QUESNE André, Gabriel, Julien, Gaston, Marie

Par Jacques Cousin

Né le 5 décembre 1910 à Courcité (Mayenne), mort le 30 décembre 2005 à Laval (Mayenne) ; instituteur en Mayenne ; secrétaire général de la section mayennaise du SNI (1955-1956) ; responsable départemental de la MAAIF (1946-1969).

Son père exerçait la profession de clerc de notaire. Sa mère, sans profession à sa naissance devint couturière après le décès de son mari. André Quesne fréquenta l’école publique d’Ambrières, puis l’école primaire supérieure d’Ernée (Mayenne) où il passa le brevet élémentaire. Entré à l’École normale d’instituteurs de Laval en 1926, il en sortit en 1929 après avoir été reçu au brevet supérieur. Soldat dans un régiment du Génis à Versailles (Seine-et-Oise), il se maria le 3 septembre 1932 à Paris (XIXe arr.) avec une habitante d’Ambrières, native de Saint-Ouen, divorcée. Ils se séparèrent.

André Quesne exerça pendant toute sa carrière en Mayenne. Sa première nomination l’expédia en classe unique à Lassay. Il fut par la suite nommé successivement à St-Michel-la-Roë, St-Cyr-en-Pail, puis Courcité.

Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier en 1940 et resta en Allemagne pendant presque quatre ans. Revenu en France en 1944, il fut arrêté par la Gestapo, enfermé pendant six mois pour faits de résistance et attendait d’être jugé lorsqu’il fut libéré par l’armée américaine.

À la fin de la guerre, André Quesne retrouva Courcité jusqu’en 1953, puis occupa le poste de secrétaire général de l’Association des pupilles des écoles publiques au sein de laquelle il organisa, jusqu’à son départ à la retraite en 1967, des colonies de vacances à Primel-Trégastel (Côtes d’Armor) et des classes de neige au Collet d’Allevard (Isère). Il milita en outre à la Mutuelle assurance automobile des instituteurs dont il assura le secrétariat départemental de 1946 à 1969. Sa compagne, Paulette Reboutier, chef de bureau à l’hôpital de Laval, militait à l’UD-CGT, dont elle était membre du conseil syndical.

La totalité des conseillers syndicaux ayant démissionné le 24 juin 1948, la section mayennaise du Syndicat national des instituteurs ne présenta qu’une liste aux suffrages des adhérents le 27 octobre. André Quesne fut élu. Son mandat fut d’abord renouvelé le 28 novembre 1950 par 546 voix sur 576 suffrages exprimés, puis le 18 novembre 1952. On lui confia alors la responsabilité de la commission d’action laïque. Il fut réélu le 22 novembre 1954 et devint secrétaire adjoint de la section tout en gardant le secrétariat de la commission laïque. Le conseil syndical du 6 janvier 1955 le désigna pour représenter la section à la commission administrative de la Fédération de l’Éducation nationale dont le secrétaire général était alors Jules Marcheteau. Lors de l’assemblée générale de la section, le 9 juin 1955, chargé de présenter le rapport d’action laïque, il annonça le lancement du journal départemental La Voix laïque, précisant que pour vivre, ce mensuel devait atteindre les 2 000 abonnés. Après les élections de novembre 1956, organisées à l’occasion du renouvellement du conseil syndical, il fut appelé, lors de la réunion du conseil syndical le 13 décembre, à remplacer Francis Robin*, non-candidat, au poste de secrétaire général de la section mayennaise du SNI. André Quesne signa, au nom de la section mayennaise du SNI, le communiqué commun SNI-FEN publié à l’occasion de la journée de protestation du 25 janvier 1957 contre la limitation d’accès aux classes exceptionnelles et pour réclamer une amélioration indiciaire dans les catégories C et D de la fonction publique. Quelques mois plus tard, une modification des statuts de la section fut proposée par le conseil syndical (11 voix contre 6) qui introduisait le recours au vote par correspondance, dépossédant ainsi les assemblées générales de leur souveraineté sur deux points essentiels : le rapport moral national et les motions d’orientation étudiées en vue des congrès (supplément N° 3 de La Voix Syndicale de mars-avril 1957). Au conseil syndical du 23 mai, André Quesne se vit reprocher par Guy Goupil, André Anjubault et René Sauleau* la publication de ce numéro spécial. Quesne estima qu’il y avait suspicion à son égard et remit sa démission de secrétaire général de la section. Le vote du conseil syndical lui maintint cependant sa confiance par 16 voix contre une. Il accepta de conserver son poste jusqu’à l’assemblée générale du 6 juin. Pourtant, à l’AG, bien que le rapport moral national ait été voté par 41 voix contre 9 et 19 abstentions, il fit remarquer que les motions de tendances se répartissaient en donnant 54 voix à l’École émancipée, 12 à la CGT et 36 à la majorité et qu’il devenait ainsi, sur ce point, minoritaire. Au conseil syndical du 13 juin, il remit donc définitivement sa démission de secrétaire général de la section. Les événements de mai 1958 furent marqués, entre le 14 et le 23 mai, par plusieurs audiences chez le préfet, avec de nombreuses réunions regroupant tantôt le SNI, la FEN, la Fédération des œuvres laïques, les parents d’élèves, le comité départemental d’action laïque, tantôt les organisations syndicales ouvrières. André Quesne, au nom de la FOL prit une part active dans la constitution du comité provisoire qui appelait les Mayennais à créer un comité de défense de la République pour s’opposer à tout essai de prise de pouvoir personnel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159318, notice QUESNE André, Gabriel, Julien, Gaston, Marie par Jacques Cousin, version mise en ligne le 2 juin 2014, dernière modification le 2 avril 2021.

Par Jacques Cousin

SOURCES : Arch. dép. de la Mayenne, Fonds de la section départementale du SNI-PEGC, La Voix Syndicale. — Archives de l’École normale d’instituteurs de Laval (Mayenne). — Témoignage d’André Quesne.

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