferblantier.

Daniel Ilzicer vivait avec son épouse Esther au 19 rue de Turenne à Paris (IVe arr.). La police municipale de l’arrondissement l’arrêta le 18 septembre 1941 en tant que Juif. Daniel Ilzicer n’exerçait selon la police aucune activité militante et était « inconnu comme militant communiste ». Sur ordre des Allemands, il fut interné le jour même au camp de Drancy.
Le 21 février 1942, des résistants menèrent une action au Havre contre des soldats allemands. En représailles, le 31 mars 1942, vingt otages furent passés par les armes au Mont-Valérien, dont Daniel Ilzicer à 9 h 01. Son corps fut inhumé au cimetière de Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine).
Esther Ilzicer, née le 13 décembre 1894, couturière, sans ressource depuis la mort de son mari, vivait misérablement. Elle fut interpellée à son domicile le 18 mai 1943 par la police municipale. Il lui fut reproché de ne pas avoir déclaré un terrain en banlieue sur lequel était stationnée une roulotte. En infraction avec l’ordonnance allemande du 18 octobre 1940, elle fut immédiatement emmenée au camp de Drancy.
Le 18 juillet 1943 elle fut dans le convoi no 57 à destination d’Auschwitz (Pologne). Sur un millier de déportés, 43 hommes et 16 femmes survécurent. Esther Ilzicer n’en était pas.



L’abbé allemand Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Mardi 31.3.42
Lever 5 heures, 15 otages au Cherche-Midi (attentat du Havre). Arrivé à 6 heures du matin, une partie d’entre eux sont des Juifs du camp de Drancy, quelques communistes, et d’autres déjà condamnés par le tribunal militaire.
2 parmi eux étaient réceptifs, aucun ne s’est confessé ou n’a communié : au dernier moment seulement, là haut au fort, avons fait ensemble acte de contrition et récité les dernières prières.
Corre, A., 6, rue Laos, XVe, catholique
Decagny, Paul, cultivateur, Hétomesnil par Lihus (Oise), catholique
Carpentier, René, Moulancourt, par Ville sur Andre, catholique
Guérin, Maurice Paul, 79, rue Henri Barbusse, Clichy, catholique
Noël, Raymond, Pont St. Maxence (Oise)
Souillart, Raymond [en fait Souilliart Raymond]
Aucun d’entre eux ne pratiquait, les autres étaient communistes ou Juifs, dont pour ces derniers, Bernard Lieberman [en fait Liberman Benjamin], croyant, qui avait beaucoup fait le bien, pria et demanda ma bénédiction. Les communistes moururent : "Vive le Parti communiste, la Troisième internationale, Staline, Lénine, Rosa Luxembourg, etc." Avec les "Allons enfants". Le chef [peut-être René Sahors, note de C. Pennetier] affirma que si Dieu et le ciel existaient, alors ils accueilleraient aussi un communiste.
Une partie (7) a été inhumée au cimetière de La Garenne, les autres (8) à Courbevoie ; sépultures pas terminées, c’est pourquoi attendu 3 heures. »

Notons que sur 15 otages ne donne les noms que de 7 d’entre-eux.
Ceux manquants sont pour l’essentiel des Juifs
ainsi
Arbiser Ziskind
Banach Menachem
Gmach Markus
Ilzicer Daniel
Klein Arnost
Rabinowicz Joseph

mais aussi
Lambard Paul
Sahors René
Toulza Clément

Ce qui fait 9 et non 8 selon nos biographies. Un otage aurait échappé à l’abbé Stock. A moins que le rebelle René Sahors ait subi un sort particulier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158114, notice ILZICER Daniel [écrit parfois ILZIGER] par Daniel Grason, version mise en ligne le 13 avril 2014, dernière modification le 15 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 51, 77W 665. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3/AJ41 245 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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