ALLEAUME Lucien, [parfois ALLAUME]

Par Jean Maitron et Gilles Pichavant

Cheminot aux ateliers de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure) ; syndicaliste CGT.

Chaudronnier, Lucien Alleaume, d’après Jean Maîtron, représenta la Bourse du Travail de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) au IXe congrès de la Fédération nationale des Bourses du Travail de France et des colonies tenu à Nice (Alpes-Maritimes) du 17 au 21 septembre 1901. Habitant Rouen, il fut présent, au même titre, au Xe congrès qui se tint à Alger du 15 au 18 septembre 1902. Du 22 au 27 septembre de cette même année, il assista au XIIIe congrès national corporatif — 7e de la CGT — tenu à Montpellier (Hérault). En septembre 1912, il fut délégué au XVIIIe congrès national corporatif qui se tint au Havre.
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En 1907, Alleaume, cheminot, travaillait aux ateliers de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure). Il fut délégué au au 18e congrès national des travailleurs des chemins de fer, qui se tint à Paris du 10 au 13 avril, avec Buissonnière, avec qui il partagea les mandats de la section des ateliers de Sotteville. Il était aussi porteur des mandats des cheminots de Gisors, pendant que Buissonière avait ceux de Serquigny. Il fit partie avec Buissonnière de la Commission des Ateliers, mise en place au sein du congrès, et qui comptait 34 membres.

En 1910, il était considéré par la police comme étant le bras droit de Joseph Berthelot le secrétaire du syndicat de cheminots de Sotteville. Il participa à la grève des cheminots qui dura du 12 au 18 octobre. Le dernier jour, les ouvriers des ateliers de Sotteville ayant appris par la presse l’appel à la reprise lancé par le comité national de grève, se réunirent à la salle de l’Eldorado vers 10 heures, et décidèrent la reprise pour 14 heures. Vers 13 heures 30, ils traversèrent Sotteville en défilant comme une troupe militaire, en rang par quatre, mais trouvèrent le portail des ateliers Budicom fermé, une affichette signée de l’ingénieur collée, disant : « l’heure de règlementaire d’entrée étant passée, la réception des ouvriers se fera individuellement ».

Berthelot ayant été arrêté par la police, une délégation composée de Poirier E et Alleaume fut envoyée auprès de l’ingénieur. Ils obtinrent l’annulation des décisions et l’ouverture des portes de l’ingénieur, à condition que les douze révoqués ne rentrent pas. Ceux-ci, présents, parmi lesquels Buissonnière, restèrent à l’extérieur, pendant que Poirier E. et Alleaume rentraient les derniers.

Le Journal de Rouen publia un article sur cette rentrée dans son numéro du 19 octobre. Le lendemain il publiait une lettre de protestation signée par Alleaume et Poirier, qui estimaient que l’article paru la veille laissait entendre qu’il existait une certaine connivence entre eux et les policiers présents, ce qu’ils contestaient vigoureusement.

Sur le grève de 1910 à Sotteville, voir aussi Léon Lebourg Georges Benoit, Charles Ragot et Michel Coatanéa.

En 1904, Lucien Alleaume fut élu conseiller municipal du Petit-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Il fut battu en 1908.

Il habitait 74 rue Thiers à Petit-Quevilly.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159291, notice ALLEAUME Lucien, [parfois ALLAUME] par Jean Maitron et Gilles Pichavant, version mise en ligne le 9 juin 2014, dernière modification le 4 juillet 2015.

Par Jean Maitron et Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime, le Journal de Rouen des 19 et 20 octobre 1910, JPL 3-239, et 10M388 — Compte rendu du 18e Congrès national du Syndicat national des travailleurs des chemins de fer (France). Impr. nouvelle (Paris), 1907, sur Gallica.fr. — notes de Jean Maitron, dont les Comptes rendus des congrès.

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