PRIGENT Édouard, Aimé, Marie

Par Alain Prigent

Né le 20 mai 1919 à Saint-Martin-des-Prés (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 14 février 1992 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) ; professeur ; militant du SNES et de la FEN ; membre de la direction de la fédération du PCF des Côtes-du-Nord (1948-1962) ; secrétaire départemental du Mouvement de la Paix (1961) ; adjoint au maire, maire par intérim de Saint-Brieuc (décembre 1964-mars 1965) ; candidat à l’élection législative de 1958 dans la circonscription de Saint-Brieuc.

Fils d’un sabotier-couvreur qui s’installa dans la commune de Le Bodéo, dans le canton de Quintin, il fit ses études au lycée de Saint-Brieuc où il obtint le baccalauréat en 1937. Mobilisé en septembre 1939 à Ancenis (Loire inférieure, Loire-Atlantique) puis à Saint-Maixent, il fut fait prisonnier en juin 1940, il s’évada en Sologne. Repris par l’armée de Pétain, il fut en poste sur la ligne de démarcation en 1942. Il soutint avec succès un diplôme d’études supérieures en 1943. Nommé en octobre 1943 au collège de Valognes (Manche), il revint dans les Côtes-du-Nord où il enseigna au lycée de Saint-Brieuc en octobre 1945. En septembre 1946, il prit un congé d’un an pour convenances personnelles afin de préparer l’agrégation de grammaire à laquelle il fut reçu second en 1947. Il prit sa retraite en 1979.

Professeur de lettres classiques, il enseigna dans les trois lycées de Saint-Brieuc, Anatole le Braz, Rabelais, Ernest Renan, lycée où il prit en charge l’enseignement du grec en lettres supérieures. Syndicaliste au SNES, il fut délégué de la section FEN des Côtes-du-Nord au congrès national de mars 1948. A la fin des années 1960, il fut très attentif au profond mouvement de contestation qui toucha la jeunesse lycéenne briochine. Très attaché à la démocratisation de la culture et à un enseignement de la littérature de grande qualité, il fut choisi par ses pairs pour présenter, devant plusieurs centaines d’enseignants, de parents et d’élèves, le rapport général du comité de coordination de l’enseignement du second degré le 8 juin 1968 à Saint-Brieuc.

Adhérant au Parti communiste français en 1945, il devint rapidement un des militants les plus en vue à Saint-Brieuc. Membre du bureau puis à partir de 1956 du seul comité de la section communiste de Saint-Brieuc, il devint membre du bureau de la fédération communiste des Côtes du Nord en 1948 et le resta jusqu’en 1962. En 1961, il était le secrétaire départemental du Mouvement de la Paix.

Élu au conseil municipal en 1947 sur la liste communiste, il devint adjoint au maire de Jean Nicolas après la démission de René Huguen (1948-1953). En 1953, il conduisit la liste communiste mais siégea dans l’opposition à la municipalité MRP-SFIO de Victor Rault. Réélu au conseil municipal en 1959, il fut très actif dans les recours menés par la gauche PCF-PSU pour invalider l’élection de Raoul Poupard, suite au mandement de l’évêque de Saint-Brieuc en chaire le jour du second tour. Premier adjoint d’Antoine Mazier, ancien député SFIO et PSU, après les élections de 1962, il lui succéda à son décès en décembre 1964, jusqu’aux élections du printemps 1965. En 1965, il ne se représenta pas pour des raisons familiales. S’il fut à nouveau élu conseiller municipal sur la liste d’Union de la Gauche conduite par le député PSU Yves Le Foll en 1971, il n’occupa plus le devant de la vie politique briochine et départementale. Dans le contexte de désunion entre PS et PCF en 1977, il figura cependant sur la liste d’Édouard Quemper. Il fut régulièrement présenté aux élections cantonales dans l’agglomération briochine en particulier dans le canton de Saint-Brieuc-Nord en 1949 (23,3 / 26,4 %) et en 1961 (20,8 %) et dans celui de Saint-Brieuc-Midi en 1951 (26,4 / 33,3 %) et en 1958 (23,3 %).

Il fut également candidat à l’élection législative de 1958 dans la circonscription de Saint-Brieuc où il obtint 14,3 % des suffrages exprimés au premier tour (8 609 voix sur 75 178 inscrits) et se désista pour le candidat du Parti socialiste autonome Antoine Mazier, sur lequel tous ses électeurs reportèrent leur voix, mais qui fut battu au deuxième tour.

Ami personnel de Louis Guilloux, il écrivit un livre, en 1972, sur l’œuvre de l’auteur de La Maison du Peuple. Il anima des conférences sur Georges Palante, philosophe, professeur au lycée de Saint-Brieuc. Reconnu pour ses qualités professionnelles, Édouard Prigent fut l’une des figures les plus importantes et les plus populaires du communisme dans le département.

Il se maria avec Etiennette Rillaux le 25 février 1945 à Boutteville (Manche). Le couple qui habitant le quartier populaire de Robien eut six enfants. Son épouse fut une militante de l’UFF.

Édouard Quemper, au nom de la direction du PCF, lui rendit un hommage public à la Maison du Peuple de Saint-Brieuc le 20 février 1992.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159191, notice PRIGENT Édouard, Aimé, Marie par Alain Prigent, version mise en ligne le 29 mai 2014, dernière modification le 5 avril 2021.

Par Alain Prigent

ŒUVRE : Édouard Prigent, Louis Guilloux, Presses universitaires de Bretagne, Saint Brieuc, 1972, 173 p. — Édouard Prigent, Les rues de Saint-Brieuc chantent la Révolution, plaquette éditée en 1989.

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor, 1472W76 (dossiers individuels des membres de l’enseignement secondaire public). — Composition des comités fédéraux de la fédération des Côtes-du-Nord et fichier des élus de la Fédération des Côtes-du-Nord du PCF établis par Gilles Rivière. — Arch. de l’UD CGT des Côtes d’Armor. — Arch. de la FSU 22 (bulletins des sections départementales du SNI et de la FEN). — Archives Marcel Alory, ancien secrétaire fédéral du PCF des Côtes-du-Nord. — L’Aube Nouvelle, hebdomadaire de la fédération des Côtes-du-Nord du PCF (1945-1951). — Ouest-Matin, quotidien édité par les fédérations du PCF de l’ouest (1948-1956). — Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de l’Humanité Dimanche (1956-1968). — Bretagne Nouvelle, hebdomadaire des fédérations du PCF de Bretagne (1968-1981). — Jean Le Jeune, Itinéraire d’un ouvrier breton, chez l’auteur, 2002. — Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. — Edouard Quemper, Prison pour une belle Marseillaise, Saint-Brieuc, 2002. — Entretien avec son épouse Etiennette en 1999. — Notes de Jacques Girault.

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