MAACHOU Abdelkader, pseudonyme SI ABDELJELIL [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamrouche et René Gallissot

Né en 1931 à Mascara, élève de médersa, enseignant d’arabe, délégué de l’UGTA en Belgique (1956), au Caire 1957, au Maroc (1958) ; coordinateur du 2e secrétariat extérieur de l’UGTA à Tunis (1958-1959) puis envoyé en missions, membre de cabinets ministériels.

Quittant Mascara, A. Maachou fait des études en médersa à Tlemcen puis à Alger. Il exerce comme professeur d’arabe en lycée, à Miliana puis à Tizi-Ouzou. Il est alors membre du MTLD et passe au FLN. Il est actif à Alger dès 1955. À la fondation de l’UGTA en février 1956, il compte parmi les principaux participants du syndicat des enseignants. Alors que la répression disloque à Alger, le 1er et le 2e secrétariat de l’UGTA, il est envoyé en Belgique en décembre 1956 et assiste incognito au congrès des syndicats belges de l’enseignement. Il noue alors des contacts avec les syndicalistes français de l’enseignement, avec Denis Forestier pour le SNI, et Paul Vignaux, pour le SGEN, (CFTC). Ces relations seront durables.

Sous couvert de l’UGTA, il devient un chargé de mission du FLN installé à Tunis. Il met en place en 1957 à Rabat, la délégation de l’UGTA au Maroc. Il assiste à la Conférence africaine de la CISL à Accra en janvier 1957, puis est affecté aux émissions de La Voix des Arabes au Caire jusqu’en avril 1958. Revenant au Maroc, il agit comme le véritable représentant du FLN non sans connivence avec Abdelhafid Boussouf qui contrôle des Algériens. Rentré à Tunis, il fait partie de la Commission des 12 qui, à la demande de Benyoussef Ben Khedda, ministre des Affaires sociales dans le premier GPRA, réorganise la Délégation extérieure de l’UGTA. Il est le coordinateur du 2e secrétariat extérieur désigné en octobre 1958. Comme il est impliqué par la répression coloniale, dans le procès dit de l’UGTA à Alger qui se tient en janvier 1959, c’est par contumace qu’il est condamné à vingt ans de réclusion par le Tribunal militaire français.

Son activité est alors essentiellement de représentation diplomatique de l’UGTA, négociant les déclarations de soutien à la cause algérienne ; il s’adresse au BIT à Genève ; il rencontre les représentants de la FSM, du PCF, et fait signer les appels à la reconnaissance négociée de l’indépendance dans une rencontre à Genève en 1960, à, la CGT et à l’UNEF (accord UGEMA-UNEF) ; il transige sur un texte comportant des réserves, avec la CFTC. Dans le 2e GPRA en août 1961, il entre au cabinet de Krim Belkacem, ministère des Affaires étrangères, un peu comme s’il était le ministre des Affaires étrangères de l’UGTA.

Après l’indépendance, il sert de conseiller à la Présidence de Ben Bella, puis il appartiendra au cabinet du ministère des hydrocarbures, Belaïd Abdeslam, avant de quitter l’Algérie « pour créer un bureau d’études à l’étranger », comme l’indique M. Farès pour marquer cette sortie du syndicalisme national qui ne fut guère que de bureau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159072, notice MAACHOU Abdelkader, pseudonyme SI ABDELJELIL [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamrouche et René Gallissot, version mise en ligne le 23 mai 2014, dernière modification le 23 mai 2014.

Par Amar Benamrouche et René Gallissot

SOURCES : M. Farès, Aïssat Idir, op. cit. et Documents et témoignages sur le syndicalisme algérien, ENAL-ENAP, éditions Andalouses, Alger, 1992. — M. Harbi, Le FLN. Mirage et réalité. Des origines à la prise du pouvoir (1945-1962), Éditions J.-A., Paris, 1980. — G. Meynier, Histoire intérieure du FLN. 1954-1962, Fayard, Paris, 2002. — B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens, op. cit.

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