BRAAS Louis-Joseph.

Par Francis Sartorius

Floreffe (pr. et arr. Namur), 1800 – Hanret (aujourd’hui commune d’Eghezée, pr. et arr. Namur), 1864. Avocat, fondateur du Courrier de la Sambre, républicain participant à la Révolution belge de 1830, fondateur de la section namuroise de l’Association nationale belge, conseiller communal puis échevin à Namur, conseiller provincial de Namur.

Louis-Joseph Braas fait ses études moyennes au Petit Séminaire de Floreffe puis entame des études de droit à l’Université catholique de Louvain. Diplômé en 1826, il se fixe à Namur pour y exercer la profession d’avocat dès 1827. Il est, peu après, fort marqué par la correspondance qu’il échange avec Lamennais. La Révolution de 1830 le trouve aux côtés des révolutionnaires. Il a des contacts étroits et suivis avec des personnalités favorables au nouveau régime mais à un nouveau régime teinté de républicanisme tels que Louis de Potter, Pierre-François Van Meenen, Jean-François Tielemans et Natalis Briavoinne.

Louis-Joseph Braas fonde à Namur, peu avant la chute du régime hollandais, un journal, Le Courrier de la Sambre, ce qui lui permet de diffuser ses idées hostiles au régime en place. Après septembre 1830, les partisans de l’instauration d’une république en Belgique voient en Braas une recrue de choix pour soutenir leur action en province. On peut, à ce propos, citer en exemple les efforts de Briavoinne pour amener Louis-Joseph Braas à marcher dans ce sens. Le 21 octobre 1830, Natalis Briavoinne qui a fondé à Bruxelles le journal, L’Émancipation, pour soutenir l’action de la Réunion centrale, demande à Braas de collaborer à cette feuille radicale. Ce dernier accepte et signe ses articles sous les initiales « L.S. ».

À cette même époque, Louis-Joseph Braas tente, sans succès, de se faire nommer suppléant au Congrès national. Il est, à Namur, le relais sur lequel comptent les adhérents de la Réunion centrale mais un plan de campagne structuré et des hommes décidés manquent. Tant à Bruxelles qu’en province, les choses n’évoluent pas dans le sens voulu par les partisans d’une remise en question des structures traditionnelles. Braas n’est pourtant pas resté inactif. À Namur, il met sur pied une section de l’Association nationale belge qu’il pense devoir moins effrayer la bourgeoisie que la Réunion centrale.

L’échec de ses amis politiques qui est aussi le sien n’éloigne pas Louis-Joseph Braas de la politique et c’est à l’échelon local qu’il va diriger son action. Il est conseiller communal puis échevin à Namur et conseiller provincial durant les années 1830. Il échoue toutefois dans une candidature à la Chambre en 1841. Dans le même temps, Braas maintient ses contacts et ses amitiés avec les milieux démocratiques et c’est sans doute ce qui explique qu’il se trouve avec Lucien Jottrand et Charles-Louis Spilthoorn parmi les défenseurs de Jacob (ou Jacques) Kats lors d’un procès intenté à ce dernier en 1839.

En mars 1848, Louis-Joseph Braas se rend à Paris avec Spilthoorn. Ce voyage fait couler beaucoup d’encre. Quel en est le but ? Il s’agit de porter aux membres du gouvernement provisoire de la république une adresse de l’Association démocratique et de plaider auprès d’eux le désir des démocrates belges de voir étendu à leur pays le système républicain. Effrayé par son audace, Braas laisse à Spilthoorn le soin de prendre la responsabilité d’une ambassade aussi compromettante et il rentre à Bruxelles en toute hâte. Cette attitude le démonétise aux yeux de la gauche démocratique belge qui lui en veut de sa pusillanimité mais s’en veut aussi d’avoir mal placé sa confiance. On aurait pu se souvenir du jugement que Louis de Potter porte sur Braas, personnalité pleine d’imprévus : « un peu peureux, circonspect à l’excès ».

Il n’empêche : Louis-Joseph Braas témoigne d’un courage certain en se montrant dans une ville aussi conservatrice que Namur car républicain, anticlérical et adversaire décidé du régime orangiste.

Après 1848, en Belgique, la suite des événements, favorable à la réaction, plonge Louis-Joseph Braas dans l’oubli et l’on n’en parle plus guère jusqu’à sa mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158595, notice BRAAS Louis-Joseph. par Francis Sartorius, version mise en ligne le 3 mai 2014, dernière modification le 25 octobre 2020.

Par Francis Sartorius

SOURCES : Messager de Gand et des Pays-Bas (Gand), 6 mars 1848 (reproduit l’Adresse de l’Association démocratique au gouvernement provisoire français) – Journal de Verviers, 6-7 mars 1848 – JOTTRAND L., Charles-Louis Spilthoorn. Événements de 1848 en Belgique, Bruxelles, 1872 – BERTRAND L., Histoire de la démocratie et du socialisme en Belgique depuis 1830, t. 1, Bruxelles, 1906 – GARSOU J., « Lettres du temps de la révolution belge (1930-1832). Louis-Joseph Braas et ses correspondants », La revue générale, 15 novembre et 15 décembre 1936 – WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging (1831-53), deel I, Leuven-Paris, 1963 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 27) – DE GAIFFIER B., « Une lettre inédite de Lamennais à l’avocat namurois L.-J. Braas », Revue d’histoire ecclésiastique, n°1, 1969 – WITTE E , Politieke machtsstrijd in en om de voornaamste belgische steden 1830-1848, 2 vol., Brussel, 1973.

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