GROIZELEAU Roger, Georges, Louis

Par Biger Brewalan, Annie Pennetier, René-Pierre Sudre

Né le 6 octobre 1920 à Angers (Maine-et-Loire), fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; membre du groupe Élie, Confrérie Notre-Dame (CND) Castille.

Dans cet avis son nom a été déformé en Grouzeleau.

Roger Groizeleau vécut à Brest durant cinq mois, au 18 de la rue Bugeaud. Ce célibataire travaillait comme manœuvre à l’établissement Armor (comme Joseph Thoraval, membre du même groupe) et jouissait d’une bonne réputation dans son entourage. Il appartenait au groupe de résistance formé dès novembre 1940 par Louis Élie, entrepreneur de transports, dont la plupart des membres faisait partie du patronage Saint-Martin. En janvier 1941, Roger Groizeleau avait cherché à rejoindre l’Angleterre à partir de Roscoff en compagnie de Joseph Thoraval (lui aussi fusillé). Leur projet consistait à s’emparer de la vedette allemande affectée à la surveillance des côtes. Arrêtés au port, ils échappèrent au pire grâce à un alibi (un prétendu bal à l’île de Batz) et furent libérés après un certain temps à la prison de Pontaniou à Brest.
La mission du groupe Élie consistait notamment à récupérer des armes dans des cafés fréquentés par les Allemands. C’est lors d’une de ces opérations, le 28 avril 1941, que se joua le destin du groupe, lors d’une bagarre dans un café de la rue Blanc avec plusieurs soldats allemands. Si tous parvinrent à s’échapper, la Gestapo, par l’arrestation d’un suspect, mit ensuite la main sur une liste où figuraient plusieurs noms de membres du groupe Élie, qui furent arrêtés les uns après les autres. Interpellé le 19 mai 1941 à Brest par les autorités allemandes, incarcéré à Brest puis à Fresnes à partir du 5 juillet 1941, Roger Groizeleau fut condamné à mort le 22 novembre 1941 par le tribunal militaire allemand du Gross Paris, rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), en dépit de l’intervention du préfet du Finistère, qui axa sa défense sur sa situation familiale périlleuse, et fusillé au Mont-Valérien le 10 décembre 1941 avec dix autres résistants.
Son corps fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine, fosse 39, puis transféré le 18 juillet 1947 au cimetière d’Angers.
Un service religieux célébré en mémoire du groupe Élie à Saint-Martin le 8 janvier 1942 réunit plusieurs centaines de personnes.
Par une lettre du 17 décembre 1941, le maire de Brest demanda à de Brinon, d’intervenir auprès des autorités allemandes pour que les corps de onze brestois dont Robert Bussilet, soient rendus aux familles. Sans succès.
Reconnu Mort pour la France, il a été homologué agent des FFC et Interné résistant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158316, notice GROIZELEAU Roger, Georges, Louis par Biger Brewalan, Annie Pennetier, René-Pierre Sudre, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 10 juillet 2021.

Par Biger Brewalan, Annie Pennetier, René-Pierre Sudre

Dans cet avis son nom a été déformé en Grouzeleau.

SOURCES : AVCC, Caen, B VIII 4 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Finistère, 200 W 84 (exécutions). – Arch. mun. Brest. — Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand, Le Finistère dans la Guerre (1939-1945), t. 1 : L’Occupation, p. 247-250. – Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, master 1, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. — SHD Vincennes, 16P 271606. — Répertoire des fusillés du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine.

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