PORNET Gérard, Aimé, Gabriel

Par Éric Nadaud

Né le 19 juillet 1922 à Homécourt (Meurthe-et-Moselle), mort le 26 novembre 1989 à Saint-Marcel (Indre) ; commis des Ponts-et-Chaussées ; militant syndicaliste CGT, secrétaire général adjoint de l’UD-CGT de l’Indre, trésorier général de la Fédération nationale des personnels des Ponts-et-Chaussées ; militant socialiste, membre du comité directeur du Parti socialiste unitaire (1952-1954) ; maire de Saint-Marcel (1971-1989).

Gérard Pornet
Gérard Pornet

Fils de Gabriel Pornet, instituteur en Meurthe-et-Moselle, et de Germaine Bigeard, directrice d’école, il s’établit à Saint-Marcel, dans l’Indre, en 1939. Il fut incorporé dans les Chantiers de jeunesse de février 1942 à février 1943, et travailla en Allemagne au titre du Service du travail obligatoire du 17 juin 1943 jusqu’à sa libération le 12 mai 1945. De retour en France, il prit le 25 juin 1945 un emploi de commis aux Ponts-et-Chaussées, à Châteauroux. Il termina sa carrière au début des années 1980 comme assistant technique à la Direction de l’Équipement du département de l’Indre.

À la Libération, il adhéra au Parti socialiste SFIO. Il s’y rangea en 1947 parmi les partisans de la tendance de gauche Bataille socialiste, qui contestaient le glissement de la SFIO vers le réformisme et l’anticommunisme, et prêchaient l’unité d’action avec le Parti communiste (PC). En 1948, il en suivit les dirigeants dans la dissidence, quand ceux-ci furent exclus. Il prit part avec eux à l’organisation du Mouvement socialiste unitaire et démocratique, puis à la fondation du Parti socialiste unitaire, dont il devint un responsable influent. Il mit sur pieds dès août 1948 la fédération de l’Indre de ce groupement, dont il fut le secrétaire, et siégea dans son comité directeur national d’avril 1952 à novembre 1954.

Il milita tout aussi activement sur le terrain syndical. Son opposition à la scission de Force ouvrière fin 1947 lui permit de devenir un dirigeant important de la CGT dans l’Indre. Il était secrétaire départemental de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) au début des années 1960, secrétaire de la Fédération départementale de l’Équipement en 1971, et secrétaire général adjoint de l’UD CGT entre 1960 à 1963. À partir de 1962, il représenta la CGT au conseil d’administration de la Caisse primaire d’assurance-maladie de l’Indre. Il exerça également des responsabilités au plan national. Il fut élu en avril 1948 membre suppléant du bureau de la Fédération nationale des Travaux publics et des Transports. Il était en 1952 secrétaire général du syndicat des personnels techniques et administratifs des Ponts-et-Chaussées, affilié à l’UGFF. En septembre 1954, il devint le trésorier général de la Fédération des personnels des Ponts-et-Chaussées. Il compta aussi parmi les administrateurs de la société mutualiste du personnel des travaux publics, et fut à la fin de sa vie vice-président national de la Mutuelle générale de l’Équipement et des Transports.

Compagnon de route, il appartint à plusieurs groupements satellites du PC, notamment le Comité départemental de l’Indre pour l’interdiction de la bombe atomique, et le Comité de liaison des comités de paix, dont il assura le secrétariat, avec lesquels il défendit dans les années 1950 la cause de la paix telle que l’entendaient les communistes. Dans les années 1980, il fut aussi président d’honneur du comité du Secours populaire du canton d’Argenton (Indre).

Il faut chercher dans son amitié avec les communistes la clé de son parcours d’élu local. En avril 1953, il fut élu conseiller municipal de Châteauroux, sur une liste « d’union ouvrière et démocratique, pour l’indépendance nationale, la liberté et la paix » inspirée par le PC. Il présenta de nouveau sa candidature sur les listes « d’union ouvrière et démocratique », puis « d’union républicaine » que le PC constitua à Châteauroux pour les élections municipales de 1959 et 1965, cette fois sans succès. Par la suite, il conduisit lui-même à la victoire des listes d’union de la gauche aux élections municipales de Saint-Marcel en mars 1971, mars 1977, mars 1983, et mars 1989, et exerça sans discontinuer les fonctions de maire de cette commune de 1971 à sa mort.

En raison de ses activités sociales, il fut promu en 1960 chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Membre de la Fédération de l’Indre de la Libre pensée, dont il était trésorier, président de l’Amicale laïque de Saint-Marcel, il eut des obsèques civiles. Il s’était marié le 24 décembre 1946 à Châteauroux avec Christiane Ravize, née d’un père ingénieur, dont il avait eu une fille, Françoise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159088, notice PORNET Gérard, Aimé, Gabriel par Éric Nadaud, version mise en ligne le 24 mai 2014, dernière modification le 11 juin 2014.

Par Éric Nadaud

Gérard Pornet
Gérard Pornet

SOURCES : Entretien avec Françoise Pornet (2003). – Arch. Nat., dossier RG n° 830593/12 sur Gérard Pornet. — Le Socialiste unitaire, n° 4, mai 1952, et n° 8, avril 1953. – La Marseillaise du Berry, avril 1953, mars 1959, mars 1965, mars 1971, mars 1977, 28 novembre 1989. — La Nouvelle République du Centre Ouest, mars 1983, mars 1989, 27, 28 et 29 novembre 1989.

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