BELLEMARE Wilfrid [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Militant syndicaliste et socialiste canadien-français, actif à Joliet (Illinois), puis à Saint Louis (Missouri) ; actionnaire de la coopérative de publication de l’Union des travailleurs ; continua de diffuser activement ce journal après son retour au Canada en 1904.

Wilfrid Bellemare s’abonna à l’Union des travailleurs en octobre 1902 alors qu’il demeurait à Kalamazoo (Michigan). Au début de l’année suivante il déménagea à Joliet (Illinois). Dans une lettre à la rédaction du journal, il signalait que la section locale socialiste était anglophone et regrettait de ne pas avoir le moindre contact francophone dans cette ville.

Louis Goaziou fit la connaissance de ce militant « jeune et actif » fin juillet 1903 à Saint Louis (Missouri), à l’occasion d’un meeting pour lequel il avait fait grand battage parmi les francophones, sans beaucoup de résultat. Bellemare, servant de cicerone à Goaziou, l’introduisit dans les milieux francophones, et le résultat fut la création d’une section socialiste de langue française. Fin 1903, Wilfrid Bellemare habitait 204 Chestnut street à Saint Louis.

Militant syndicaliste intransigeant, Bellemare s’inquiéta fin 1903 dans une correspondance adressée à la rédaction de l’Union des travailleurs du fait que le journal n’avait pas le label syndical. Il s’ensuivit alors de longs échanges avec Louis Goaziou, qui lui expliqua les raisons de cette absence (en fait la National Typographical Union n’avait jamais pris la peine d’envoyer un délégué syndiquer les ouvriers imprimeurs de Charleroi), et pour finir l’Union des travailleurs obtint le fameux label.

Lors de la fondation de la société coopérative de publication de l’Union des travailleurs début 1904, Wilfrid Bellemare se porta acquéreur de 4 actions pour un montant de 20 dollars (en février 1907 il en possédait 6). Lecteur dévoué et actif, il plaça en l’espace de quelques années de très nombreux abonnements, allant jusqu’à payer de sa poche des abonnements d’essai destinés à des ouvriers susceptibles de s’abonner à terme. Après son retour à Toronto (Canada) en octobre 1904, il plaça en une seule fois 35 abonnements d’essai.

Abonné à l’Union des travailleurs jusqu’en 1911, Bellemare figurait toujours sur la liste des actionnaires de la coopérative de publication rendue publique fin 1913.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159376, notice BELLEMARE Wilfrid [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 3 juin 2014, dernière modification le 16 août 2017.

Par Michel Cordillot

SOURCE : L’Union des travailleurs, 2 octobre 1902, 5 mars 1903, 30 juillet, 6 août, 3 décembre 1903, 10 mars 1904, 21 février 1907, 11 décembre 1913 entre autres.

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