JOLY René, Louis

Par Daniel Grason

Né le 13 janvier 1900 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé comme otage le 16 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; forgeron ; communiste.

Marié, père de deux enfants, René Joly demeurait à Franconville (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), où il exerçait le métier de forgeron. Militant communiste, il diffusait les tracts de l’organisation clandestine. La police française l’interpella le 2 septembre 1941 à Montigny-lès-Cormeilles (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Il fut incarcéré à la prison de Fresnes (Seine, Val de Marne).
Les militaires allemands firent l’objet de plusieurs actions de la Résistance à Paris début septembre 1941. Le 6 vers 4 h 30 du matin des sentinelles allemandes de faction devant la propriété d’un collaborateur dans le XVIe arrondissement essuyèrent des coups de feu. Le même jour, vers 23 h 30 l’adjudant Hoffmann fut pris pour cible, rue Fontaine (XVIe arr.). À la même heure, boulevard Bonne-Nouvelle (Xe arr.), Ehwin Gerstner reçut plusieurs coups de poing au visage. Au moment où il prenait son billet à la station Porte Dauphine (XVIe arr.), le matelot Denecke fut blessé d’une balle à la cuisse le 10 vers 19 h 15. Enfin, le 11 sur les Champs-Élysées (VIIIe arr.) le trésorier général Knop reçut un coup de matraque sur la tête.
Les autorités d’occupation décidèrent de fusiller en représailles dix otages le 16 septembre 1941 au Mont-Valérien. René Joly, quarante et un ans, fut passé par les armes à 8 h 30 en compagnie de Jules Bonnin, vingt-quatre ans, Lucien Matheron, vingt et un ans, Lucien Clément, vingt-neuf ans, Albert Gokelaere, vingt-six ans, Chil Opal, cinquante ans, Isaïe Bernheim, soixante-douze ans, Henri Bekerman, vingt et un ans, Léon Blum, soixante-deux ans et David Liberman, dix-neuf ans.
Le lendemain, le quotidien Le Matin publiait un « Avis » avec les noms, accompagnés d’un texte du journal collaborationniste qui relevait que parmi les dix hommes qualifiés de « communistes » il y avait « cinq Juifs ». Un appel à la délation fut lancé : « Tout Français, digne de ce nom, doit donc aider la justice à faire la lumière dans ces affaires et dénoncer les criminels. Les Français se le doivent à eux-mêmes, ils le doivent à leur famille. »
Le 19 septembre l’Humanité clandestine titrait : « Honte au général assassin Von Stülpnagel qui a fait fusiller à nouveau 10 otages parmi lesquels trois jeunes de dix-neuf et vingt et un ans et un vieillard de soixante-douze ans. » Les dix noms étaient suivis d’une phrase vengeresse : « Le sang de ces martyrs, victimes des cannibales fascistes, crie Vengeance ! et le jour viendra où l’ennemi Von Stülpnagel devra payer. »
René Joly fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 16 septembre 1941 division 39, ligne 4, n° 4 ; son corps fut restitué à sa famille le 10 janvier 1948 ; son inhumation eut lieu dans le carré militaire du cimetière de Franconville. Son nom figure sur une plaque commémorative apposée dans le cimetière de cette ville ainsi que sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien. Le conseil municipal de Franconville donna le nom de René-Joly à une rue de la ville.
_Le ministère des Anciens Combattants le reconnut « Mort pour la France » le 18 mars 1946.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article158980, notice JOLY René, Louis par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mai 2014, dernière modification le 8 juin 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1752. — DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). — L’Humanité clandestine, no spécial du 14 juillet 1941, no 129 du 19 septembre 1941. — Le Matin, 17 septembre 1941. — Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. — Site Internet Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

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