GUÉGUEN Roger, Pierre, Jacques

Par Biger Brewalan, René-Pierre Sudre

Né le 1er septembre 1924 à Vernouillet (Seine-et-Oise), fusillé le 15 mai 1944 à la pointe de Mousterlin, Fouesnant (Finistère) ; membre du mouvement Vengeance du Faou.

Fils de Yves Guéguen, menuisier, et de Marie Anne Billant, sans profession, Roger Guéguen travaillait comme soudeur-ajusteur au bourg de Quimerc’h. Célibataire, il s’occupait de sa mère. Il s’engagea dans la Résistance, dans le mouvement Vengeance basé au Faou. Le 27 avril 1944, il fut capturé par la Sipo-SD de Landerneau, soupçonné d’avoir participé à la réception de parachutage et de transport d’armes.
Interné à la prison de Landerneau, à la prison Pontaniou de Brest, il fut transféré à la prison Saint-Charles de Quimper.
Il fut, pour ses activités de résistant, condamné à mort par le tribunal allemand FK 752 à Quimper, le 15 mai 1944, et fusillé le jour même en compagnie de quatorze autres personnes (maquisards ou membres du mouvement Vengeance) à la pointe de Mousterlin.
Reconnu Mort pour la France,il a été homologué Interné résistant (DIR) et FFI.

Quimper, le 15 mai 1944.
 
Ma chère Maman,
 
Je t’envoie ma dernière lettre quelque temps avant ma mort.
Je suis resté en très bonne santé jusqu’ici. Je pense lorsque tu la recevras,
çà ne te fera pas trop souffrir, car moi, je vais mourir en bon Français. C’est
triste, je le sais, mais je n’ai pas réfléchi lorsque j’ai fait cela. Tâche d’être très
dure en apprenant cette nouvelle. Je ne suis pas le seul : 15 camarades sont
dans mon cas.
Tâche de faire des heureux avec tous mes habits que j’ai à la maison.
Sois heureuse toute seule, car quand je pense à tout cela, c’est très triste,
ma chère Maman, je pense que plus tard, on se reverra dans un autre monde.
Je ne vois plus grand chose pour te faire souffrir. Embrasse bien tout le
monde de ma part.
Si Papa eut été sur la terre à cette heure-ci, il m’aurait compris. Plus tard, tu
pourras parler de moi, car pour ce que j’ai fait, c’est rien.
J’ai remis ma bague à M.l’abbé Pichon et sans doute tu l’auras. Si tu veux
lui parler, va le voir à Saint-Corentin, il pourra te dire le moral qu’on a tous
réussi à tenir. C’est très triste pour toi seule sur la terre.
Je ne veux pas te faire plus de misère, et je te laisse en t’embrassant bien
fort jusqu’à la mort.
VIVE LA FRANCE !
ROGER.

(Voir aussi : Henri Arnal, Jean Brosset De La Chaux, Maxime Dubois, Nicolas Filatow, Jacques Guillou, Louis Guillou, Louis Kerhoas, Robert Le Cren, Jean Le Foll, Joseph Le Velly, Charles Levenez, Gustave De Neve, Laurent Pennec, Philippe Petroschitzki.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158328, notice GUÉGUEN Roger, Pierre, Jacques par Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, version mise en ligne le 12 mai 2014, dernière modification le 31 mars 2021.

Par Biger Brewalan, René-Pierre Sudre

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 4 (Notes Thomas Pouty), AC 21 P 620670.— SHD, Vincennes GR 16 P 273840 (nc).— Arch. Dép. Finistère, 200 W 84 (exécutions). – Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand, Le Finistère dans la Guerre (1939-1945), t. 1 : L’Occupation, p. 348. – Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, master 1, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. – État civil.

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