BOICHOT Jean-Baptiste.

Par Francis Sartorius

Villers-sur-Suize (département de la Haute-Marne, France), 20 août 1820 - Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 8 décembre 1895. Militaire français exilé en Belgique, actif dans les milieux socialistes belges.

Sous-officier de l’armée française, celui qu’on appelle familièrement le sergent Boichot est élu représentant du peuple en 1849. Siégeant à la Montagne, il est contraint à l’exil la même année et se réfugie en Suisse. De 1852 à 1854, il est à Londres où il conspire contre Napoléon III. Revenu clandestinement à Paris en 1854, Jean-Baptiste Boichot est arrêté et emprisonné jusqu’en 1859, moment où il est amnistié. Il refuse de rester en France et gagne la Belgique où il vit jusqu’à sa mort.

Fort actif dans les milieux socialistes belges, Jean-Baptiste Boichot y devient une figure légendaire grâce à son passé révolutionnaire. Toutefois on ne le prend guère au sérieux car ses écrits s’appliquent à des sujets vraiment trop éloignés les uns des autres comme, par exemple, Révolution dans l’armée française et Notions sur l’astronomie sans compter une comédie en quatre actes, La fiancée du proscrit. Citons à ce propos un compte rendu macaronique dans Le libre examen du 1er août 1865 à propos de la Révolution dans l’armée française : « Même si l’on n’est pas d’accord, on doit reconnaître à Boichot une pensée utile, honnête et digne de la sérieuse attention de tous les amis du progrès ».

Jean-Baptiste Boichot apparaît à distance comme l’archétype de l’autodidacte, féru de théories sociales mal assimilées, dont la bourgeoisie va se faire, tout au long du XIXe siècle, une « tête de turc ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158589, notice BOICHOT Jean-Baptiste. par Francis Sartorius, version mise en ligne le 3 mai 2014, dernière modification le 3 janvier 2020.

Par Francis Sartorius

SOURCES : Archives de la ville de Bruxelles, Fonds de la police, Dossier Boichot – Bulletin du dimanche, Bruxelles, 4 juin 1865 – SAINT-FERRÉOL A., Les proscrits français en Belgique ou la Belgique contemporaine vue à travers l’exil, 1e partie, Bruxelles, 1870 – L’Internationale, Bruxelles, 4 juillet 1869 – La liberté, Bruxelles, 11 juin 1865 ; 24 mars 1865 ; 5 novembre 1871 – Le libre examen, Bruxelles, 1er août 1865 ; 20 février 1867 – Nouvelle tribune du peuple, Bruxelles, 11 avril 1869 – Revue trimestrielle, Bruxelles, avril 1863 – Revue britannique (édition franco-belge), 1862 – TROUBAT J.A., Souvenirs du dernier secrétaire de Sainte-Beuve, Paris, 1890 – FABER V., Histoire du théâtre français en Belgique depuis ses origines jusqu’à nos jours. D’après des documents inédits reposant aux Archives générales du Royaume, 5 vol., Bruxelles-Paris, 1878-1880 – DURUY V., Notes et souvenirs (1811-1894), Paris, 1901 – WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), deel I, Leuven-Paris, 1970 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 60).

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