BAXTER Émile [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot, Robert P. Sutton

Né à Saint-Quentin (Aisne) en 1825, mort à Nauvoo (Illinois) en 1895 ; marié et père de famille ; converti au communisme icarien ; comptable, puis viticulteur et arboriculteur ; membre et secrétaire de la communauté de Nauvoo en décembre 1855, démissionnaire en 1856 lors de la scission ; resté fidèle à ses convictions jusqu’à sa mort.

Émile Baxter était le fils aîné d’un fabricant de dentelle d’origine écossaise qui avait combattu Napoléon aux côtés des Anglais. Élevé dans un milieu aisé, bilingue, il fit des études à l’Université d’Édimbourg (Écosse). Après l’obtention de son diplôme en 1846, il s’installa à New York et trouva à s’embaucher dans une entreprise d’importation de dentelles. Il y épousa en 1852 Annette Powell, fille d’un cotonnier du Connecticut, qui était elle aussi née en France et enseignait le français dans un lycée privé de Farmington (Connecticut). Tous deux déménagèrent alors pour s’installer à Newark (New Jersey), où Émile Baxter trouva un emploi de comptable.

Tout en faisant ses additions et ses soustractions, Émile Baxter suivait avec attention les articles consacrés par les journaux new yorkais aux tribulations des partisans de Cabet aux États-Unis car il avait lu et apprécié le Voyage en Icarie. Il décida peu après de prendre contact avec les Icariens. Dans une lettre en date du 17 septembre 1854, il demanda à être admis au sein la communauté de Nauvoo (Illinois), déclarant solennellement accepter les principes nouveaux définis par Cabet. Il resta en correspondance avec ce dernier durant près d’un an et finalement, il se décida à franchir le pas durant l’été 1855. Il s’installa à Nauvoo avec son épouse et leurs deux enfants. Sans doute avait-il apporté avec lui une machine à coudre, car il fut dès son arrivée affecté à l’atelier de confection pour hommes.

Ayant très vite conquis le respect des membres de la communauté et sans doute en raison de son apparente neutralité dans le conflit qui les divisait, Émile Baxter fut désigné le 22 décembre 1855 par l’assemblée générale des Icariens pour prendre la succession de Gérard, démissionnaire de la gérance. Il fut alors nommé secrétaire de la colonie. Il avait la responsabilité de tenir les comptes et de rédiger les procès-verbaux des réunions de la gérance. Il avait également la charge de gérer la bibliothèque de la colonie, qui comptait alors plus de 5 000 volumes, et de rédiger la Revue icarienne.

Confronté à l’accumulation des tensions à l’intérieur de la colonie, Émile Baxter démissionna le 3 février 1856. Lors de la scission de la colonie, il refusa de choisir entre les deux camps, préférant retourner dans le New Jersey pour y reprendre son travail de comptable.

Émile Baxter revint toutefois s’installer à Nauvoo en 1858, pour surmonter des problèmes de santé liés au climat de la côte Est. Il y monta rapidement une entreprise familiale prospère de culture de la vigne et de vergers.

En 1878, Émile Baxter s’associa à la longue lettre adressée à Jules Leroux par Émile Vallet dans laquelle ce dernier développait une analyse sans complaisance des causes de l’échec de la communauté de Nauvoo.

Émile Baxter resta fidèle à ses idées généreuses, ainsi qu’en fait foi le journal qu’il tint jusqu’à sa mort, survenue en 1895.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159369, notice BAXTER Émile [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, Robert P. Sutton, version mise en ligne le 3 juin 2014, dernière modification le 3 juin 2014.

Par Michel Cordillot, Robert P. Sutton

SOURCE : « Émile Baxter, Biographical Sketch », Fonds Baxter, dossier 1, Center for Icarian Studies, Macomb, Ill. — L’Étoile du Kansas et de l’Iowa, supplément du 10 janvier 1878. — Jules Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Etienne Cabet, Paris, Cornély & cie, 1907, p. 377. — Fernand Rude, « Allons en Icarie ». Deux ouvriers viennois aux États-Unis en 1855, Grenoble, PUG, 1980, p. 173. — Robert Sutton, Rulon N. Smithson, « ’Mon cher Émile’ : The Cabet-Baxter Letters »,Western Illinois Regional Studies, 1979, p. 20-37. — « Émile Baxter : Quintessential Icarian », Dedication Ceremony for the Icarian Living History Museum, 9 juillet, 1988. — Lillian M. Snyder, « À Day in the Life of Émile Baxter », texte dactyl., Center for Icarian Studies.

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