MARCEAU Jean-Baptiste

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 14 novembre 1903 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé le 9 mai 1942 au stand de tir du Madrillet, Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; ouvrier métallurgiste travaillant dans le raffinage de la Basse-Seine à Gravenchon (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Né à Chantenay, quartier nantais des Chantiers Navals de la Loire, Jean-Baptiste Marceau, ouvrier riveteur, vint en 1934 travailler en Basse-Seine dans le raffinage pétrolier à la SFAR (Standard-franco-américaine de raffinage) et vécut à Lillebonne (hameau du Becquet) puis à Notre-Dame-de-Gravenchon (hameau de Fontaineval) (Seine-Maritime), son domicile à son arrestation.
En 1939, il fut mobilisé à son poste de travail à la raffinerie comme affecté spécial. Il avait confié son fusil de chasse, pour qu’il le cache, à Joseph Sénécal de Petiville, village voisin, lui aussi affecté spécial à la SFAR jusqu’en 1940. L’arrestation simultanée des deux hommes le 19 avril 1942 par les gendarmes de Lillebonne, accompagnés de militaires allemands, intervint à la suite d’une dénonciation de Jean Marceau par sa concubine, mère de trois enfants.
Par jugement du tribunal militaire allemand FK 517 (Rouen le 1er mai1942), Jean Marceau et Joseph Sénécal ont été fusillés le 9 mai 1942 au stand de tir du Madrillet à Grand-Quevilly. Un troisième condamné tomba à leur côté le 9 mai 1942 : Joseph Donnet, fusillé comme « otage en représailles ». Dans cette période, les autorités allemandes recherchaient des otages communistes, suite à un déraillement dans le Calvados. Elles en trouvèrent au Front stalag de Compiègne le 10 mai 1942. On peut penser que la sévérité des jugements de la cour martiale allemande à propos d’une histoire de fusil de chasse, n’était pas sans rapport avec cette recherche avide d’otages de la part des autorités d’occupation.
Jean Marceau fut enterré dans le cimetière Saint-Sever, proche du Madrillet. Par la suite (en 1945) sa famille nantaise obtint le transfert de son corps qui repose à Nantes dans le carré des fusillés du cimetière de la Chauvinière. Ce carré des fusillés compte une soixantaine de tombes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158152, notice MARCEAU Jean-Baptiste par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 23 mai 2014, dernière modification le 20 février 2021.

Par Jean-Paul Nicolas

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Jean Pierre Besse et Thomas Pouty). – Arch. Dép. Seine-Maritime, cote 51W428 dossier Fusillés. – Archives dép. Loire-Atlantique, Registre Matricule : Jean Marceau No 4177 classe 1923, 305 J. – Archives mun. Notre-Dame-de-Gravenchon : transcription acte de décès le 3 juin 1942 sur registre état civil de commune de résidence. Indications de Jean Chauvin fils du fusillé nantais Auguste Chauvin. — Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, Nantes, 2001.

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