POITEVIN Maurice [POITEVIN Jean, Alphonse, Maurice]

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Né le 21 janvier 1904 à Ruelle-sur-Touvre (Charente), mort le17 avril 1990 à Ruelle ; professeur de cours complémentaire ; secrétaire de la fédération SFIO de la Charente (1949-1969) ; maire de Ruelle-sur-Touvre (1947-1989), conseiller général d’Angoulême 2e puis de Ruelle (1951-1976, 1976-1988).

Fils d’un ouvrier ajusteur à la fonderie de Ruelle, établissement de la Marine nationale, et d’une lingère qui cessa de travailler par la suite, Maurice Poitevin, prénommé souvent « Jean-Maurice », instituteur, était devenu professeur au cours complémentaire de Ruelle-sur-Touvre. Il se maria en avril 1926 à Ruelle avec la fille d’un industriel. Le couple eut un fils.

Ancien du Parti d’unité prolétarienne de Paul-Louis*, Maurice Poitevin rejoignit la SFIO après l’unité réalisée avec le PUP en 1936. Il représenta la SFIO au sein du comité de Front populaire de la Charente. Au congrès fédéral d’octobre 1936, il se prononça contre l’intervention en Espagne, au nom de la défense de la paix. Il était trésorier de la fédération de la SFIO de la Charente en 1938.

Mobilisé en 1939 comme capitaine, il fit son devoir à la tête d’une compagnie d’infanterie. Il rejoignit la Résistance et fut officier lors du débarquement en 1945 sur la plage d’Oléron encore tenue par les troupes allemandes.

Dans la fédération socialiste SFIO de Charente, Maurice Poitevin fut élu secrétaire fédéral-adjoint en août 1946, puis secrétaire fédéral de janvier 1949 à 1969. Il se prononça contre le réarmement de l’Allemagne et les accords de Londres et Paris, mais soutint Augustin Maurellet qui vota pour la Communauté européenne de défense, en respectant la majorité du parti. Cette année-là, il fut troisième candidat, non élu, au comité directeur lors du congrès de la SFIO. Membre du bureau départemental de la FGDS en 1968, il rejoignit le Parti socialiste après le congrès d’Epinay.

Maurice Poitevin mena par ailleurs une longue carrière d’élu local. Il fut tout d’abord élu maire de Ruelle-sur-Touvre, quatrième commune du département par le nombre d’habitants, de 1947 à 1989, succédant à Maurellet qui avait refusé de conserver la fonction. Réélu en 1953, en 1959 (avec 1 800 voix sur 2 650 votants) et en 1965, il présida le syndicat intercommunal d’études pour le développement de l’agglomération angoumoise en 1967.

Maurice Poitevin fut en outre conseiller général du deuxième canton d’Angoulême de 1951 à 1988. Il gagna ce siège contre le sortant communiste arrivé en tête au premier tour (avec 5 245 voix contre 3 981 à Poitevin), grâce aux voix MRP. Du fait du recul socialiste, tous ses camarades étant battus, il devint le seul conseiller général socialiste en 1951 et 1958, et était secrétaire de l’assemblée départementale en 1955. En 1958, il fut réélu contre le candidat communiste au deuxième tour, de nouveau grâce au désistement du candidat MRP, et étant soutenu par les indépendants de l’IPAS. Élu secrétaire de la commission départementale en 1951-1970, il présida celle-ci en 1973, ainsi que la commission de l’Intérieur. Le PS s’affirmant dès le milieu des années 1970, il présida le groupe socialiste à l’assemblée départementale en 1985. Délégué départemental de l’Association nationale de régulation des marchés publics, qui formait les secrétaires de mairie, il présida le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale en 1987. Il administra encore le SIVOM du Grand-Angoulême.

Seul élu socialiste d’envergure du département, il fut candidat sur les listes socialistes aux élections législatives de 1951, 1956, 1958 (au scrutin uninominal, seul candidat socialiste du département, il recueillit 10 542 suffrages sur 76 947 inscrits, se plaçant en quatrième position, retrait), 1962 (6 611 voix sur 78 530 inscrits, désistement pour le candidat communiste qui recueillit l’ensemble de ses voix), 1967 (candidat FGDS, 10 969 voix sur 80 369 inscrits, le candidat communiste qui le précédait de 1 500 voix se désista pour lui, l’ensemble des voix communistes se retrouvèrent sur son nom ainsi qu’une partie des voix du candidat du centre, mais le député sortant UNR l’emporta), 1968 (8 765 voix sur 80 262 inscrits, le candidat UNR l’emporta dès le premier tour). Il se présenta aussi aux élections sénatoriales de 1955 (170 voix sur 959 exprimés), 1959, 1962, 1971.

Fut-il le candidat SFIO au Conseil général d’Octobre 1931, dans le canton de Saint-Hilaire (Charente-Inférieure) ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158784, notice POITEVIN Maurice [POITEVIN Jean, Alphonse, Maurice] par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 9 mai 2014, dernière modification le 8 avril 2021.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/288. F/1cII/305. F/1cII/561. F/1cIV/151, 157. F/1cII/217. CAC, 19770359/18 et /23. 19830172/72. 1986021/1. 19890523/13. 199000059/10. 19940500/208, n° 873. — Archives D. Mayer, 3 MA 28. — Arch. FJJ/6EF73/2. —Archives de l’OURS, fédération de la Charente. — Conseils généraux, élections, résultats officiels, octobre 1931, Paris, J.L.L. D’Artrey directeur. — Bulletin intérieur de la SFIO, section d’organisation, février 1952. — Notes de Jean Battut. — Nicole Priollaud, L’écharpe et le canotier. Jean-Maurice Poitevin, Ruelle, Les nouveaux auteurs, 2014. — Profession de foi, élections législatives 1956, 1958. — Encyclopédie périodique, Communes et maires de France, société générale de presse, 1987.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément