RADONDY André dit Dédé Narbonne

Par Robert Kosmann

Né vers 1944, mort le 4 novembre 2021 ; ouvrier spécialisé chez Citroën et chez Renault à Billancourt puis éducateur en milieu hospitalier ; militant de la Gauche prolétarienne.

Ouvrier originaire de Narbonne, André Radondy y occupa divers emplois dans le bâtiment. À l’automne 1966, il décida de monter à Paris et fut embauché en novembre 1966 à l’usine Citroën (XVe arr.). Il vécut alors dans un foyer Citroën.

Sensible à la situation des travailleurs immigrés, André Radondy il adhéra à la CGT et au PCF à la suite de la guerre des six jours, opposant l’état d’Israël aux pays arabes et aux palestiniens, en 1967. Il participa ensuite à toutes les manifestations en faveur du peuple vietnamien. En mai 1968, il participa à l’occupation de l’usine Citroën. Déçu par l’attitude de la CGT et du PCF, il prit contact avec les maoïstes et fonda une « cellule prolétarienne » dépendante de l’Union des jeunesses communistes marxistes léninistes (UJCml) dans son atelier. Il fut alors exclu de la CGT. Pendant l’été 1968, il participa aux activités militantes des maoïstes dans le sud de la France et diffusa le journal Garde rouge. En octobre 1968, il fut licencié de chez Citroën. Il intensifia son activité avec la Gauche prolétarienne qui venait de se constituer, participa aux menaces contre les « petits chefs », agents de maîtrise répressifs. En 1969, avec la Gauche prolétarienne, il fut également des bagarres contre la maîtrise à Renault Flins.

André Radondy fut embauché chez Renault à Billancourt en novembre 1969, comme ouvrier spécialisé, en même temps que Pierre Overney qui était devenu son ami à l’époque de Citroën. Il fut d’abord employé sur l’Île Seguin puis muté dans le même département que Jacques Theureau*. Il participa aux actions et aux bagarres au métro pour les transports gratuits et à la récupération de produits à l’épicerie de luxe Fauchon. Après le licenciement de Jacques Theureau, André Radondy participa également aux affrontements avec les gardiens pour sa réintégration. Ce fut alors à son tour d’être licencié.

Après la mort de Pierre Overney, qui avait été son ami et son témoin de mariage, André Radondy fut déçu par l’attitude des dirigeants de la Gauche prolétarienne qui refusaient désormais la violence ouvrière dans la rue. Il repartit alors dans le midi et quitta l’organisation maoïste quelques temps après.

André Radondy était père de deux filles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158707, notice RADONDY André dit Dédé Narbonne par Robert Kosmann, version mise en ligne le 7 mai 2014, dernière modification le 11 novembre 2021.

Par Robert Kosmann

SOURCES : Virginie Linhart, Volontaires pour l’usine, Paris, Seuil, 1994. ― Anne Argouse et Hugues Peyret, Mort pour la cause du peuple, DVD documentaire, Antoine Martin production, 2012. — Le Midi libre, 4 novembre 2021.

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