KÉRANDEL Jean-Marie

Par Biger Brewalan, René-Pierre Sudre

Né le 3 juin 1883 à Ploudalmezeau (Finistère), fusillé le 28 juin 1940 à Brest (Finistère) ; cultivateur ; résistant, premier Finistérien fusillé par les Allemands.

Jean-Marie Kérandel
Jean-Marie Kérandel
Crédit : Gildas PRIOL

Fils de François Marie Kerandel et de Marie Philomène Menguy, Jean-Marie Kérandel, cultivateur comme ses parents était marié et père de huit enfants. Il était domicilié au lieu-dit Saint-Quénan à Plouguerneau, commune de la côte des Abers, dans le Nord Finistère.
Le 18 juin 1940, un avion allemand de type Junker 88 fut abattu aux alentours de Plouguerneau. Cet événement insolite attira une foule nombreuse sur le lieu de l’accident (dont Kérandel). Si trois aviateurs allemands furent facilement capturés, les esprits s’échauffèrent quand un couteau fut découvert sur un quatrième Allemand. Ce dernier fut malmené, sans pour autant être molesté. L’armistice du 22 juin entraîna la libération des pilotes, puis la recherche des agresseurs. Le jour même, Jean-Marie Kérandel fut arrêté par la Wehmarcht en compagnie de Jean Balcon. Ils subirent six jours d’interrogatoire au bout desquels la culpabilité de Jean-Marie Kérandel ne fut pas prouvée de façon satisfaisante, un des membres de l’équipage allemand disant que l’agresseur avait une cicatrice sur la main gauche, ce qui n’était pas le cas de l’inculpé. Il connaissait le coupable des maltraitances mais ne le dénonça pas.
Conduit à la prison de Pontaniou à Brest, il fut quand même condamné à mort par un conseil de guerre le 27 juin et fusillé le 28 juin 1940, devenant ainsi le premier d’une longue liste de suppliciés.

Reconnu Mort pour la France, il obtint le titre d’Interné résistant (DIR). Il a été décoré de la médaille de la Résistance le 8 septembre 1961, parution au Journal officiel le 22 septembre 1961.
Sur le monument aux morts (1939-1945) de Plouguerneau, il est honoré par son buste en bas-relief regardant vers son domicile de Saint-Quénan.
Les noms gravés des victimes sont : Jean-Marie Kérandel , François Léon , Jacques Normand, Gabriel Le Roy , Jean Sanquer

Jean Balcon (né le 23 mai 1905 à Plouguerneau) déporté le 4 septembre 1940 et emprisonné à Siegburg et Hameln fut libéré le 7 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158335, notice KÉRANDEL Jean-Marie par Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, version mise en ligne le 30 avril 2014, dernière modification le 30 janvier 2022.

Par Biger Brewalan, René-Pierre Sudre

Jean-Marie Kérandel
Jean-Marie Kérandel
Crédit : Gildas PRIOL
Plouguerneau monument aux morts 1939-1945
Plouguerneau monument aux morts 1939-1945

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 4 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Finistère, 200 W 84 (exécutions). – Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand, Le Finistère dans la guerre (1939-1945), t. 1 : L’Occupation, p. 68, 69, 395. – Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, master 1, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. – Christian Bougeardd, Histoire de la résistance en Bretagne, Les universels Gisserot, 1992. — État civil. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 318124 (nc). — FMD. — Claire Andrieu, Tombés du ciel, Le sort des pilotes abattus en Europe 1939-1945, p. 46, Tallandier/ Ministère des armées, 2021.— Note et photos du monument de Nadette Kérandel, janvier 2022.— Notes Annie Pennetier.

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