GAYET Marius

Par Jean-Pierre Besse

Né le 12 janvier 1905 à Pontcharra (Isère), exécuté le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain) ; cheminot ; résistant communiste de Savoie.

Marius Gayet était le fils d’un voiturier. Lorsqu’il se maria le 20 septembre 1928 à Chapareillan (Isère) avec Emma Marie-Louise Roybon, ses parents étaient cultivateurs et lui, mouleur.
Il fut embauché à la Compagnie du PLM le 20 décembre 1929 comme manœuvre spécialisé au dépôt de Chambéry (Savoie).

Employé SNCF, domicilié à Chambéry, il hébergea dès octobre 1940 de nombreux militants communistes clandestins de passage. Sa femme mourut en août 1942 et il dut élever seul ses deux enfants. Il poursuivit cependant ses activités, organisant les cheminots de Chambéry par triangle avant de devenir responsable technique chargé de transporter et de diffuser le matériel de propagande, jusqu’en Haute-Savoie. Il passa ensuite aux FTP, comme agent de liaison, et fut arrêté par la police française le 10 novembre 1942. Il fut condamné le 6 janvier 1943 par la section spéciale de la cour d’appel de la ville à 18 mois de prison et 12 000 francs d’amende. Il fut révoqué de la SNCF le mois suivant mais libéré le 25 mars 1944, il fut réembauché.
Il poursuivit ses activités au sein de l’état-major régional FTP avec le pseudonyme de "Lieutenant Fernand. Le 14 mai 1944 vers midi, il fut arrêté par la police allemande dans une souricière qu’elle avait tendue grande rue de Saint-Clair à Lyon. Incarcéré au fort Montluc, à Lyon, il fut exécuté avec 27 autres camarades le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain), où son corps fut d’abord inhumé sous le numéro dix.
Il obtint la mention « Mort pour la France » apposée sur l’acte de décès le 6 novembre 1947.
Il fut homologué, à titre posthume, adjudant FFI en mai 1948 et la mention « Mort pour la France » lui fut attribuée en octobre 1948.
Son nom figure sur la stèle 1939-1945 à Saint-Didier-de-Formans (Ain), sur les monuments aux morts, à Pontcharra (Isère) et sur la stèle commémorative de la SNCF, à Chambéry (Savoie).

Notons, car c’est très rare, que son dossier à Caen contient une attestation délivrée par le Parti communiste au plan national, le 29 mai 1945, qui se termine ainsi :
« Ce camarade est mort en patriote
Il était très attaché à son parti »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159000, notice GAYET Marius par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 20 mai 2014, dernière modification le 15 février 2021.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : BAVCC, Caen, 21 P 192 010. — Patrick Arnal et Hervé Barthélemy dans le Mémorial des Cheminots victimes de la répression 1940-1945, sous la dir. de Thomas Fontaine, Perrin/SNCF, Paris, 2017 page 668.— État civil.

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