DENIZEAUD Jean

Par Alain Prigent

Né le 28 mars 1921 à Langogne (Lozère), exécuté sommairement le 23 février 1944 à Dijon (Côte-d’Or) ; cheminot ; militant des Mouvements unis de Résistance (MUR).

Fils de Louis Denizeaud, cheminot, et de Marguerite Douvère, sans profession, Jean Denizeaud, célibataire était domicilié chez ses parents, 7 rue Eugène-Schreider,à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire). Il travaillait comme ajusteur au dépôt SNCF.
Engagé dans la Résistance depuis le 8 octobre 1942, Jean Denizeaud, alias Michel, était adjoint au chef de secteur de Paray-le-Monial des MUR-FFI, Pierre Delacroix, également chef départemental du mouvement, domicilié à Mâcon. Jean Denizeaud, qui se cachait depuis plusieurs semaines chez son voisin, M. Joseph Gagnarde, fut arrêté dans la nuit du 7 au 8 janvier 1944 au domicile de ses parents à Paray-le-Monial.
Enfermé à la Feldgendarmerie de cette localité, il fut emprisonné à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) où il fut interné du 15 janvier au 15 février 1944.
Transféré à la prison départementale de Dijon (Côte-d’Or), il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Dijon (FK 669) le 16 février en même temps que cinq de ses camarades : Eugène Auduc, René Chandelier, Julien Guilleminot, René Sotty et Charles Carré. Dans la même affaire, Simonin, Toinel et Galland furent déportés.
D’après Me Ebert, avocat à Dijon, il se vit reprocher de s’être engagé volontaire dans l’aviation au début de la guerre puis de s’être soustrait au Service du travail obligatoire (STO). Membre des MUR, il était instructeur sur les armes automatiques et les explosifs de ce groupe. Il fut accusé d’avoir participé à un attentat contre les pompes à eau du dépôt SNCF de Paray-le-Monial.
Il fut exécuté comme otage avec ses cinq camarades, après l’assassinat du major Werner, à 7 h 33 du matin au stand Montmuzard. Il fut inhumé au polygone 9 au cimetière de Dijon. Réinhumé dans la tombe familiale au cimetière de Paray-le-Monial, sur une plaque posée sur sa tombe y est inscrit l’épitaphe suivant " La mort l’a frappée debout comme au champ de bataille - Il a expiré en bon chrétien - Y est également inscrit ce qui suit : A l’heure où vous recevrez cette lettre, je serai au ciel. Je la relirai avec vous. Je vous aiderai à vous confier davantage à notre Père le Bon Dieu. Il vous assistera et soutenus par lui, vous serez assez forts. Jean (sa dernière lettre)
Le grade d’aspirant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) fut homologué en avril 1947. Le statut d’Interné Résistant lui fut attribué en août 1952.
Son nom est gravé sur le Mur des fusillés (126 noms) à Dijon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158846, notice DENIZEAUD Jean par Alain Prigent, version mise en ligne le 14 mai 2014, dernière modification le 28 septembre 2021.

Par Alain Prigent

SOURCES : DAVCC, Caen, 21P252075. – Arch.dép. Côte-d’Or liste des fusillés. — MemorialGenweb. — J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés, Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), Éd. de l’Atelier, 2005.— Notes Annie Pennetier.

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