PIERRE Marcel, Jules, Louis

Par Jean-Paul Martin

Né le 7 août 1924 à Revin (Ardennes), mort le 19 novembre 1996 à Toulouse (Haute-Garonne) ; professeur de philosophie ; secrétaire fédéral du PSU dans la Loire (1963-1968).

Marcel Pierre est issu d’une famille ouvrière ardennaise, petit-fils de mouleur et d’ardoisier, fils d’un comptable. Il fit ses études supérieures à Paris ; licencié –es-lettres à ans, diplômé d’études supérieures de philosophie à vingt-deux ans, il obtint ensuite le CAPES et fut bi-admissible à l’agrégation.
En 1953 il fut nommé professeur à l’École normale d’instituteurs de Montbrison (Loire) où il était également chargé d’un cours de psycho-pédagogie. Il y participa à la création d’une section de l’UGS en 1957 et s’engagea ensuite au PSU.
Il rejoignit Saint-Étienne lors du transfert de l’école normale en 1963. La même année, il fut choisi comme secrétaire fédéral du PSU de la Loire en remplacement de Marc Coste. À ce titre Marcel Pierre s’engagea fortement dans la vie politique locale. Il fut candidat à des élections cantonales à Saint-Étienne en mars 1964, septembre 1967, puis à nouveau, pour la dernière fois, en mars 1970. Aux élections législatives de mars 1967 dans la première circonscription de la Loire (Saint-Étienne-Nord), il n’eut pas de concurrent de la gauche non-communiste au premier tour, mais se désista en faveur du candidat communiste Michel Olagnier, arrivé devant lui (sans empêcher la victoire du candidat centriste, le maire Michel Durafour). Aux élections municipales de 1965 à Saint-Étienne, où le PSU avait fait alliance avec le PCF, il figurait en troisième position sur la liste d’Union démocratique conduite par les communistes Michel Olagnier et Claudius Buard ; la liste ne fut pas élue, quoiqu’arrivée en tête au premier tour des quatre en compétition.
Marcel Pierre fut également un des fondateurs du Centre d’Études Socialistes (CES) de Saint-Étienne, avec Marc et Huguette Bouchardeau, André Garnier, Pierre Héritier, et Bruno Vennin. Il y anima lui-même des conférences sur les partis politiques et l’histoire du socialisme, un sujet auquel il consacra une remarquable étude en 1964 où il retraçait l’évolution et les crises des principaux courants du socialisme français jusqu’à la naissance du PSU. Il s’est aussi particulièrement investi sur les problèmes culturels stéphanois, à l’occasion du projet de création de la Maison de la Culture. Il organisa notamment une table ronde sur ce thème en octobre 1966 avec des syndicalistes, des militants culturels et des responsables de foyers de jeunes et publia des articles documentés et critiques tant sur l’attitude des collaborateurs de Malraux au ministère des Affaires culturelles que sur celle du maire de Saint-Étienne Michel Durafour.
Il participa aux principales manifestations dont le PSU de la Loire fut à l’initiative ou auxquelles il fut associé : colloques stéphanois sur l’économie régionale (6 juin 1964) et sur le logement et l’urbanisme (12 juin 1965), colloque de Grenoble (30 avril-1er mai 1966) sous l’égide de Pierre Mendès-France, colloque d’Oullins (3 décembre 1966) sur les problèmes de l’économie régionale.
Militant laïque, Marcel Pierre eut également l’occasion de faire de nombreuses causeries aux parents d’élèves de la FCPE sur la presse enfantine et les loisirs des jeunes. Il y déployait ses talents et ses compétences d’éducateur, doublés d’une faculté d’accueil et de compréhension qui en faisait aussi un enseignant très estimé des futurs instituteurs qu’il avait la responsabilité de former.
Il se montra réservé par rapport à certaines formes de la contestation étudiante en Mai 1968, et abandonna peu après sa fonction de secrétaire fédéral du PSU, où Marc Bouchardeau lui succéda.
Ayant passé le certificat d’aptitude à l’inspection primaire et à la direction des Écoles Normales, Marcel Pierre devint quelque temps Inspecteur départemental de l’Éducation nationale (détaché dans la fonction d’inspecteur-professeur). Proposé pour le poste de directeur de l’École Normale d’instituteurs de Loire-Atlantique, sa nomination fut empêchée par une intervention du ministre Oliver Guichard. Il se vit alors proposer le même poste à Angoulême (Charente) et quitta la région stéphanoise à la rentrée 1970 pour prendre cette nouvelle fonction qu’il exerça jusqu’à sa retraite. Il n’eut plus alors d’activités directement politiques. En Charente il fonda le CFOSEP (Centre de Formation Omnisports et Professionnelle) d’Angoulême, qui porte son nom (la rue qui longe le bâtiment s’appelle également rue Marcel-Pierre à la suite d’une décision du Conseil municipal). Il s’impliqua aussi dans la création du Musée de l’École publique d’Aubeterre-sur-Dronne. Il était commandeur des Palmes Académiques.
Marcel Pierre avait des préoccupations spiritualistes et pendant son séjour dans la Loire il avait entrepris une thèse sur la pensée de Jean Jaurès, plus précisément sur les rapports entre socialisme et religion. Il passait une partie de ses vacances dans la patrie de Jaurès à la recherche d’éléments nécessaires à ce travail universitaire, dont on ignore l’aboutissement. Il s’intéressait aussi à Benoît Malon.
Marcel Pierre se maria le 1er avril 1950 à Troyes (Aube) avec Suzanne, Marie, Louise Lepagnol. Divorcé, il se remaria le 11 août 1971 à Saint-Brévin les Pins (Loire-Atlantique) avec Marguerite, Marie Lanovaz. Il décéda à Toulouse chez sa fille ainée. De son premier mariage, il avait eu deux filles dont la cadette, lourdement handicapée, décéda à Toulouse quelques mois avant lui. Ils sont inhumés tous les deux au cimetière d’Anères (Hautes Pyrénées).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158474, notice PIERRE Marcel, Jules, Louis par Jean-Paul Martin, version mise en ligne le 27 avril 2014, dernière modification le 21 janvier 2021.

Par Jean-Paul Martin

OEUVRE :
Principaux écrits
- « Le socialisme français à l’épreuve de l’histoire », Perspectives socialistes, revue mensuelle de recherches socialistes, n° 63-64, août-sept 1964, 62 p. — Sur les problèmes culturels à Saint-Étienne, série d’ articles parus dans Loire-Informations, organe du CES :
« La Maison de la culture sera-t-elle une maison de la culture populaire ? », n° 28, mai 1966
« Les problèmes culturels à Saint-Étienne », n° 29, octobre 1966
« Les débats sur les questions culturelles à Saint-Étienne », n° 30, novembre 1966
« Financement et statuts des maisons de la culture », décembre 1966
« La Comédie de Saint-Étienne sera-t-elle à la Maison de la Culture ? », n° 34, janvier 1968

SOURCES : Notes de Jacques Girault (Arch. Nat., 581AP/105). — Article nécrologique de Paul Guyot paru dans La Tribune-Le Progrès de Saint-Étienne, le 14 décembre 1996. – Biographie parue dans Loire 67, supplément à Tribune socialiste, n° 314, à l’occasion des élections législatives de 1967– Souvenirs personnels et renseignements communiqués par Claudie Pujau, fille de Marcel Pierre.

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