MARTINELLI Eugenio (Eugène)

Par Daniel Grason

Né le 15 juin 1897 à San-Marcello (Italie) ; mineur de charbon ; communiste ; militant de l’Union populaire italienne ; résistant ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

Eugène Martinelli
Eugène Martinelli

Fils de Désiré et de Catherine, née Zogino, Eugène Martinelli, arriva en France en 1931 muni d’un contrat de travail de mineur. La même année il adhéra au Parti communiste d’Italie, marié il était père de trois enfants, la famille demeurait 13 rue du Mont à Lens (Pas-de-Calais). En 1934 il adhéra au Parti communiste de France, cellule de Wingles (Pas-de-Calais), en 1936 il était secrétaire de la section et secrétaire régional de l’Union populaire italienne (UPI). Il travaillait comme mineur de fond à la fosse 4 à Lens depuis 1936.
Après la dissolution du parti communiste en septembre 1939, il continua à militer, organisait et distribuait les tracts de l’organisation. Des gendarmes français l’arrêtèrent, emprisonné, il comparut devant la cour de la Section spéciale de Douai (Nord), fut acquitté. Pour des raisons de sécurité, l’organisation communiste le tint à l’écart de toute activité. En août 1943 le contact était rétabli, avec deux autres militants italiens ils tentèrent de reconstituer l’organisation parmi l’immigration italienne sans grand succès.
Un autre militant communiste italien Cesare Luccarini, fut arrêté le 2 février 1942 condamné à deux ans de prison par la Section spéciale de Douai, incarcéré à la prison de Cuincy, puis interné au camp de Watten-Eperlecques, il s’évada. Eugène Martinelli le convoya ainsi qu’Antoine Salvadori jusqu’à Paris. À cette occasion Eugène Martinelli rencontra son fils Paliero, Luccarini et Salvadori furent intégrés au 3e détachement italien de l’organisation avec Paliero Martinelli dit Arthur.
Après les chutes le 12 novembre 1943 de Luccarini et de Salvadori, le commissaire de Lens interpella Eugène Martinelli le 16 novembre 1943 vers 15 heures à son domicile, il portait sur lui sept feuilles manuscrites en italien avec le nom d’Attilo Giano, en réalité Torquato Chiapelli. Lors de la perquisition un pistolet automatique 6,35 m/m avec son chargeur contenant six cartouches dont une dans le canon ; dans le grenier des tracts en français et en italien dissimulés sous du foin et des timbres destinés à effectuer des collectes en faveur des FTP.
Transféré à Paris, il fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police. Il déclara avoir trouvé l’arme qu’il ne destinait à aucun usage, il comptait distribuer les tracts. Il assura ne rien connaître de l’activité de son fils Paliero au sein des FTP-MOI.
Il fut déporté le 22 janvier 1944 au départ de Compiègne dans le convoi de deux mille cinq hommes à destination de Buchenwald (Allemagne). Le transport arriva le 24 au camp.
La libération de Buchenwald eut lieu le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Un Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage.
Dans 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
Matricule 41861, Eugène Martinelli était parmi les survivants comme son compatriote Vittorio Pupilli. Il fut homologué Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158631, notice MARTINELLI Eugenio (Eugène) par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 mai 2014, dernière modification le 2 février 2020.

Par Daniel Grason

Eugène Martinelli
Eugène Martinelli

SOURCES : Arch. PPo. 77W 2122, GB 128 BS2. – Bureau Résistance GB 16 399338. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. du Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 184.

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