ASTIER Roger, Annet, Charles [pseudonyme dans la résistance : Lacombe]

Par Jean-Pierre Besse, Eric Panthou

Né le 17 avril 1921 à Aubière (Puy-de-Dôme), abattu par la Milice le 22 mai 1944 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; plombier-zingueur ; résistant au sein du corps franc "Cristal".

Fils de François Astier, cultivateur, et de Marceline Beneix, sans profession, Roger Astier était plombier zingueur aux Établissements Chambonnet à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). L’ouvrage de Christophe Grégoire le présente comme chef-surveillant. Marié le 14 juin 1941 à Blanche Eymard, le couple eut deux enfants.

Il fut intégré aux Chantiers de la Jeunesse et entra dans la Résistance en mars 1943.
Le 22 mai 1944, vers 12h30, Roger Astier consomme dans un bar du quartier des Neuf soleils avec Marcel Delorme et André Taiche . Ces trois jeunes appartenaient au « groupe Cristal ». Le corps-franc Cristal, relavant des Mouvements Unis de la Résistance en 1944, était placé sous la responsabilité d’Alphonse Roche, alias "Capitaine Cristal". Il constituait un réseau de plusieurs dizaines d’hommes, chargé en particulier de soustraire du matériel aux Allemands, de se renseigner au sujet des transports et des déplacements de l’ennemi.
Ce 22 mai, les trois jeunes du réseau buvaient en compagnie de Gilbert Savy
Brusquement, ils sont interpellés par un groupe de miliciens armés. Le chef du groupe était Jean Courjon, 20 ans dont le père, lui-même cadre de cette milice, avait été exécuté quelques jours plus tôt par la Résistance. Fouillés, trois d’entre eux sont porteurs de colts et de grenades à main. Après les avoir désarmés, Courjon fit sortir les trois résistants du bar, leur ordonna de se ranger contre le mur de l’autre côté de l’Avenue d’Aubière ; les miliciens commencèrent à tirer avec leurs mitraillettes sur les deux autres, et Roger Astier fut abattu de plusieurs balles dans le dos avant d’avoir complètement traversé la chaussée, juste sous sous les yeux de son propre père, alors ouvrier chez Michelin. Puis Courjon les acheva un à un en leur tirant plusieurs balles dans la tête. Les cadavres sont restés environ trois heures sans protection avant d’être transportés à la morgue. La note adressée le jour même au Commissaire central était intitulée "Exécution de trois terroristes par des miliciens" ». Le 14 janvier 1948, à titre posthume, Roger Astier était cité à l’Ordre de l’armée, et la Croix de Guerre avec palme lui était attribuée. Marcel Astier, alias Lacombe, a été homologué sous lieutenant FFI à titre posthume, déclaré Mort pour la France.
Marcel Savy fut déporté.
Il existe une rue Roger Astier à Aubière. Son nom figure sur le Monument aux Morts d’Aubière, de Clermont-Ferrand, sur le monument commémoratif de la caserne du Quartier Gentil à Clermont-Ferrand, sur la plaque commémorative aux trois résistants tués avenue Léon Blum à Clermont-Ferrand. Il n’a pas de dossier aux Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen.
Selon son dossier à Caen, il aurait été domicilié à Le Vauriat (Puy-de-Dôme).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158715, notice ASTIER Roger, Annet, Charles [pseudonyme dans la résistance : Lacombe] par Jean-Pierre Besse, Eric Panthou, version mise en ligne le 19 mai 2014, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Jean-Pierre Besse, Eric Panthou

SOURCES : BAVCC, Caen. — SHD Vincennes, dossier de résistant de Roger Astier : GR 16 P 19956 (non consulté) .— Site de la commune d’Aubière. — Christophe Grégoire, Les Vampires : Éliminations et sabotages - Résistance, 1943-1945, éditions de Borée, 2015, 432 p. .— Laurence Coupérier, "Astier, Delorme et Taiche ont été abattus par la milice le 22 mai 1944", La Montagne, édition Clermont-Ferrand, 22 mai 2014 .— "Alphonse Roche a fêté ses 100 ans", La Montagne, édition Cantal, 22 juin 2013 .— MémorialGenWeb. Mémoire des Hommes .— État civil.

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