LATIL Émile, Fernand, Hyppolite [Pseudonyme : Nicolas, Jean Rivière]

Par Thérèse Dumont, Jean-Marie Guillon

Né le 4 octobre 1902 à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var), artisan peintre, membre du Comité départemental de Libération (CDL) des Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) pour le Front national.

Originaire de Sisteron, veuf, avec un enfant de dix ans, Émile Latil était artisan peintre à Oraison (Alpes-de-Haute-Provence). Il avait été désigné par le Parti communiste pour prendre contact avec les Mouvements unis de Résistance (MUR). Il participa à une réunion à Oraison en mai 1944 qui fut le premier contact officiel entre la résistance communiste et Louis Martin*-Bret, chef départemental Mouvements unis de Résistance-Armée secrète (MUR-AS). Il était recherché par les Allemands. Le 7 juillet 1944, des membres français de la 8e compagnie Brandebourg, se faisant passer selon leur pratique habituelle pour des résistants, prirent contact à Sisteron avec son frère, Georges Latil, résistant lui aussi, et l’arrêtèrent. Ils le remirent à la Feldgendarmerie. Roué de coups, Georges Latil fut interné à l’école primaire supérieure, puis à nouveau interrogé, cette fois-ci par les agents de la Sipo-SD, à la Feldgendarmerie, avant d’être conduit au siège de la police allemande, villa Marie-Louise, à Digne, où il fut à nouveau violemment frappé jusqu’à en perdre connaissance (il fut ensuite déporté à Mauthausen, Autriche). Mais, c’est son frère que les Allemands recherchaient. Celui-ci fut pris à son tour par les éléments Brandebourg, le 16 juillet 1944, avec les membres du CDL des Basses-Alpes réunis à Oraison. Certaines sources affirment que les Brandebourgeois, se faisant passer pour des maquisards, l’auraient conduit à la mairie et proclamé maire de la Résistance avant de dévoiler leur jeu.
Remis à la Gestapo, emprisonné aux Baumettes à Marseille (Bouches-du-Rhône), il a été fusillé avec ses camarades et d’autres résistants, après un jugement sommaire sur place, le 18 juillet, au fond d’un vallon isolé, dans les bois de Signes (Var). Les corps furent exhumés le 17 septembre 1944. Les corps ont été découverts en septembre 1944. Un monument funéraire a été inauguré le 18 juillet 1946 dans le lieu, connu désormais comme le « Vallon des fusillés », devenu nécropole nationale en 1996.
D’autre part, un monument à Oraison rappelle l’arrestation du 16 juillet.
Émile Latil fut décoré de la Médaille de la Résistance 6 septembre 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158384, notice LATIL Émile, Fernand, Hyppolite [Pseudonyme : Nicolas, Jean Rivière] par Thérèse Dumont, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 5 mai 2014, dernière modification le 10 octobre 2021.

Par Thérèse Dumont, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Mémoire des hommes, SHD Vincennes GR 16 P 341076 (nc). – CDIHP. – Le Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Digne, 1992. – Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes-de-Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983 et rééd. 1990. – Claude Sauve, Oraison, origine historique des noms des rues, Oraison, Office de tourisme, sd. – Jean Vial, Un de l’AS bas-alpine. Souvenirs d’un résistant, 1re édition Marseille, imprimerie Villard, 1947. – Renseignements fournis par Guillaume Vieira.

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