PRAMPART Georges

Par Alain Prigent

Né le 27 février 1928 et mort le 19 novembre 2013 à Nantes (Loire Inférieure, Loire Atlantique) ; chaudronnier ; secrétaire du syndicat CGT des métaux de Nantes en (1961-1971) ; secrétaire de l’union départementale de la CGT de Loire-Atlantique (1971-1982) ; membre du bureau de la fédération du PCF de Loire-Atlantique (1952-1979) ; conseiller municipal de Nantes (1959-1965).

Georges Prampart était le fils de Georges Prampart, mouleur, et de Jeanne Gouello, margeuse en imprimerie devenue ouvrière aux biscuiteries LU. Délaissé par ses parents, Georges fut élevé par sa grand-mère. Débutant sa scolarité dans une l’école catholique, il acheva ses études primaires à l’école laïque de la Mutualité à Nantes où il obtint son certificat d’études en 1940. En 1942 il entra en apprentissage aux Ateliers et Chantiers de la Loire, obtenant en septembre son CAP de chaudronnier. Il fut embauché dans ce chantier naval en septembre 1945. Après avoir effectué son service militaire à partir de l’automne 1948 à Saumur, Georges Prampart épousa Cécile Garreau à la mairie de Chantenay (Loire Inférieure, Loire Atlantique) le 22 juillet 1950. Son épouse, couturière de formation, dont les parents étaient des militants communistes très engagés, fut une militante de l’UJFF (Union des jeunes filles de France) après la guerre. Le couple eut trois enfants. Cécile tint la libraire communiste Le Livre Ouvert, située en haut de la rue du Calvaire

Après son mariage, il eut une activité essentiellement politique à l’UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France).

Entouré par une génération de militants ayant connu la guerre et quelques fois la déportation, Georges Prampart adhéra très vite à la CGT. Rapidement, gagnant la confiance de ses camarades, il fut élu secrétaire de l’une des sections CGT de l’entreprise en 1950. Délégué du personnel suppléant, disposant d’heure de délégation, il remplaça Henri Nias en 1953. En 1955, alors que Gaston Jacquet, figure marquante du mouvement syndical nantais, connait des problèmes de santé, Georges Prampart intégra l’union des syndicats de la métallurgie en 1955 avec Claude Pinard. La grande grève des métallos de Nantes et de Saint-Nazaire à la fin de l’été 1955 le propulsa avec Roger Rousselot sur le devant de la scène comme les représentants d’une nouvelle génération de militants de la métallurgie.

Il succéda à Gaston Jacquet au poste de secrétaire de l’union des syndicats des métaux de Nantes en mars 1961 devenant alors permanent syndical. Membre du bureau de l’union départementale CGT, animant avec Jules Busson la coordination des syndicats de la métallurgie de Loire-Atlantique, il participa à la commission spéciale sur la formation syndicale au niveau interprofessionnel pendant au moins une décennie. Les stages de formation se déroulaient pendant une semaine au Gâvre dans la colonie de vacances du syndicat. Ses responsabilités syndicales le conduisirent à participer à de nombreuses rencontres à l’étranger, en particulier dans les pays de l’Est. Avec une délégation de la CGT il participa en 1966 conférences de l’union internationale des syndicats de la métallurgie à Sofia en Bulgarie. En juillet 1968, il fit partie d’une délégation nationale de la CGT qui rencontra les TUC à Londres, première rencontre depuis 1947. Il dirigea une délégation de la CGT Loire-Atlantique en octobre 1969 dans le district de Schwerin en RDA. En mai 1968, il joua un rôle majeur dans l’organisation de la grève suivant de près le déclenchement de l’occupation à Sud Aviation le 14 mai. Il participa le 23 mai avec deux autres militants, Roger Guiraud (PTT) et Henri Ladan (Docker) à une rencontre avec les étudiants à la faculté de Nantes. Il seconda Roger Rousselot, secrétaire de l’UD, au sein du comité central de grève nantais. Elu secrétaire de l’union départementale de Loire-Atlantique en 1971, il fut plongé dans une décennie d’insubordination ouvrière dans le département. Il coordonna l’action de la CGT dans les différents conflits comme dans le textile (Tricosa) ou dans la métallurgie (Tréfimétaux). Il participa à de nombreux congrès confédéraux de la CGT comme secrétaire de la fédération des métaux de Loire-Atlantique, il représenta l’union départementale à la place de Roger Rousselot au 37e congrès la CGT Vitry en 1969. Il fut aussi délégué au congrès de Nîmes (1971) puis au Bourget en 1975. Il laissera Guy Texier représenter l’UD à Grenoble en novembre 1978.

Il intervint en mai 1980 au CCN (Conseil confédéral national) défendant l’accord départemental CGT-CFDT. La crise entre l’UD et le centre va s’exacerber à partir du printemps 1980 avec la venue à Nantes de Claude Billard, comme « coopérant » membre de la CEC (Commission exécutive nationale), et secrétaire de l’UD du Loiret. Le conflit entre les deux hommes envenima la situation au sein de l’UD. Georges Prampart intervint le 6 octobre 1981 au conseil confédéral national où il affirma ses désaccords avec l’orientation suivie par la confédération. Lors du congrès de l’union départementale de la CGT de Loire-Atlantique les 19 et 20 novembre 1981 le rapport d’activité qu’il présenta fut rejeté par 11 879 voix contre 6563 et 365 abstentions. Il fut cependant réélu comme secrétaire de l’union départementale. Il quitta son poste au lendemain de la réunion du comité général de l’union départementale en janvier 1983 sans avoir présenté le rapport d’activité de l’union départementale malgré diverses pressions. Serge Doussin lui succéda à la tête de l’UD.

La trajectoire politique de Georges Prampart est, comme pour la plupart des militants de la métallurgie, imbriqué dans son engagement syndical. Militant des Jeunesses communistes puis de l’union de la jeunesse républicaine de France (UJRF) en 1945, il participa au premier festival mondial de la jeunesse pour la Paix à Prague en août 1947. En 1948, il participa un chantier de travail en Bulgarie et organisée par le service civique international. Secrétaire départemental de l’UJRF (1950-1955), il siégeait au comité national de cette organisation. Il représentait ce mouvement de jeunesse au sein du bureau de la fédération du PCF de Loire-inférieure. Il participa aux actions contre la guerre d’Indochine et à la manifestation du 28 mai 1952 à Nantes contre la venue du général américain Ridgway à Paris. Il siégea au bureau de la fédération de 1952 à 1979.

Adhérant au PCF dès 1946, il fut candidat sur la liste communiste conduite par le député sortant Gilles Gravoille aux élections législatives de janvier 1956 en 3e position. Gravoille fut réélu et la liste progressa légèrement obtenant 49 967 voix sur 370 633 suffrages exprimés, soit 13.48 %. Il fut élu au conseil municipal de Nantes sur la liste communiste en 1959. Siégeant avec Jean Philippot, maire communiste à la Libération, et Georges Batard, il était le benjamin de l’assemblée municipale. Afin de parfaire sa formation, la direction du parti lui demanda de suivre l’école centrale de formation à Choisy-Le-Roi, pendant quatre mois au début de l’année 1962. Il siégea sans discontinuer au bureau de la fédération de 1952 à 1979. Il se lia d’amitié avec Paul Fabri, membre du CC, qui de 1957 à 1962, à la demande de la direction du PCF, vécut et milita en Loire-Atlantique où il appartint à la direction fédérale et aida à l’activité communiste en Morbihan et dans le Finistère Sud.

À la fin de l’année 1977, au sein des instances de la fédération du PCF, il exprima clairement ses désaccords avec l’orientation de la direction nationale. À la conférence fédérale d’avril 1979, dans un contexte très tendu avec la direction fédérale, après avoir exprimé ses désaccords, ainsi que Roger Rousselot, il renonça à ses différents mandats. En octobre 1980, toujours avec Roger Rousselot, il rencontra à leur demande, le secrétaire fédéral Maurice Rocher et Claude Poperen, membre du bureau politique en charge du suivi des activités du PCF dans les pays de Loire. Après sa mise à l’écart de l’UD CGT et avoir quitté le PCF, il se retira dans sa maison du Landreau. Il milita ensuite au sein des comités Juquin au moment des élections présidentielles de 1988. Contacté par Gilbert Declercq, ancien dirigeant de la CFTC et de la CFDT, il fut candidat sur la liste d’union de la gauche aux élections régionales de 1998.

À quatre-vingts ans passés, on pouvait croiser, selon Christophe Patillon qui recueillit son témoignage, « le Papou » parcourant les manifs au bras de Cécile, sa compagne. L’ancien « choumac », chaudronnier de la navale, ne se sentait jamais aussi bien que lorsqu’il battait le pavé avec ceux qui, sans relâche, ne se satisfont pas du monde tel qu’il est.

En 2012, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur. Les obsèques civiles de Georges Prampart eurent lieu samedi 23 novembre 2013 au cimetière-parc de Nantes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159133, notice PRAMPART Georges par Alain Prigent, version mise en ligne le 9 juillet 2014, dernière modification le 7 juin 2016.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Georges Prampart, Une vie de combats et de convictions, (Récit de vie mis en forme par Christophe Patillon), Éditions CHT, 2009. — Rémi Gadet, Le Parti communiste français en Loire-Atlantique de 1958 à 1981, sous la direction de Bertrand Joly, Université de Nantes, 2011. — État civil.

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