QUILGARS Jean-Pierre

Par Robert Kosmann

Né le 20 février 1955 à Bury (Oise) ; tourneur sur métaux, employé communal ; syndicaliste délégué CGT chez Renault (1970-1989) ; militant communiste, permanent de la Fédération PCF des Hauts de Seine (1991-1998) ; conseiller municipal de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) (1995-2005).

Son père, Roger Quilgars, fut bucheron puis ouvrier des abattoirs avant de travailler comme gardien de nuit à l’Institut national de la recherche agronomique(INRA). Sa mère, Marcelle née Brice Laroque, travaillait également à l’INRA comme standardiste. La famille de huit personnes dont cinq enfants, vivait dans l’Oise et déménagea au début des années 1960 pour demeurer à Jouy-en-Josas (Yvelines). Après le collège de Buc (Yvelines) jusqu’en troisième, Jean-Pierre Quilgars fut orienté vers le lycée technique, rue Friant à Paris (XIVe arr.) mais il ne termina pas sa formation et préféra entrer à l’école Renault où il réussit le concours d’entrée en septembre 1970. Il y obtint le CAP de tourneur en juin 1972 et fut engagé au centre Renault marine de Vélizy (Yvelines) qui usinait des moteurs de bateaux. En 1974, lorsque Renault marine ferma ses portes, il fut muté à l’usine de Billancourt où il effectua l’essentiel de sa carrière, au département 70.40, après son service militaire effectué à Chambéry (1974-1975). Il passa P2 en novembre 1976, P3 en octobre 1981 et agent technique professionnel en mai 1984.

Jean-Pierre Quilgars adhéra au PCF en 1977, entraîné par « l’entourage de ses collègues de travail  ». Il fut militant et dirigeant de la section du PCF Renault avec différentes responsabilités, jusqu’à celles de secrétaire à l’organisation (1977-1989). Il fut élu conseiller municipal communiste de Boulogne Billancourt (1995-2005).

Sur le plan syndical, Jean-Pierre Quilgars adhéra à la CGT dès 1972. Il fut nommé délégué syndical (représentant non élu) de 1978 à 1982 et représentant du Comité hygiène et sécurité (1980-1982) puis secrétaire du CHSCT du département 70 jusqu’en 1986.

Sa carrière professionnelle fut interrompue en 1986 par son licenciement à la suite de l’affaire des « dix de Billancourt » dont il faisait partie. L’affaire commença par le tournant pris par le PDG de l’époque, Georges Besse, qui lança une vague de licenciements qui préfigurait la fermeture définitive de l’usine de Billancourt en 1992. 2 000 salariés quittèrent l’usine en 1986 et ce furent les premiers licenciements « secs », sans reclassements. Le PDG prononça 685 suppressions d’emplois dont celles de 26 délégués. Jean-Pierre Quilgars fit partie du groupe de délégués CGT qui envahirent alors les bureaux de la direction en juillet 1986. Dix furent licenciés dont Jean-Pierre Quilgars. La CGT et le PCF menèrent seuls une vaste campagne pour leur réintégration pendant trois années. Malgré un soutien militant associé à de très nombreuses manifestations et à la publication de l’ouvrage La machination, la mobilisation ne fut pas massive dans l’usine. Jean-Pierre Quilgars fut réintégré dans un premier temps le 1er mars 1989 au département 57 métal puis à nouveau licencié définitif le 28 avril 1989 à la suite d’une bataille juridique et de la décision de la cour d’appel de Versailles. Pendant les trois années 1986-1989 il vécut des indemnités de chômage et des collectes de solidarité.

En 1990, il devint permanent du comité central du PCF, avec pour mission de créer une section communiste à l’usine Peugeot de Mulhouse (Haut-Rhin). De 1991 à 1998, il fut permanent à la fédération du PCF des Hauts-de-Seine. En 1999, il fut employé communal à la mairie de Bagneux et de 2000 à 2014, il devint directeur du Club olympique multisports de Bagneux.

Sur le plan personnel, Jean-Pierre Quilgars se maria en 1982 avec Nathalie Bigatti. Divorcé en 1987, vécut ensuite avec Gabriela Nunes, adjointe au maire de Bagneux, et ils eurent une fille, née en 1997.

En 2014, Jean-Pierre Quilgars militait au Front de Gauche à Bagneux. Il était toujours adhérent du PCF et de la Confédération nationale du logement(CNL). Il se rappelait la lutte de 1986 à 1989 comme « un moment inoubliable de sa vie par un enrichissement personnel formidable ». Il regrettait seulement « la difficulté à faire comprendre les enjeux de la lutte : les libertés syndicales et politiques dans l’entreprise et la fin de Renault Billancourt, des autres sites et des milliers d’emplois qui en découlent. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158699, notice QUILGARS Jean-Pierre par Robert Kosmann, version mise en ligne le 6 mai 2014, dernière modification le 12 avril 2017.

Par Robert Kosmann

SOURCES : Arch PPo. ― Arch. de la section PCF Renault (Arch. dép. de Seine-Saint-Denis) ― Pierre Agudo, La machination, imprimerie CGT Renault, 1989. ― l’Humanité, en particulier « Mains orphelines avec J.P. Quilgars, l’un des dix de Billancourt », 6 octobre 1987. ― Céline Lacourcelle, « Ex-syndicaliste, je reprends le cours de ma carrière », L’Usine Nouvelle, 15 avril 2004. ― Virginie Linhart, « Les dix de Renault Billancourt, les enjeux d’une mobilisation d’appareil », Revue Française de sciences politiques, 1992, vol. 42/3. ― Gilbert Hatry (dir.), Notices biographiques Renault, Paris, Éditions JCM, 1990. ― Correspondance avec Jean-Pierre Quilgars, janvier 2014.

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