ROBASSE Charles [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Mineur originaire d’Avion (Pas-de-Calais) ; militant connu du POF guesdiste ; durant l’année 1903 il donna en Pennsylvanie et dans l’Illinois une série de conférences qui attirèrent de nombreux auditeurs et il relança le projet de constituer une Fédération socialiste de langue française ; collaborateur de L’Union des travailleurs.

Membre du POF, Charles Robasse assista en tant que délégué au congrès de Roubaix (1901). En 1903, il partit pour les États-Unis pour rendre visite à l’un de ses frères, Maurice, qui y avait émigré ; il entendait en outre profiter de son séjour outre-Atlantique pour donner une série de conférences.

Peu après son arrivée, Charles Robasse fit la connaissance de Louis Goaziou à Monongahela (Pennsylvanie), où ce dernier venait de faire un court séjour en prison pour avoir pris la parole en pleine rue sans avoir obtenu de permis préalable. Il fut convenu que Robasse donnerait une conférence privée à l’intention des militants locaux. Très vite il se prit d’intérêt pour le mouvement socialiste franco-américain, participant à de nombreuses fêtes et réunions où ses talents de chanteur firent merveille.

L’activité de Charles Robasse devint très vite publique. Après un meeting très réussi à Monongahela, il visita Coal Center et California ; il y retrouva de vieilles connaissances du POF et vendit un grand nombre de brochures. Il donna aussi ses premiers articles à L’Union des travailleurs (dont un éditorial le 29 octobre 1903) et, en réponse à la question d’un militant qui demandait ce qu’il convenait de faire quand on voulait adhérer au PSA et qu’on ne parlait pas anglais, il relança la vieille idée de fonder une Fédération socialiste de langue française.

Poursuivant sa tournée de propagande dans les villes minières, Charles Robasse tint des réunions à Black Diamond, New Eagle et Cecil (où il attira entre 75 et 100 auditeurs). La seule mention de son nom avait suffit à mobiliser plusieurs anciens adhérents du POF qui l’avaient connu en France, comme Clément ou Dufresne. Durant la deuxième moitié de novembre, il poursuivit sa tournée de propagande tout en se dirigeant vers Westville (Illinois), où résidait son frère. Installé chez ce dernier, il décida de redoubler d’effort pour concrétiser sa proposition de fonder une Fédération française, et rédigea dans ce but un projet de Statuts, qu’il soumit à l’appréciation des lecteurs de l’hebdomadaire socialiste francophone en demandant qu’on lui fasse parvenir des propositions de modifications et d’amendements. En janvier 1904, il s’affaira à créer les conditions pour qu’une section socialiste francophone puisse s’organiser à Westville.

Charles Robasse retourna sans doute en France peu après. Il resta toutefois en contact avec L’Union des travailleurs, qui publia par exemple en décembre 1907 un article de lui intitulé « La crise monétaire ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159439, notice ROBASSE Charles [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 4 juin 2014, dernière modification le 20 septembre 2022.

Par Michel Cordillot

SOURCE : L’Union des travailleurs, 8 octobre, 15 octobre, 29 octobre, 12 novembre, 17 décembre 1903, 4 février 1904, 26 décembre 1907 entre autres.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément