BASTIDE Roger, Marius, César

Par Roger Pierre

Né le 1er avril 1898 à Nîmes (Gard), mort le 10 avril 1974 à Maisons-Laffitte (Yvelines) ; professeur d’Université ; militant socialiste, conseiller municipal de Cahors (Lot) ; militant du christianisme social.

Fils d’un instituteur de religion protestante, Roger Bastide fit ses études au lycée de Nîmes, puis en première supérieure au lycée Lakanal à Sceaux (Seine/Hauts-de-Seine). Mobilisé d’avril 1917 à novembre 1919 dans l’artillerie, affecté au centre d’études pour étudiants mobilisés de Strasbourg (Bas-Rhin), il obtint une licence ès lettres (option Philosophie) à la faculté des lettres de Grenoble (Isère). Envoyé sur le front à partir de mai 1918, il fut blessé. Démobilisé, il obtint un diplôme d’études supérieures et une bourse d’agrégation à la faculté des lettres de Bordeaux (Gironde). Professeur délégué au collège de Clamecy (Nièvre) en 1923-1924, il fut reçu en 1924 à l’agrégation de philosophie, et enseigna au lycée Gambetta de Cahors où il se maria en mars 1926 avec la fille d’un coiffeur. Le couple eut deux filles.

Actif militant socialiste SFIO, il fut élu conseiller municipal de Cahors le 3 mai 1925, candidat en quinzième position sur 27 sur la liste du « Bloc des Républicains », conduite par Anatole de Monzie dont il devint l’ami. Au conseil municipal, lors de la première séance, porte parole des élus socialistes, il demanda des travaux à la Bourse du Travail et déposa deux vœux (amnistie et réintégration des cheminots licenciés en 1920). Il fit partie des commissions des finances, de l’instruction publique et scolaire, de la caisse des écoles mais fut souvent absent aux réunions. En outre, à partir de mars 1926, selon son dossier administratif, il assurait le secrétariat particulier du ministre de l’Intérieur Louis Malvy, député radical du Lot.

Pour des raisons personnelles, il demanda sa mutation et obtint un poste au lycée de garçons Dupuy de Lôme de Lorient (Morbihan) avant d’être nommé en 1928 au lycée Émile-Loubet de Valence (Drôme). Il commença à prépare une thèse avec des sources comprises dans le legs de l’archéologue Salomon Reinach à la bibliothèque municipale de Nîmes.

Toujours socialiste SFIO, il devint, dès janvier 1930, secrétaire adjoint de la section de Valence et, en juin de la même année, secrétaire fédéral adjoint (congrès fédéral de Valence, 1er juin 1930). Maintenu dans cette responsabilité jusqu’en 1934, membre du comité de rédaction de La Volonté socialiste, il consacrait plus particulièrement son activité dans le Parti à assurer des causeries et des conférences éducatives. Il présidait aussi la section du Syndicat des professeurs du lycée en 1930.

Délégué par la Fédération ouvrière et paysanne des victimes de la guerre au congrès international des anciens combattants (Paris, 25-27 juillet 1930), il adhérait aussi à la Fédération Drôme-Ardèche de Christianisme social qui comptait dans son sein un certain nombre de socialistes SFIO, dont le pasteur Émile Brès.
Orienté par ses origines protestantes vers des études de sociologie religieuse, il poursuivit à Valence ses travaux personnels et la rédaction de sa thèse, publia Problèmes de la vie mystique (1931, réédité en 1948), Éléments de sociologie religieuse (1936), et rédigea une étude sur la colonie arménienne de Valence pour la Revue internationale de sociologie.

Sous le patronage de l’Union des syndicats confédérés, avec son collègue et ami Michel Founiol, il entreprit en 1934 la création à Valence d’un « Collège du Travail » qui fut inauguré par Georges Lefranc le 25 janvier 1935, mais dont l’activité éphémère fut, semble-t-il, limitée à un cours d’histoire économique et sociale qu’il assura. Nommé en 1937 à Versailles (Seine-et-Oise/Yvelines], il fut remplacé au lycée de Valence par Marcel Cartier.

De 1938 à 1951, Roger Bastide fut professeur de sociologie à l’université de Sao Paulo (Brésil). Il soutint une thèse sous la direction de Georges Gurvitch portant sur l’interpénétration des civilisations afro-brésiliennes.

À son retour en France, il fut nommé directeur d’études à l’École pratique des hautes études puis, en 1959, maître de conférences à la Sorbonne et en 1960 professeur, titulaire de la chaire d’ethnologie sociale et religieuse, jusqu’à sa retraite en 1968.

Depuis 1932, membre associé de l’Institut international de sociologie, puis titulaire en 1933, il fit partie du comité de direction jusqu’au congrès de Rome en 1950 où il en démissionna. Actif dans diverses sociétés internationales de sociologie et de philosophie, il fut à la fin de la guerre chargé du service des informations par l’ambassade au Brésil et le gouvernement provisoire de Charles de Gaulle. Vice-président de l’Alliance française, il était aussi membre du conseil franco-brésilien chargé des accords culturels.

Chevalier de la Légion d’honneur et commandeur du Cruzeiro do Sul (Brésil), Roger Bastide décéda à la maison de santé de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale. Après une cérémonie au temple protestant (chapelle anglicane) de Maisons-Laffitte, il fut inhumé à Anduze (Gard) le 17 avril 1974.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15869, notice BASTIDE Roger, Marius, César par Roger Pierre, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 13 septembre 2021.

Par Roger Pierre

ŒUVRE : Le fichier de la BNF, en 2018, comprenait 111 références et de nombreux ouvrages préfacés ou écrits par Roger Bastide parus après son décès, dont Le Sacré sauvage, 1975.

SOURCES : Arch. Nat., F17 29080 . — Arch. mun. Cahors (Patricia Girardi), AMC 1050. — La Volonté socialiste et L’Action syndicaliste. — Le Monde, 13 avril 1974 (avec aperçu de son œuvre). — Notes de Jacques Girault.

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