BARTHOD Michel

Par Claude Cuenot, Gilles Morin

Né le 15 janvier 1929 à Morteau (Doubs), mort en 1991 ; étudiant en philosophie, ouvrier chez Peugeot à Sochaux puis cadre ; directeur général de la société Salomon ; militant du PSU.

Fils de commerçants, Michel Barthod fit ses humanités chez les pères jésuites de Dole. Après le baccalauréat, il effectua un stage durant ses vacances dans une usine d’Aubervilliers. Étudiant en hypokhâgne au lycée Louis le Grand à Paris, il se passionna pour la philosophie. À la suite d’une maladie, il dut quitter le lycée et prépara à la Sorbonne une licence de philosophie. Mais sans doute sous l’influence de son stage d’Aubervilliers, il ne voulut pas être professeur : « Je résolus d’aller travailler à l’usine, afin d’être là où il se passe des choses ».
Sa fiancée, Nelly, avait obtenu un poste d’assistante sociale à Sochaux. Il vint la rejoindre, l’épousa et posa sa candidature chez Peugeot en novembre 1953. Il fut successivement manœuvre à l’emboutissage, puis agent technique de laboratoire à la fonderie. Il adhéra à la CGT et dès 1954, il fut élu au bureau de la section syndicale avec d’autres mensuels comme Georges Minazzi* et au Comité d’entreprise.
Il fut militant du Mouvement de libération du peuple (MLP) puis de l’Union de la gauche socialiste (UGS), puis du Parti socialiste unifié (PSU) de Montbéliard. Membre du bureau politique de l’UGS en 1959, Barthod se prononça contre la fusion avec le Parti socialiste autonome en octobre 1959. Ayant suivi la majorité de son organisation, il fut désigné membre du premier comité politique national du PSU en 1960 et fut réélu en 1961. Il était syndiqué CGT.
En 1961, il reprit ses études de philosophie sur son temps libre et termina sa licence puis passa son diplôme d’études supérieures. Désigné par le comité de gestion de l’association culturelle Peugeot comme permanent pour les expositions et la bibliothèque, il entra rapidement en conflit avec ses camarades, car il souhaita placer la culture « au-dessus de la mêlée ». En novembre 1962, il renonça à toute activité et appartenance syndicale. Il devint ensuite mensuel au service Formation de Peugeot.
Des cadres de Peugeot le mirent ensuite en relation avec la CEGOS, devenue une des grandes sociétés de conseil françaises. Dans cette entreprise, il conjugua ses acquis de l’usine et de l’université. En 1978, il entra chez Salomon, leader mondial dans l’équipement de sports d’hiver, et il en devint le directeur général en 1978.
Nelly Barthod, assistante sociale chez Peugeot, était membre du PSU en 1960-1961 et syndiquée CGT.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15821, notice BARTHOD Michel par Claude Cuenot, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Claude Cuenot, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Robert Roth, syndicat CGT de Sochaux. — Patrick Fridenson, « Malaise dans la représentation : une analyse de Michel Barthod », Entreprise et histoire, n° 26, p. 119-123. — Courrier de l’UGS, 10 octobre 1959. — Tribune socialiste, n° 41. — Marc Heurgon, Histoire du PSU, Paris, éditions de la Découverte, 1994, t. 1, p. 396. — Fichiers des adhérents du PSU 1961.

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