STEFF André, Henri

Par Daniel Grason

Né le 7 août 1904 à Pacy-sur-Eure (Eure), mort le 19 septembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; polisseur sur métaux, mécanicien, pilote ; syndicaliste CGT ; communiste de Vanves (Seine, Hauts-de-Seine) ; volontaire en Espagne républicaine ; déporté.

Fils d’Henri, chaisier et de Berthe, née Taverne, André Steff épousa le 27 octobre 1923 Jeanne Dury en mairie de Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines), le couple eut deux enfants Robert, né en 1924 et Bernard en 1926, ils se séparèrent en 1927, puis divorcèrent. En 1932 il vivait 33 Rue de Seine à Paris VIe arr. Polisseur sur métaux, il se syndiqua à la CGT, était membre de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie. Il adhéra en 1935 au Parti communiste, milita au sein du rayon des VIe et VIIe arrondissements de la région Paris Ville. La police municipale l’appréhenda en compagnie d’autres militants le 9 janvier 1937 alors qu’il placardait des affiches des Comité de Chômeurs de la région parisienne. Conduit au commissariat du quartier de l’Odéon, après vérification d’identité il était relâché.

Il apprit à piloter au sein du Cercle populaire de Lucien Bossoutrot, pilote de la Grande Guerre, puis pilote dans l’aviation civile, pilote d’essai chez Farman et Blériot, membre du parti radical-socialiste, élu député du Front populaire en 1936. André Steff obtint son brevet de pilote, s’engagea en août 1936 dans l’aviation républicaine espagnole, signa un contrat à l’ambassade d’Espagne, était payé quinze mille francs par mois, plus une assurance en cas d’accident. Il combattit au sein de l’escadrille dirigée par André Malraux, puis avec l’aviation républicaine, dans l’ouvrage André Malraux et l’Espagne, il y figurait comme mécanicien, fut blessé à une épaule lors d’un combat à Tolède. Il épousa à Valence Magdalena Hernandez, le couple rentra en France début août 1938, habita 43 Rue de l’Avenir à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine).

André Steff reprit son métier de polisseur sur métaux, travailla du 8 août 1938 eu 4 juin 1941 à la société Chromage moderne 36 Rue du Colonel Gillon à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine), ensuite à la Maison Marne 50 Avenue Jules-Coutant à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Les Autorités Allemandes considérèraient les volontaires en Espagne républicaine comme dangereux. Le conseiller Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France demanda l’établissement d’une liste des anciens brigadistes, la 3e section des Renseignements généraux s’en chargea.

Considéré comme « dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique » en application du décret du 18 novembre 1939, il fut arrêté le 24 décembre 1941 lors d’une opération d’ensemble des Renseignements généraux, interné à la caserne des Tourelles à Paris, XXe arr. Le 5 mai 1942 des gendarmes allemands le transférait au camp de Compiègne.

Le 6 juillet 1942 un convoi de mille cent soixante-quinze hommes partit de Compiègne (Oise) à destination d’Auschwitz (Pologne). Ce transport politique était composé essentiellement de militants communistes, de quelques socialistes et radicaux, de syndicalistes de la CGT, et de cinquante-six juifs. Parmi les déportés plusieurs anciens volontaires des Brigades internationales.

L’administration allemande entendait dissuader les dirigeants et les résistants communistes de poursuivre les attentats, commencée en août 1941, contre des officiers et des troupes de l’armée d’Occupation. Ce convoi fut particulièrement meurtrier, 90 % des déportés périrent, André Steff matricule 46119 mourut le 19 septembre 1942.

Après la Libération, Magdalena Steff déclara qu’André Steff n’était pas membre des Brigades internationales en Espagne, qu’il fut exclu du parti communiste avant son départ en juillet 1936. Elle demanda la carte de « déporté, interné, résistant politique » pour son défunt mari. Son nom figure sur les monuments aux morts de Vanves et de La Bresse (Vosges).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158832, notice STEFF André, Henri par Daniel Grason , version mise en ligne le 12 mai 2014, dernière modification le 7 juin 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 1W 1020 (transmis par Gilles Morin). – Robert S. Thornberry, André Malraux et l’Espagne, Librairie Droz, Genève 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz. Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éd. Autrement, 2005. – JO n° 060 du 12 mars 2005. – Site internet GenWeb. – État civil, Arch. Dép. Eure.

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