PUPILLI Vittorio dit Victor

Par Daniel Grason

Né le 15 février 1900 à Popiglio en Toscane (Italie) ; métallurgiste, plongeur ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; membre de l’Union populaire italienne ; résistant FTP-MOI ; déporté.

Fils de Pietro et d’Annonziata, Vittorio Pupilli vint porteur d’un contrat de travail en 1921, il travaillait comme métallurgiste dans le département du Nord. En 1926 il alla à Paris, travailla comme manœuvre aux Isolants à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Au chômage en 1936, il s’engagea dans les Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole avec les volontaires italiens, combattit avec la XIIe Brigade Garibaldi.
De retour en 1937, il adhéra à l’Union populaire italienne (UPI), militait à la section d’Ivry-sur-Seine, il vécut jusqu’en 1939 des allocations de chômage. Radié, il retourna dans le Nord, milita au parti communiste clandestin, repéré par la police il jugea plus prudent de retourner en région parisienne. Le 17 juillet 1942 la police de Lille publia un avis de recherche le concernant pour « menées communistes ».
Vittorio Pupilli habitait occasionnellement dans l’hôtel tenu par Colombo Cuttica 30 avenue de Choisy à Paris XIIIe arrondissement, sans être inscrit sur le registre, il demanda le même service pour Antonio Salvadori. Pupilli disposait d’une chambre qu’il acquittait au mois au 9 rue Charles-Bertheau dans le même arrondissement.
Il travaillait depuis le 7 septembre 1942 comme plongeur pour le compte de l’organisation Todt rue de Berri, VIIIe arr. Il était en contact avec Eugène Martinelli dit Arthur, membre du 3e détachement italien des FTP-MOI.
Pupilli fit embaucher Antonio Salvadori dit Tony à l’organisation Todt, le présenta à Martinelli qui lui procura des faux-papiers. Il demanda à l’hôtelier Cuttica membre du Fascio de lui louer une chambre sans l’inscrire sur le livre de l’établissement.
Antonio Salvadori et Cesare Luccarini tous deux FTP-MOI étaient arrêtés le 12 novembre 1943 par des inspecteurs de la BS2. Les policiers furent rapidement sur la trace de Vittorio Pupilli. Arrêté le 14, il fut interrogé, frappé, il finassa. En Espagne, il y était allé comme travailleur et non comme combattant, il déclara ignorer tout de l’activité d’Eugène Martinelli et simplement avoir rendu des services à des compatriotes.
Le 22 janvier 1944 au départ de Compiègne il était dans le convoi de deux mille cinq hommes à destination de Buchenwald (Allemagne) où ils arrivèrent le 24. La libération du camp eut lieu le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Un Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu.
Dans son ouvrage 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
L’armée américaine commandée par le général Patton libérait le camp de concentration le 11 avril 1945. Matricule 41536, Vittorio Pupilli était parmi les survivants. Il a été homologué Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158629, notice PUPILLI Vittorio dit Victor par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 janvier 2020, dernière modification le 2 février 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 2122. – Bureau Résistance GR 16 P 493833. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. du Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 186 cliché du 15 novembre 1943.

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