COLSON Roger, Marie, Arthur

Par Jean-Pierre Besse, Michel Germain

Né le 7 mai 1922 à Saint-Paul (Vosges), exécuté sommairement le 16 juillet 1944 à Vieugy, ex-commune de Seynod, auj. Annecy (Haute-Savoie) ; chaudronnier ; résistant FTP en Haute-Savoie.

Roger Colson
Roger Colson

Fils de Paul Colson et de son épouse Marie Henriette Bonjean, célibataire, Roger Colson habitait Labry, en Meurthe-et-Moselle, lorsqu’il fut frappé par le S.T.O.
Réfractaire, il vint en Haute-Savoie. Il arriva par le train à Marignier, suivit la filière qui passait par madame Antoine et rejoignit le camp F.T.P.F. de la « Patrouille Blanche » dirigée par Maniglier, dit Mani, alors aux Carroz-d’Arâches.
Denise Gavard, parlant de lui, a écrit : « Roger Colson que l’on rencontrait chez madame Antoine… Il avait 20 ans, un peu timide, quelque chose de triste dans le regard. Il assurait sans peur ses missions… » Il était agent de liaison pour le camp et la patrouille, jusqu’au 4 juillet 1944.
Ce mardi, Ermine Ascari*, Marcel Musset*, Marcel Périllat* et Roger Racloz, partis de Cluses allèrent à Magland, où Marcel Musset voulait aller voir sa femme. Sur le chemin du retour, ils rencontrèrent Roger Colson qui monta avec eux.
Denise Gavard poursuit : « …parce qu’ils étaient jeunes, avec l’insouciance de leur âge, ils ont voulu enfreindre les règles de sécurité de ne jamais faillir aux consignes ; peut-être pour se croire libre un moment, ils montèrent dans la voiture d’un copain nommé Périllat et Roger Racloz de Scionzier pour gagner Magland. Par cette journée ensoleillée, un joli voyage en voiture, mais hélas plein de risques… »
Sans doute signalés, ils furent arrêtés par une patrouille allemande à l’entrée de Cluses. Le chauffeur stoppa la voiture. Les soldats avançant vers la voiture les jeunes descendirent, sauf Roger Racloz qui réussit à s’enfuir en sautant du véhicule à l’arrêt. Les quatre jeunes furent emmenés à l’Ecole Nationale d’Horlogerie à Cluses. Dans la voiture, les Allemands trouvèrent des balles de pistolet.
Pour essayer de les libérer, leurs camarades de la compagnie F.T.P. 93-04 attaquèrent l’école. Une sentinelle fut tuée et les tirs causèrent des pertes aux Allemands. Les Allemands transférèrent les quatre détenus à l’école Saint-François à Annecy. Roger Colson, maquisard de la 93-04, fut exécuté à 22 ans le 16 juillet 1944 au Pesset (Vieugy).
Il fut déclaré « Mort pour la France » le 24 juin 1945. Il fut homologué, à titre posthume, sous-lieutenant FFI en septembre 1948 et reconnu interné résistant le 6 septembre 1956. Il figure sur le monument aux morts de Scionzier, bourg où il avait élu domicile. Il figure également sur le monolithe de granit érigé à Vieugy (Seynod) en 1948 et sur la plaque installée en 2004, à proximité du monument. Une plaquette est disponible en mairie de Seynod. On lira également le Mémorial de l’oppression, dossiers 3808 W 1337, 1378 et 1539.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158928, notice COLSON Roger, Marie, Arthur par Jean-Pierre Besse, Michel Germain , version mise en ligne le 16 mai 2014, dernière modification le 17 décembre 2019.

Par Jean-Pierre Besse, Michel Germain

Roger Colson
Roger Colson

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — SHD DAVCC, Caen, 21P 47 710 et Vincennes GR 16 P 138849.

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