QUERE Alain

Par Alain Prigent

Né le 31 décembre 1923 à Plouézec (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 30 janvier 2002 à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) ; instituteur puis PEGC ; membre du bureau de la section SNI du Maroc (1953-1957) et du conseil syndical de la sections SNI des Côtes-du-Nord (1960-1975) ; militant communiste.

Alain Quéré naquit à Plouézec, proche de Paimpol. Son père, capitaine de la marine marchande, un ancien de la pêche d’Islande, navigua surtout en Méditerranée et en Manche. Sa mère éleva ses trois enfants dont Alain, l’aîné, fit sa scolarité à l’école communale de Plouézec. Pensionnaire à douze ans à l’école primaire supérieure de Tréguier, il termina ses études au lycée de Lamballe dirigé par Henri Avril, ancien député radical et futur président du comité départemental de Libération des Côtes-du-Nord.

Après avoir obtenu son brevet supérieur, Alain Quéré occupa un certain nombre de postes d’instituteur auxiliaire. Après la Libération il fit son service militaire à Saint-Brieuc, puis à l’école d’artillerie de Poitiers et enfin dans les troupes d’occupation en Allemagne. Démobilisé en 1946, ne trouvant pas de poste dans les Côtes-du-Nord, il décida d’enseigner au Maroc. Il se maria le 3 septembre 1949 à Saint-Brieuc avec Louise Le Barbu, professeur intérimaire à Lorient.

Après une année d’enseignement à l’école des notables de Mazagan, il suivit les cours de l’école industrielle de Casablanca de 1947 à 1948 (dont le niveau équivalait celui de l’Ecole normale nationale d’apprentissage). Il enseigna ensuite comme instituteur spécialisé à l’école musulmane d’apprentissage de Mazagan (actuelle El Djadida) où il était assimilé aux maîtres de cours complémentaires. Il fut élu délégué du personnel des 1952 dans la section enseignement musulman, cadre général. La section marocaine du Syndicat national des instituteurs du Maroc était dirigée par [Paul Dutuit–>23675], un ami personnel d’Alain Quéré. Après le congrès de 1948 qui conduisit à l’autonomie, la section du Maroc majoritairement décida de continuer d’adhérer à la CGT qui groupait tous les travailleurs marocains organisés ainsi que l’immense majorité des fonctionnaires. Un conseil national du SNI, après la visite d’[Henri Aigueperse–>9744], secrétaire général, l’autorisa en 1949 à conserver cette affiliation. Le congrès de l’Union générale des syndicats confédérés du Maroc, en novembre 1950, qui décida une nouvelle orientation du syndicalisme marocain, par le vote d’une motion réclamant l’abrogation immédiate du traité de protectorat et la création d’une centrale syndicale marocaine, fit remettre cette affiliation en question. Quéré intervint lors du congrès extraordinaire de la Pentecôte 1951 à Rabat où la minorité autonome l’emporta à l’issue d’un vote provoquant la démission de Paul Dutuit. Quéré fut délégué du Maroc au congrès de la FEN-CGT du 21 au 23 juillet 1952 auquel participa Benoît Frachon. Membre du conseil syndical de la section départementale du Maroc du SNI, il défendit, en présence de Denis Forestier, secrétaire général du SNI le 15 février 1953, Paul Dutuit, secrétaire général adjoint de la section SNI et secrétaire de la section marocaine de la FEN CGT, expulsé du Maroc après les événements de Casablanca le décembre 1952. Il fit adopter par la sous-section de Mazagan du Syndicat national des instituteurs du Maroc, en présence des dirigeants de la section départementale, [Albert Hivernaud–>88136] et Bertrand Philippe, une motion pour protester contre les conditions de l’arrestation des dirigeants algériens du Front national de Libération, le 24 octobre 1956. Il fit partie de la délégation de la section du Maroc au congrès national du SNI de Bordeaux en 1955.

Le couple Quéré quitta le Maroc en juin 1957 pour les Côtes-du-Nord. A la rentrée 1957, ils enseignèrent au cours complémentaire de Bourbriac. Alain Quéré fut nommé dans les lycées techniques du Vau-Méno puis Curie de Saint-Brieuc. Il finit sa carrière au collège Racine à Saint-Brieuc, y enseignant de 1967 à 1980.

Dès son retour en Bretagne, il prit une part très active à l’activité syndicale de la section départementale des Côtes-du-Nord du SNI dirigée par Émile Thomas* et au sein du Mouvement de la paix sous la responsabilité de [Jacques Gardet–>50242]. Il siégea sans discontinuer sur la liste d’union au conseil syndical du SNI de 1960 à 1975. Avant d’être élu au conseil syndical, il fut délégué par l’assemblée générale départementale au congrès national du SNI en 1959. Membre du bureau de la section départementale du SNI en 1963, il fut chargé du fichier, puis en 1966 responsable du bulletin et des éditions SUDEL Au congrès national de 1963, le 8 juillet 1963, il intervint au nom de la section dans la discussion du rapport moral pour l’approuver. S’opposant au pouvoir personnel, la direction du SNI par ce texte affirmait en effet chercher l’unité dans le SNI. Il prit la parole aussi au congrès d’Evian en 1966. Il dut défendre à Nice en octobre 1968 la position originale de la section des Côtes-du-Nord sur le problème laïque, en particulier sur ses relations avec l’union départementale CFDT.

Militant également au niveau fédéral, il fut élu membre de la commission administrative de la section de la Fédération de l’Éducation nationale des Côtes-du-Nord au titre du SNI en janvier 1959. Délégué du SNI au congrès national de la FEN en 1965 à Paris, il en fit un compte-rendu dans le bulletin. Il intégra le bureau départemental en janvier 1965 s’occupant plus particulièrement de l’édition du bulletin de la section. Il fit partie de la délégation départementale au congrès national de décembre 1966 et de décembre 1967. Militant mutualiste, il siégea de nombreuse années au conseil d’administration de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale.

Il adhéra au Parti communiste français à la fin des années 1940. Sans avoir de responsabilités particulières, il fut un militant convaincu de la section de Saint-Brieuc du PCF jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159310, notice QUERE Alain par Alain Prigent, version mise en ligne le 2 juin 2014, dernière modification le 2 avril 2021.

Par Alain Prigent

SOURCES : Archives de la FSU des Côtes d’Armor. — Articles dans le bulletin des instituteurs et institutrices du SNI du Maroc. —Archives privées confiées par son épouse à Amédée Perrot, secrétaire départemental de la FEN puis de la FSU des Côtes-d’Armor (1983-2008). —Alain Prigent (sous la direction de), Des salles de classe aux luttes sociales : Mai-juin 1968 dans les Côtes-du-Nord, Publication FSU-22, 2009. —Entretien le 5 juillet 2008 avec son épouse Louise Quéré. — Note de Jacques Girault.

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